mardi 10 juin 2014

HISTOIRE de GUECELARD - 4ème volume -- SON PASSE, COMMENCE BIEN AVANT SON NOM








G U E C E L A R D

L’Histoire d’un pays , est incontestablement la description scrupuleuse de son passé.Le passé de Guécélard commence avec le tout début de son origine. L'origine de Guécélard à la spécificité de débuter avec celle de son sol. Ce sol que nous foulons au quotidien, ce sol qui s’est formé infiniment longtemps avant que  le nom n’apparaisse. 



GUECELARD : LA FANTASTIQUE ÉPOPÉE DE NOTRE SOL ….…..

C’EST DE LA MER QUE CE SOL EST NÉ. 


Un petit coin privilégié d’une pinède guécélardaise, l’œil ébloui de couleurs, les narines titillées par une senteur de sable tiède, assorti d’un parfum de résine, sous les éclats bleutés des aiguilles de pins, étincelantes au soleil ..  

1° - À Guécélard, il est difficile d’aborder la Géographie sans évoquer la Géologie.

En effet, dans les volumes précédents nous avons parler, beaucoup parler, et même développer la géographie......l'hydrographie......effleuré la préhistoire en évoquant l'étymologie ; nous pensons qu'il est indispensable maintenant d"aborder la géologie guécélardaise.


Notre sol, de cataclysmes  en………  …cataclysmes


Le « Terroir Guécélardais ».

Quand on découvre un paysage, mieux encore, quand on y vit le quotidien, la première impression que l’on ressent :

« c’est celle de la permanence ».   

C’est certainement cette apparente immobilité qui donne à la campagne Guécélardaise en particulier, ce caractère achevé et reposant qui attire tant les citadins. Sur les confins de l’histoire générale d’une commune, la géographie, l’hydrographie et la géologie doivent avoir leur place. Il a été question abondamment d’histoire, de géographie,  et il va être beaucoup question de géologie dans les pages qui vont suivre, avant de pouvoir aborder l‘historiographie, celle avec un H majuscule. C’est qu’il a été a peu près impossible de séparer complètement les données géographiques des données géologiques, étroitement liées dans l’histoire du territoire Guécélardais. Les deuxièmes permettent d’expliquer les premières et réciproquement. Au surplus elles se complètent.

Un ami Sénégalais m‘a dit un jour de septembre 1945 :

« si tu ne sais plus où tu vas….
« retournes-toi, et regardes d’où tu viens….  à méditer !


Il  y  a  longtemps,  il  y avait  la mer……


Notre planète la terre est née il y a approximativement 4 milliards 550 millions d’années, à 5 M.a. en plus ou en moins. Il lui aura fallu plus de 200 millions d’années pour rassembler tous les morceaux qui formeront un mégacontinent,  connu sous l’appellation de : la Pangée ;  soit de l’Ordovicien au Permien. Il en faudra 200 autres, soit de la fin du Trias à aujourd’hui, pour disperser les morceaux de la Pangée, et donner aux continents la configuration que nous leur connaissons. Dispersion qui se poursuit toujours de nos jours.

Pourquoi……comment et quand la mer a recouvert l’actuel département de la Sarthe, au Crétacé de - 145,5 à -65,5 M.a. à - 5 +/-


C'est vers la fin du Jurassique, il y a 160 Ma, que la fragmentation de la Pangée est devenue plus évidente et qu'elle a commencé à individualiser les masses continentales que nous connaissons aujourd'hui. 

Signalons deux  éléments en particulier : la position d’une partie de la Pangée qui deviendra l’Inde, coincé entre l’Afrique et l’Antarctique, et l’existence de la mer Téthys, entre l’Afrique et l’Eurasie. La première fragmentation s’est d’abord réalisée suivant un axe Est-Ouest et a donné lieu à un océan ( futur océan Atlantique ), qui s’ouvrait en ciseaux, le pivot se situant au niveau de l’actuel Gilbraltar. L’ouverture s’est faite à la faveur d’une dorsale médiane. Ce mouvement en ciseaux a entraîné, à l’Est, le début fracture entre le bloc formant l’Amérique du Sud et l’Afrique et la séparation la portion formée par l’antarctique, de l’Inde et de l’Australie.

Les températures sont toujours chaudes, les plus gros dinosaures ont laissé la place à des espèces extravagantes : à «  bec de canard » , à tête d'oeuf, à cornes. Au début du Crétacé, il y a 130 Ma, une accentuation de l'ouverture en ciseaux à l'ouest a entraîné une accentuation de la fermeture de la Téthys à l'est. Il y eut un début de rupture entre l'Amérique du Sud et l'Afrique. Une dorsale ouvrit un océan entre le bloc de l'Afrique-Amérique du Sud et le bloc de l'Antarctique-Inde-Australie; c'était l'embryon de l'Océan Indien. 

Un peu plus tard au Crétacé, soit il y a 100 Ma, la séparation entre l'Amérique du Sud et l'Afrique fut définitive; une longue mer linéaire, avec une dorsale médiane, divisait ces deux continents. Au sud, une dorsale en Y s'établissait; une branche séparait l'Inde de l'Afrique, une autre séparait le bloc Antarctique-Australie de l'Inde. C'est à la faveur de cette dernière branche que l'Inde a commencé sa longue migration vers le nord. Cette migration va se faire entre deux longues failles transformantes. Au nord, la Téthys continuait à se refermer. 


Le territoire communal de Guécélard, a correspondu au domaine marin continental, à deux reprises au cours de l’Ère Secondaire . La première transgression se situe au Lias, il y a -205 M.a., et se développe au Jurassique inférieur et moyen, suite à la régression vers -145 M.a. notre terre émerge, pour être à nouveau : il y a environ -105 M.a - ( le continent Sud Américain se séparant définitivement du continent Africain, et s’éloignant de celui-ci, tandis que ce dernier pivotait, créèrent une formidable élévation générale du niveau marin ) ; notre terroir fut complètement  immergée vers -96 M.a. 

Cette élévation générale du niveau marin, fut dénommé la «  transgression cénomanienne ».


Venu du Nord, de Normandie la transgression cénomanienne se manifesta dans notre région de -100, 5 à -93,9 M.a.
Cette carte dévoile l'étendue maximum de la " Mer dite Cénomanienne " . Seul émerge l'îlot de Perseigne .


Conjointement, le rehaussement de quelques centimètres des derniers contreforts du Massif Armoricain, des Coëvrons à l’ouest du département de la Sarthe, le centre s’enfonce créant ce que les géologue appellent « la cuvette du Mans », où se sont accumulés des sables marins au cours du Cénomanien, et plus spécialement au Cénomanien inférieur et moyen : parsemés de bancs d’argiles glauconieux. 

À l’aplomb du « Vieux Bourg de Guécélard », selon les rapports 358 et 393 du B.R.G.M., l’accumulation  de ces sables atteint une profondeur variant entre 35 et 43 mètres, et sous 85 % de la superficie de notre commune l’épaisseur atteint une moyenne de 25 à 30 mètres.

Imaginez…….. Il y a environ 96 millions d’années, tout l’actuel territoire communal de Guécélard sous 30 mètres d’eau, d’une mer chaude faiblement agitée, sous un climat tropicale.

Incroyable… mais vrai. La preuve de nos jours, on découvre ces mêmes coquillages et rostres d’oursins, devenus des fossiles.

Acanthoceras Rhotomagense .

Colonie de polypiers .

Difficile à croire,….à admettre, et pourtant d’incontestables preuves témoignent. De nos jours, on découvre ces mêmes coquillages et rostres d’oursins, devenus des fossiles.

Facies lumachellique .

Autres témoignages, les litages précisé sur front de taille…….




Cette photo prise de la " tranche d'un front de taille d'une " sablière ", dévoile le litage des strates de sables. On distingue et on imagine très bien le mouvement de la mer, qui les a déposé....


Sur cette photo, à l'intention du lecteur curieux nous avons surcharger au crayon marqueur, le détail.



Etendue des dépôts cénomaniens .




Géologie du sol guécélardais .



En 1847, Alcide d’Orbigny, définit l’universabilité de l’étage géologique du Cénomanien, stratotype du sous -sol guécélardais.



Outre l’argile exploitée du Moyen Âge au XIXème siècle irrégulièrement, le grés a été extrait.


Les argiles du Cénomanien inférieur servaient de matières premières pour une briquetterie à Écommoy, également utilisées pour la poterie à Cérans-Foulletourte, Ligron et Guécélard. Les «  Grés roussards » se rencontrent également dans les sables du Cénomanien inférieur.


Au Moyen Age, et plus particulièrement du XIIème siècle au XIVème, le défrichement intensif de notre territoire communal a créé un besoin impérieux et important, donc une demande proportionnelle d’un outillage métallique adapté à l’essartage.


























Entëte de papier à lettre et de factures au nom des «  Poteries H. Berger de Guécélard » En tëte de papier à lettre et de factures au nom des «  Poteries H. Berger de Guécélard » .



Partie d'un acte de vente d'une poterie sise " Grande rue " à Guécélard, le 16 février 1803 .



La densité de particules ferriques donnent cette couleur à la terre guécélardaise par endroits .

À Guécélard, il a été beaucoup creusé…….le remblaiement nuit à la stabilité du sol.




Le grés « roussard » : une particularité du sable cénomanien, 




Lors de la régression marine du Jurassique supérieur - Malm, les dépôts à dominante argileuse se poursuivent jusqu’à l’Oxfordien inférieur vers 148-149 M.a., entrecoupés de décharges d’oolithes ferrugineuses, entassement de ces différents dépôts successifs, constituent un véritable socle, d’après les mêmes sources. Ce socle dont l’épaisseur est de 134 mètres à La Ferté Bernard, est de 100 mètres au Mans.

Les fossiles très rares dans les faciès carbonatés deviennent abondants dans les formations marneuses. L’origine marine s’en trouve attestée . On peut dire, et même écrire pour ce qui nous concerne, que nous sommes juchés sur 120 mètres de dépôts marins et fluviatiles, ce qui, au rythme modeste du millimètre par siècles, peu perceptible à l’échelle humaine, nous donne cent vingt mètres pour cent vingt millions d’années de dépôts accumulés par périodes successives d’immersions et d’émersions qui commencèrent au Trias, dans les débuts de l’ère Secondaire, voilà à peu près 245 à 205 M.a. Cette base argileuse nous sépare d’une gigantesque réserve d’eau douce de 13 milliards de m3, dont le débit exutoire  annuel de 110 m3, s’écoule vers l’Indre et Loire et le Loir et Cher, se développant sur 172 800 hectares ( D.D.A - Rousseau 1969 ).

Au Crétacé inférieur ( de 135 à 96 M.a. ), époque où le sud de l’Atlantique Nord commence à s’ouvrir, le terroir Guécélardais est, complètement émergé, mais la mer revient au Crétacé supérieur. Le Crétacé supérieur  ( 96 à 65 M.a. ), débute par une extension importante de la mer Cénomanienne. Elle  va  se mettre en place comme nous l’avons vu précédemment.


Au Cénomanien supérieur, l’épaisseur de bancs de grès de roussard est très variable, passant de I mètres ( ou moins ) à environ 17 mètre à La Bazoge. Il s’agit d’ungrès grossier à moyen, à éléments roulés de quartz, de silex et de jaspe ferrifère. On note quelques lits conglomératiques à microcongloméraatiques. Le ciment siliceux est  ferrugineux. La stratification est souvent oblique avec des différences angulaires entre 10 et 30°. Lorsqu’un banc est découvert par l’érosion, notamment sur les flancs d’une vallée, ils constitue un excellent repère géomorphologique.

Au-dessus du grès « roussard », on trouve un niveau de marnes gris-verdâtre, sableuses, micacées à débris coquillers. Elles n’apparaissent que très rarement à l’affleurement, la plupart dû temps sous forme de débris mélangés dans des colluvions de Pente. Des forages ont donné des épaisseurs variant de 5 à 10 mètres. Au-dessous se développe une couche d’épaisseur variable de sables roux, orangés ou jaunâtres, également stratifiés en oblique. La granulométrie et la nature des éléments y sont similaires à celles du grès «  roussard ». Ils ont exploités sous le nom de «  sables du Maine ou sables du Perche ».

Selon le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, au Cénomanien inférieur, l’argile glauconieuse à minerai de fer, se dépose sur les terrains jurassiques, a une épaisseur croissante d’Ouest en Est ( 10 mètres au voisinage de Coulans, 43 mètres dans la cuvette du Mans.

Alternance de phases marines et terrestres, qui a présidé à la formation de notre sol ont participé à la formation d’une argile glauconnieuse, à minerai de fer, d’aspect verdâtre riche en potassium. L’altération et la décomposition de la glauconie a donné de l’hydroxyde ou oxyde ferrique, en profondeur colorant les grès grossiers formés au Trias, d’une teinte roussâtre, connus localement sous le nom de : Roussard.

La précipitation de ces oxydes débouche sur de la goethite, de l’hematite, de la limonite…..Le « grès Roussard » : il s’agit d’un grès grossier à moyen, d’un grès marin qui s’est formé au cénomanien  vers 95 M.a., il repose sur les calcaires marins de l’Oxfordien. Il est par définition  une roche détritique, poreuse, formé d’un sable grossier cimenté par de l’oxyde ferrique, émanant de l’argile glauconieux, ce qui lui donne ces nuances si caractéristiques de l’ocre au violet bien teinté , passant par un roux intense, d‘où son nom de « roussard ». Les grains de sable sous un climat tropical du Crétacé supérieur ont baigné dans un ciment ferrugineux. D’où cette formation de grès très irrégulière donnant à la dalle des épaisseurs très variables.

Certaines zones le grès est plus ou moins dur du fait que les sont plus ou moins ferrugineux. Il se forme quelquefois en sous-sol parmi le grès roussard un minéral : la Goethite.

De la même source, au Cénomanien inférieur et moyen, le « Sables et Grès du Maine à intercalations argileuses » représentent un ensemble détritique grossier reposant sur l’Argile glauconieuse à minerai de fer par l‘intermédiaire d‘une surface de ravinement. Cette formation peut atteindre de 20  à 40 mètres dans la «  cuvette du Mans » est datée du Cénomanien inférieur ( Juignet - 1983 ), dont  le sommet appartient au Cénomanien moyen, affleure largement dans la plaine de Guécélard.

Au cours du Crétacé entre 100 et 65 M.a., régnait un climat stable, en moyenne de 6 à 15°C plus élevé que de nos jours, il n‘y avait donc pas de glaces aux pôles selon Jacques Paquet. Compte tenu du haut niveau des eaux les mers épicontinentales, les mers à craie, étaient donc très étendues.


Vers la fin du Crétacé régression généralisée ( retrait des eaux marines ), consécutive à un fort refroidissement déjà perçu auparavant depuis l’Éocène supérieur. Au Sénonien vers 88 M.a., la mer se retire, la craie sera altérée en argile à silex sur le plateau de La Fontaine Saint-Martin.



Limonite ou hydroxyde de fer que l'on trouve à proximité de bancs de "grès roussard "et de sables fortement ferrugineux. Egalement appelé " Aétite ou  Pierre à grelots .



Site d'extraction de grès de " roussard " .


Le B.R.G.M., nous apprend, depuis la fin du Crétacé, la région mancelle appartient au domaine continental. Toutefois, au cours du Bartonien ( 40 à 37 M.a. : Éocène - ère Tertiaire ) la cuvette du Mans a été occupée par des lacs lagunaires en relation vers le sud-Ouest avec le golfe marin de Basse-Loire .

Les professeurs Y.Milon en 1936, L. Dangeard en 1946, G. Mary en 1964, J. Paquet en 2002, nous expliquent : au Miocène, la transgression Atlantique venue de l’Ouest par l’emplacement actuelle de la Vallée de la Loire, envahie les terres jusqu’au delà de Blois, le Lude se retrouve en bord de mer, La Flèche est sous les eaux marines, le ressac baigne la base des hauteurs qui surplombent Clermont-Créans . Le résultat du retrait de la mer est une nouvelle poussée alpine qui a soulevé l’Ouest à la fin du Miocène selon un axe passant par les vallées actuelles de l’Yonne et de la Seine.

La Sarthe dénommée ( pré-Sarthe par le professeur Pomerol ), à notre latitude divaguée en toute liberté sur un plateau Tertiaire dont l’altitude variée de 65 à 90 mètres ( c‘est à-dire de 25 à 40 au-dessus du niveau moyen actuel du territoire communal Guécélardais ), pour confluer avec l’Océan Atlantique dans la région de Durtal.


Schéma de la côte Atlantique au Miocène, c'est-à- dire il y a de 23 à 5,3 M.a., selon Jean-Claucde Fischer .

Cette carte représente la côte Atlantique au Miocène, c’est-à-dire il y a entre 23 à 5,3 M.a. Le climat est uniformément chaud et humide remarquable par sa stabilité, de type tropical. La Sarthe, l’Huisne et le Rhonne étaient des cours d’eau pérenne, et divaguaient en tout liberté à «  fleur de terre »  sur un plateau à une altitude de +85 à +75, Actuellement la Sarthe confluent à une altitude de +36,5. Au Miocène ( de 23 à 5,3 M.a. ), le territoire occupé de nos jours par la Loire, et son vaste estuaire, est envahi et recouvert par l’élément marin de  l’océan Atlantique. Celui-ci pénètre très loin à l’intérieur des terres Blois, Amboise , Tours, Saumur, Angers Nantes, Rennes, La Flèche, Le Lude sont sous les flots,  le ressac ronge la base des coteaux de la rive droite du Loir.


Schéma de la côte Atlantique lors de la constitution des glaces polaires, entraînant une  baisse généralisée du niveau des Océans au Pliocène , c'est-à-dire de 5,3 à 1,7 M.a., selon Jean-Claude Fischer .

Le climat qui reste particulièrement identique à celui du Miocène durant la première moitié du Pliocène, devient ensuite plus variable, subissant les premières atteintes des  influences septentrionales, signes avant-coureurs des rigueurs glaciaires qui marqueront le Pléistocène.



Au Pliocène ( de 5,3  à 1,8 M.a. ) - comme nous le verrons dans la carte ci-après de domaine marin en régression, le rivage s’arrête à l’est d’Angers, La Flèche et  Sablé-sur-Sarthe apparaissent en bordure du rivage. En témoigne, sur la route de Briollay à Tiercé, après le passage sous un pont de voie ferrée ( présence de Rhynchostreon suborbiculatum ) , les sédiments littoraux traduisent l’extension de la mer sur le socle armoricain. Laval est immergé.

Dans l'ancien delta formé par la confluence de la Mayenne et de la Sarthe, outre des ossements, il a été trouvé des molaires de Gomphotherium et Dinitherium.


Ossements d'animaux vivants dans les marécages de rhizomes subaquatiques .


Rhizomes de plantes subaquatiques fossilisés, trouvés dans l’un des deltaïques de l’ancien estuaire de la Sarthe à Châteauneuf-sur-Sarhe .


Des nodules ferriques ont été également extrait  de l’argile glauconieux à Guécélard….au XIIème siècle et au XIIIème


Le minerai de fer, selon le B.R.G.M. ( 393 - p.26 ) a été exploité sur la bordure ouest de la boutonnière du Bélinois : les lieux-dits : les Forges, le Minerai, la Mine, témoignent de l’existence d’anciennes extractions de fer limonitique cénomanien. Des exploitations existaient également, toujours selon la même source, à 3 km au Nord-ouest, à l’Est de Cérans-Foulletourte, et à l’Ouest de Parigné-le-Polin.

Le fer étant rare, les outils en fer sont très chers.

- « ainsi selon la Coutume, dans le Maine, le vol des socs d’une charrue, 
  « était puni par la crevaison des yeux ».

Des forges manuelles appelées « Forges à bras » s’installèrent à proximité de l’affleurement, aux endroits où la couche d’argile glauconieuse était la plus proche de la surface, de préférence non loin ou dans un bois susceptible de fournir du combustible en quantité suffisante et en qualité, et d’un cours d’eau.

- les Forges, alt. +45, nom attesté en 1037, vers 1077, on trouve
« Furgiis », en 1280, « Févre », ayant donné en vieux-Français : Faber - lieu spécialisé où on fabrique le fer « fabrica ferea » documents Bibliothèque Nationale de France. 
L’extraction du minerai resta rudimentaire, au fur et à mesure de la demande, l’exploitation par le mineur-paysan, aidé par sa femme et ses enfants, creusait un puits - une minière - myne qui progressivement s’approfondissait, sans protection, sans boisage, sans pompe il descendait avec l’aide d’un treuil réduit à sa plus simple expression, posé en équilibre sur deux pièces de bois peu ou pas équarries, après avoir épuisé la veine, le trou était rebouché avant d’être l’abandonné. 


Résidu de cubilot possédant encore une très forte proportion de fer, trouvé à Guécélard aulieu-dit " Les Forges " .


Souvent un autre était recreusé plus loin. 

Le minerai était ensuite lavé au ruisseau le plus proche, puis traité dans un fourneau rudimentaire, il a été trouvé des déchets de cubilots de fortune, à proximité du lieu-dit « les Forges ».
2° - Le périglaciaire au sud-Ouest du Mans …..Guécélard : l’épicentre.


Le temps des glaciations, d’une époque appelée : ère Glaciaire.


Coup d’œil sur ce qui s’est passé, il est indispensable de réitérer ce que nous avons déjà écrit


Le Pliocène deuxième et dernier étage de l’ère Tertiaire, se subdivisant  en deux sous-étages : le Redonien et la Plaisancien / Villafranchien, est en continuité avec le Miocène, s’achevant par un Plio-pléistocène aux limites plus ou moins floues, il ne représente que 3,5 M.a. .Le domaine marin, est en  transgression de part et d’autre de la Picardie ( la mer atteint l’embouchure de la Tamise d’une part, Fécamp d’autre part ). La mer s’arrête un peu à l’est d’Angers qui est sous les eaux, de même que Dural, Laval, Rennes, Nantes,…..

Un fait géologiquement constaté : le refroidissement qui est apparu et perpétué en s’intensifiant vers la fin de l’ère Tertiaire, au Pliocène. Si les limites du Pliocène sont assez mal définies, ont y enregistre néanmoins la continuité et l’intensité du froid qui s’est manifesté à l’Oligocène ( vers 33,9 M.a. ). Ces périodes de refroidissement, deviennent de plus en plus fréquentes et augmentent d’amplitude, marquent le passage vers l’ère Quaternaire. 

La limite du Quaternaire et de l’ère Tertiaire a été fixée à 1,8 M.a., et continue par commodité a être utilisée. Cette longue période de refroidissement du climat au Quaternaire, avec alternativement des pointes d’un froid extrême glaciaire et des radoucissements interglaciaires, le nombre des variations étant élevé.  

Puits à " silex " dégagé et réouvert. Il est probable que les " minière ou myne à fer" du Moyen Âge ressemblait étrangement à celui-ci, bien que beaucoup plus profond .

Carte du I.N.G., présentant l’évolution de la plus importante glaciation, celle de Riss et son évolution maximum, la suivante Würm a été de moindre envergure.

* Les régions situées à l’extérieur du périmètre immédiat des glaciers ont-elles aussi été soumises au froid, au gel et au vent ddans des conditions qui dépasseent l’imaginatioon, et dont on peut se faire une opinion, que dans certains territoires extrêmes de la Silérie et du Pôle sud - Collection privée.


L’ère Glaciaire.

Les premières grandes glaciations Donau I, II et III ( du nom du Danube ), surviennent   respectivement  3 millions d’années, 2,5 et 2 millions d’années vers la fin de l’ère Tertiaire, c’est à-dire au Pliocène. Elles entraînent à chaque fois  une régression marine ( baisse du niveau marin ), une grande partie de l’eau se figeant dans la banquise et les glaciers.

- interglaciaire : Donau/Günz de 1,8 à 1,2 M.a.

Il  y a environ 1,2 M.a., vers la fin de l’interglaciaire Donau/Günnz, les fluctuations climatiques se poursuivent et s’amplifient, et débute alors ce que l’on appelle le Pléistocène glaciaire. L’amplitude de ces glaciations froides et sèches, sera atténuée par les périodes interglaciaires, périodes tempérées et pluvieuses.

Les périodes glaciaires ont entraîné le dépôt de fines particules - le loess.

Photo d'un escarpement constitué par une formation de " Loess " à Guécélard .


Puis avec l’ère Quaternaire, au début du  Pléistocène, surviennent les glaciations du Günz I et Günz II, il y a 1,2 millions d’années et -700 000 ans ; puis suivent celles de Mindel  ( de 600 000 à 400 000 ans ) ; et Riss ( avec trois pics de froid intense, à - 300 000, -200 000 et -100 000 ans ). C’est à cette époque que les hommes domestiquent le feu .

- glaciation  : de Günz de 1,2 M.a. à 700 000 ans
- interglaciaire  : Günz/Mindel de 700 à 650 000 ans
- glaciation  : de Mindel de 650 à 350 000 ans
- interglaciaire  : de Mindel/Riss de 350 000 à 300 000 ans
- glaciation  : de Riss de 300 à 120 000 ans
- interglaciaire  : de Riss/Würm de 120 à 80 000 ans
- glaciation  : de Würm de 80 à 10 000 ans


Le  Pléistocène


se développe de 1 800 000 à 10 000 ans B.C.

- il correspond historiquement au :  Paléolithique

- il correspond chronologiquement à :  l’ère Glaciaire

L'ère quaternaire commence avec le Pléistocène. Cette période est marquée par une succession de glaciations ( une vingtaine au total ) qui auront pour certaines des incidences importantes sur le développement de l'humanité.

Selon Alain Foucault et Jean-François Raoult, on connaît d’autres glaciations au Précambrien, au début du Cambrien et au Carbonifère. 

Les repères chronologiques glaciaires, basés sur les extensions maximales des glaciers (  marquées par les moraines frontales ) et les repères chronologiques marins, correspondant aux maximum de transgressions ( connus par les terrasses marines ). Les Scientifiques ont évalué que les glaces par moments couvraient jusqu’à 30% des continents.  

Vue aérienne d'une coulée de solifluxion, conséquence l'action des glaciations de Mindel, Riss, et Würm .


À chaque épisode glaciaire, les calottes de glace de la zone polaire s’avançaient vers le sud jusqu’à recouvrir environ un tiers des terres émergées du globe, soit environ 45 millions de km2. On distingue ainsi de nombreuses avancées suivies de recul des glaciers. Plusieurs phases glaciaires ont été reconnues antérieurement à la phase majeure écrit Michel Campy. 

Toutes se sont manifestées également par l’édification d’une vaste étendue glaciaire couvrant le Nord de l’Europe et modifiant la géographie des terres non recouvertes. L’avant dernière glaciation ( dite glaciation de la  Saale ), est caractérisée par une calotte glaciaire plus vaste que la suivante, puisqu’elle s’est avancée jusqu’à Londres, Amsterdam et Prague. Son front est donc reconnu à 100 ou 200 km plus au Sud suivant les endroits. La dernière glaciation du Pléistocène, celle de Würm ( pour l’Eurasie c’est-à-dire l’Europe-Asie ), a duré environ 100 000 ans , et  son extension maximale se situe environ vers 18 000 ans avant notre ère.

La transformation de l’eau de mer en glace a entraîné une phase de régression marine, c’est à-dire d’un abaissement du niveau des mers ( l’Angleterre était rattaché au continent, la Manche avait cessé d’exister, le niveau marin était de 100 à 120 mètres plus bas que l’actuel.
  
À l’inverse, les périodes interglaciaires ont  occasionné  des épisodes de transgression , c’est à-dire de remontée des eaux marines d‘environ 100 mètres, et l’invasion de terres continentales. 

Les renseignements les plus complets et les plus fiables que l’on possède pour étudier l’impact de ces variations climatiques proviennent des fonds des océans, des tourbières, des lacs, des épaisses séries de loess. 

La physionomie des rivages au début de l’ère Quaternaire, pour être plus précis au Pléistocène,  sont  déterminés par le niveau des océans beaucoup plus liés aux variations glaciaires, qu’aux mouvements de l’écorce terrestre. 

Dans notre région la mise en place du réseau hydrographique, s’en se confondre avec celui que nous connaissons va s’en rapprocher fortement, et sont action par creusement des hautes vallées ( la rivière Sarthe dans les Alpes Mancelles ) et comblement des zones basses, va préparer peu à peu la géomorphologie du Sud-ouest du département de la Sarthe actuelle.

Le Pléistocène, c’est aussi une période marquée par un climat froid, avec alternativement des poussées d’un froid extrême ( périodes glaciaires ), et des radoucissements ( périodes interglaciaires ).

Traces laissées par la gélifraction en forêt de la Charnie .




Selon Alain Foucault et Jean-François Raoult, 

- Interglaciaire Günz - Mindel  :  de 700 à 650 000 ans avant notre ère
- Interglaciaire Mindel - Riss :  de 350 à 300 000 ans avant notre ère
- Interglaciaire Riss - Würm :  de 120 à 80 000 ans avant notre ère

Interglaciaire, période climatique comprise entre deux glaciations durant laquelle le climat se réchauffe très violemment passant rapidement par un optimum avant de se refroidir à nouveau. À cette époque, la Sarthe et l’Huisne se rejoignaient en amont de l’actuel Arnage, tandis que le Rhonne et le Roule-Crotte fusionnaient dans cette localité. 

Ainsi formé, cet important cours d’eau, dénommé « pré-Sarthe », coulait  puissant et large, recouvrant la partie sud du territoire communal d’Arnage, et la totalité de celui de Guécélard. Baignant les hauteurs de Moncé-en-Belin,  Yvré-le Polin, et Parigné-le Polin.

La totalité de la commune de Guécélard se développe dans le lit majeur de la rivière Sarthe.

Ce réchauffement interglaciaire contribue incontestablement à libérer brutalement les masses d’eau considérables, stockées sous forme de glace ; des cours d’eau précités. 

Ce brusque dégel produisait  alors un gigantesque : effet chasse-d’eau. Les flots libérés, puissants, titanesques, tumultueux, bousculant tout, dévalant lourdement chargés en alluvions, décapent et détruisent progressivement les assises du Tertiaire, mettant un peu plus en relief les contreforts septentrionaux du Massif du Plateau de La Fontaine-Saint-Martin, également dénommés « hauteurs du Pôlinois » ; et ce  à chaque période Interglaciaire. Tourbillonnantes, rejetées vers Roëzé, non sans avoir abandonné une masse importante des sédiments qu’elles transportées, dans ce « coude », devenu rive convexe.

Ces alluvions, nous les connaissons bien, et même très bien puisque qu’ils constituent notre sol, celui où nous déambulons au quotidien.

C’est notre terre, celle où s’élève nos habitations, celle de nos jardins, terre grisâtre, très volatile parce que légère, sans consistance grise, légère,  particulièrement acide  parce que très fortement délavée. Émaillée de petits galets ronds, de différents diamètres, du blanc le plus pur à l’ocre veiné.

Il faut savoir qu’ayant tombé dans la rivière, ou arrachés par celle-ci, il ont mis une 1ère fois 50.000 ans, puis une 2ème fois 50.000 ans, et enfin une 3ème fois 40.000 ans avant de d'être abandonné dans le sol qui allait devenir nos jardins.

Puis, elles reprenaient  leur course sans aucune retenue vers le sud-Ouest. Autre témoignage de cette époque les petits galets blancs et veinés que trouvons en jardinant.


Pendant la dernière Interglaciaire : Riss / Würm de 120 à 80 000 ans


Les côtes actuelles doivent leur aspect à la dernière transgression ( la transgression flandrienne  ).

on note pour la région guécélardaise,

- Comblement de terrasses basses.
- Déplacement latéral de la Sarthe et du Rhonne.
- La forêt se développe, puis se dégrade à chaque  retour du froid.
- Les grèves en bord de Sarthe entre Le Mans et Durtal sont hantés et occupés par des hommes de l’Acheuléen. Une certaine quantité de bifaces caractéristiques de cette époque ont été trouvés, et attestent si besoin est ; de même que les divers ossements permettant d’identifier et de répertorier la faune de notre contrée. Ils sont cités dans les rapports des professeurs G. Alcayde, C. et J. Lorenz, R. Brosse et L. Rasplus.

- Glaciation de Günz :  de 1,2 M.a. à 700 000 ans.
- Glaciation de Mindel :  de 650 à 350 000 ans.
- Glaciation de Riss :  de 300 à 120 000 ans.
- Glaciation de Würm :  de 80 à 10 000 ans.

* Glaciation, période selon les mêmes auteurs, durant laquelle la quantité  de glace stockée à la surface du globe est supérieure à la moyenne. Les scientifiques s’accordent à penser que l’eau immobilisée dans les glaciers était soustraite aux eaux marines, engendrant une régression marine généralisée.

La synthèse des différents rapports scientifiques confirme l’aspect désertique, lunaire de l’environnement du Pays du Bourray, absence totale de toute végétation, balayait par un blizzard, soulevant, déplaçant des sables fins et des particules abrasives.  Dépôt de sables ( sables à lapins ou sables à asperges ). 

 Billes de reg, boulettes et boules issues de l'érosoin éoliennes .

Schéma succinct de l'érosion éolienne .


La dernière Glaciation : Würm de 80 000 à 10 000 ans , on constate,


C’est cette dernière glaciation qui va retenir toute attention.

- Régression marine, jusqu’à 100 mètres - amplification des phénomènes.

- Solifluxion importante ( glissement de terrain ).

- En bord de Sarthe, trouvailles de silex taillés par la technique « Levallois »  , témoignent selon les scientifiques déjà cités : d’une industrie Moustérienne semblant indiquer une continuité et une certaine permanence de la présence humaine.

Il y a 20 000 ans avant notre ère, selon Michel Campy l’Europe du Nord était sous les glaces, en témoigne les vues prises par un satellite, les guirlandes de moraines repérées, parfaitement positionnées, permettent de localiser les anciens fronts du glacier lors de ces phases de stabilisation où l’épaisseur de la glace atteignait plusieurs milliers de mètres, en Irlande, en Angleterre, en Scandinavie, l‘est du Danemark, une grande partie de la mer du Nord était sous un pont de glace, à l’ouest la banquise débordait sur le domaine océanique. Sur la périphérie Sud et Sud-est les eaux de fonte étaient piégées par les reliefs et de nombreux lacs  marquaient le contact glace - zone extra-glaciaire. 

Ainsi un vaste lac occupait la région centrale de l’actuelle mer du Nord. 

Un immense quantité d’eau étant stockée sous forme dans les glaciers, le niveau des mers était beaucoup plus bas que de nos jours les Scientifiques estiment à au moins 100 mètres. en dessous du niveau actuel. 

L’aspect des côtes était donc complètement différent et une bonne partie du plateau continentale était émergé.

L’étendue du  territoire de la France était nettement plus important qu’actuellement. La Loire se jetait à environ à 150 km à l’Ouest de Saint-Nazaire. La Manche et le Sud de la mer d’Irlande émergeaient. 

Un fleuve important, comme il n’y en a plus aucun équivalent en Europe de nos jours, s’écoulait au centre de la Manche , il recevait comme affluents le Rhin et la Seine sur sa gauche, l’actuelle Tamise et tous les cours d’eau issus de la fonte du front glaciaire sur sa droite recouvrant la Grande Bretagne.

Jean-Jacques Macaire écrit, 

«  ….Pendant les périodes de refroidissement, les fleuves creusent en  raison de l’abaissement du 
« niveau de la mer. On observe ainsi sous la Manche, exondée au cours de la dernière glaciation, 
« l’ancienne vallée de la Seine qui rejoignait le rivage de l’Atlantique situé alors entre la Bretagne et 
« la Cornouailles. Les remblaiements alluviaux apparaissent lors des périodes de réchauffement
« remontée du niveau de la mer ), ce qui confirme l’importante sédimentation dont tous les grands 
« estuaires  ou deltas sont le siège actuellement….. ».

Toujours, selon même source, entre le front glaciaire de la banquise et les massifs montagneux eux-mêmes recouverts de glaciers, régnaient des conditions climatiques qualifiés de périglaciaires au sens large. 

Les vallées étaient parcourues par de grands cours d’eau issus du front glaciaire, rien de comparable avec nos fleuves et rivières actuels. Les débâcles du  printemps et de l’été alternaient avec les phases de gel de l’automne et de l’hiver. 

Le périglaciaire proprement dit se plaçait dans une bande de 2 à 300 km sur la marge extérieure directe du front de glace, notre région était donc au 1er rang, dans ce qui  fut dénommé par d’éminents Scientifiques le Périglaciaire des Environs  du Mans - France.

Les contre coups des glaciations : le stockage de l’eau sous forme de glace dans de gigantesques glaciers entraîne à chaque période de glaciations un abaissement généralisé du niveau de la mer, et à chaque interglaciaire un rehaussement. 

En parallèle, notre région placées à l’extérieur du front de glace qui englobait l’Irlande les trois quart de l’Angleterre descendant jusqu’à Londres et couvrait la les Pays Bas et le Nord de l’Allemagne, été soumise au froid et au gel extrême, associés à des bourrasques tourbillonnantes de vent cinglants.

Notre territoire communal, et toute notre région été situés dans une zone dite «  Périglaciaire ».

De nombreux vestiges témoignent de ces temps glaciaires, sur le territoire communal guécélardais, et dans sa proche région.


Conséquences dans notre région,


Le froid intense qui sévit dans la zone périglaciaire, on peut écrire, notre région à cette époque, a une conséquence considérable, celle de transformer l’eau en glace, non seulement celle des rivières comme la Sarthe et le Rhonne, mais également en profondeur. Le gel détermine l’existence en sous-sol d’une couche de glace d’épaisseur variable qui est nommé : le pergisol.


Les calcaires du faciès de la bordure marine des écueils ont été affectés par la gélifraction - Document personnel.


Or en zone périglaciaire, au printemps et à l’automne, la température oscille autour de zéro °, pendant des périodes quelquefois assez longues, ce qui a pour conséquence des alternances irrégulières de gel-dégel. Leur succession entraîne la destruction des détermine,  roches gorgées d’eau, par éclatement ( ce qu’on appelle la gélifraction ou la cryoclastie ). Ce phénomène lorsqu’il se produit dans une roche calcaire se traduit par le développement de pressions importantes de l’ordre de 14 kg/cm2 ( dans nos régions périglaciaires, les roches calcaires sont généralement disloquées de 1 à 3m. en profondeur ). Lorsque les falaises, les escarpements composés de calcaires  divers sont soumis à la gelifraction, il s’ensuit une érosion différentielle qui conduit à la formation d’excavations, ayant constitué des abris-sous-roche très recherchés par les hommes du paléolithique qui trouvaient un abri sous les encorbellements.

Dans les terroirs calcaires très perméables le développement du pergélisol explique l’existence de vallées orientées vers Sud-ouest de nos jours sèches, mais, où la circulation des eaux y sont proportionnellement plus importantes.

Les importantes oscillations climatiques de cette époque ont contrôlé l’évolution des différents milieux ( paléogéographie ) et l’étude descriptive et explicative des formes du relief  ( géomorphologie ), de notre proche région. Alternativement tempéré et périglaciaire, le climat a laissé son empreinte sur les formes et les dépôts continentaux. Cependant, chaque cycle climato-sédimentaire a remanié les précédents de telle sorte que les vestiges sont rares, et de ce fait précieux. 

Phénomènes visibles de la gélifraction dans notre région…..


Fracturation verticale par la gélifraction dans les Alpes Mancelles ..


Blocs de grès armoricain tombés dans la rivière par la gélifraction .


C’est ainsi que des formations anciennes ont été conservées çà et là et localement bien datées. Les dépôts périglaciaires qui ont laissé les traces les vestiges les plus importants dans notre région sont  incontestablement les dépôts deltaïques de la Sarthe. 

L’histoire climatique complexe du Quaternaire y a amené des accumulations successives. 

À la dernière période glaciaire, se rapportent des alluvions fluviatiles de la Sarthe accumulées à son delta, où s’inscrivent les oscillations marines, les fluctuations climatiques, le témoignage de l’occupation humaine. 

L’examen stratigraphique de ces dépôts estuariens attestent des fluctuations climatiques tempérées à très froides au cours du Würm, selon la terminologie géologique dans le Pléistocène supérieur, et dans la terminologie de la Préhistoire à l’industrie Moustérienne.

Les dépôts périglaciaires qui ont laissé les traces les vestiges les plus importants dans notre région sont  incontestablement les dépôts deltaïques de la Sarthe. 

L’histoire climatique complexe du Quaternaire y a amené des accumulations successives.


Val de Sarthe aval,


Les eaux issues des phréatiques du Tertiaire, dans les collines du Perches, et le Massif de Bercé, froid et humides, périodiquement englacés pendant les périodes de glaciations du Quaternaire, se sont progressivement hiérarchisées, donnant naissance à des fleuves côtiers et à des rivières plus ou moins importantes. Ces cours d’eau  ont façonné leurs vallées le long de leur trajet vers la mer. En domaine périglaciaire, le régime de ces cours d’eau, leur capacité d’érosion et de sédimentation, a été très fortement influencé par les périodes de glaciations, c’est à-dire de gel intense, et les périodes interglaciaires, de dégel.

La Genèse de la terrasse climatique de Saint-Benoit, 

- le niveau du plateau  couvert d’alluvions au Pliocène, où la Sarthe coule librement, avant creusement de sa vallée,

- surface façonnée vers la fin d’une première phase d’érosion apparue selon toute vraisemblance pendant la première période interglaciaire ( tempéré et humide -700 à -650 000 ans ), le creusement est déclenché par un soulèvement du sous-sol les eaux de la rivière transportant peu de matériaux 

- les débâcles de printemps des interglaciaires suivants, découlant de la fonte des neiges et des glaces déclenchent de forts débits. La rivière en crue occupe toute la largeur de sa vallée de l’époque et transporte une quantité considérable de matériaux arraché aux versants. Ces matériaux abandonnés en fond de vallée au moment de la décrue en été. Ainsi, d’année en année, le décapage s’effectuera, découvrant progressivement les couches anciennes du Secondaire. De nombreux vestiges et sédiments se retrouveront dans sédiments deltaïques aux environs de Briollay ( Maine et Loire ). 

La nature minéralogique des alluvions et les sols anciens, enfouis ou non, qui les affectent, fournissent aussi des indications précieuses sur les phases climatiques qui ont précédé ou suivi les phases de sédimentation.

C’est ainsi, à proximité du bourg de Saint-Benoît sur Sarthe, on retrouve plusieurs affleurements de marnes du Callovien, résultant des transgressions marines du jurassique. En témoigne, le route qui se dirige vers La Suze, recoupe le Dôme anticlinal jurassique de Saint-Benoît. Vers le Sud, en marge du chemin du Hachet, un affleurement intéressant avec une coupe de la structure anticlinale, présentant des couches appartenant à l’Aalénien - Bajocien ( 1er et 2ème étages du Jurassique moyen- Dogger ), à la base on y découvre des ammonites ( Sonninia et Witchellia laeviuscula ) et des mollusques - bivalves ( Myophorella et Propeamussium ), vers le centre de cet affleurement une brèche tectonique et une faille bordière sont parfaitement visiblement des fragments anguleux de calcaire et de silex, il existe à cet endroit une source d’eau salée. Sur l’autre rive de la rivière Sarthe, par la D.251, jusqu’au croisement de la R.N.23, le sous-sol est constitué par les Sables cénomaniens du Maine, sables grossiers, acides et perméables, fortement délavés donnant un paysage de pinèdes. 

Lors  d’une phase périglaciaire ( Mindélienne selon H. Poser et J. Tricart ), caractérisée par des crues violentes, correspondant à la terrasse de 27-30 m.. Le cours inférieur  de l’Huisne s’est déplacé vers le Nord. La Sarthe contourne, comme de nos jours, les hauteurs d’Allonnes par l’Est et coule ensuite vers le Sud-est . À la phase froide suivante créant la terrasse de 12-15 m., l’Huisne s’est déplacée vers le Sud entre Pont-de-Gennes et Champagné, vers le Nord entre Champagné et Le Mans ; la Sarthe coulait plus à l’Est aujourd’hui ; la région des       Hunaudières , du Narais et du Bourray était déjà disséqué par les cours d’eau qui avaient trouvé dans ces terrains un facteur permettant le creusement. Une période éolienne s’installe sur la région donnant les quartz picotés que l’on trouve dans la base des terrasses. Au Würmien, l’Huisne , change de direction, se dirigeant vers le Nord entre Pont-de-Gennes et Le Mans, contournant le plateau d’Auvours, suite à la capture d’un ruisseau. Elle repousse de ce fait vers l’Ouest la Sarthe qui  creuse sa terrasse de 18-24 m.. .


La cuesta du Pôslinois,


Parigné-le-Polin se situe précisément à la pointe septentrionale du Plateau de La Fontaine-Saint-Martin. Cette unité morphologique où les couches de craie du Turonien ( 9I à 88 M.a. B.C. ), sont conservées au-dessus des sables et des marnes du Cénomanien ( 96 à 91 M.a. B.C.) témoignant des transgressions et des régressions marines du jurassique et du crétacée qui se sont superposées. Les eaux marines débordant par la gouttière normande se sont avancée sur le socle du Nord-Nord-est vers le Sud-Sud-ouest, contournant les reliefs et isolant les crêtes, et des îlots rocheux au large d’une côte plus ou moins découpée. 

L’unité possède une couverture de calcaires lacustres et de sables d’âge Éocène   ( 53 à 34 M.a. B.C. ). Ce géologique mérite un développement :

« Grâce aux récents progrès de la Science, ont peu dire et même écrire, que ce terroir témoigne 
« d’une paléogéographie extrêmement instable, liée à de fréquents déplacements des lignes de 
« rivage, transgressions et régressions jouant sur de faibles variations du niveaux de la mer qui se 
« percutent sur le longues distances, inondant ou abandonnant les zones basses à vocation plus ou 
« moins laguno-côtière, cependant que de vastes lacs s’installent dans les dépressions de l’arrière 
« pays  ( exemple celui de Cérans-Foulletourte ) ». 

Ce plateau ayant la forme d’un vaste triangle, s’étend entre la vallée où coule la Sarthe et la vallée où le Loir trace son lit, sur la bordure occidentale du Horst jurassique du Bélinois, dominant la  dépression bordée par la Sarthe, traversée par le Rhonne, du Carrefour périglaciaire du Bourray, le paysage de pinède caractérise le Cénomanien où se développe les Sables du Maine.

Le bourg de Parigné-le-Polin est élevé sur des marnes à Pycnodonte biauriculaire du Cénomanien supérieur ( fossiles bivales - famille des Gryphée témoins authentiques de l‘importante transgression marine, accompagnée de dépôts argileux, sableux, marne-sableux du Crétacé supérieur 96 à 65 M.a. B.C. ) ; celles-ci étant particulièrement fossilifères, sont visibles dans le talus ( qui existait en 1987 ), à la sortie du village vers Yvré-le-Polin par la D.251. La craie turonienne sus-jacente peut être étudiée un peu plus loin, dans la tranchée du Château de Montertreau, où elle est fortement décalcifiée, devenant résiduelles et formant  des argiles à silex en surface.

Colonie de Anagyres, apparent dans un talus entre Guécélard et Parigné-le-Polin .

Terriers fossiles de Thalassinoïdes, genres de très petits crustacés .

Vestiges du plateau tertiaire :  les  «  Buttes témoins »,


Il est scientifiquement acquis, et nul ne peut le nier, que la Sarthe et le Rhonne à l’ère Tertiaire entre 65 et 1,8 M.a. s’écoulait en divaguant en toute liberté sur un plateau à une altitude supérieure à l’actuelle.

Dans son étude sur le Périglaciaire des Environs du Mans,le professeur Guy Mary, page 89,

« …..La présence d’un pavage de roussards durs violets,  contraste avec l’absence de strates de 
« roussards durs dans la structure géologique des buttes. Il faut admettre que ces blocs éolisés 
« résultent de la démolition d’assises de grès roussards aujourd’hui disparues, situées au-dessus de 
« la côte 85 m. Au sommet du plateau tabulaire du Vieux-Mans ( 0°11’E , 47°53’N ), vers 87 m. 
« d’altitude, gisent d’énormes dalles de roussards de plus de 3 m. sur 3  m.,avec une épaisses de 40 à 50 cm…. ».

« Évolution de la région au Quaternaire - À la fin de la phase froide qui a vu l’édification de la 
« terrasse de 40 m, altitude absolue de ce remblaiement. Les assises tertiaire  qui couronnaient la 
« contrée étaient « déjà en partie détruites ; aujourd’hui seules en restent les buttes témoins….. ».


Phénomènes périglaciaires, 


Les régions périglaciaires ne sont pas obligatoirement situées à proximité des glaciers, mais sont soumises à de longues périodes de gel intensif alternant avec des dégels. Les phénomènes climatiques périglaciaires produisent donc des mouvements dans les terrains qui aboutissent à un modelé caractéristique des sols et des versants. Le paysage élaboré par les phénomènes de l’érosion fluviatile et éolienne pendant les périodes glaciaires du Quaternaire ( c’est à-dire pour être précis  de 1,81 M.a. à 10 500 ans avant notre ère ) ont atteint leur maximum d’intensité et d’extension en s’attaquant aux roches anciennes, faisant reculer les couches dures dont l’étendue reste marquée par des lambeaux isolés.

Ces vestiges : les buttes-témoins  s’élèvent, rompant la monotonie d’une vaste étendue plane , s’étendant à la base de la partie septentrionale du plateau de La Fontaine-Saint-Martin : le carrefour géologique du Bourray placé par 0° 22’ E , 48° 02’ N.

Selon Alain Foucault et Jean-François Raoult, l’appellation « butte-témoin » émane de l’anglais witness butte, désignant un monticule, une élévation isolée par l’érosion formée de sédiments horizontaux protégés par une couche résistante ,

Elles sont séparées par des couloirs à fond plat.

La présence d’un pavage de roussards durs et violets, a écrit Guy Mary (  p.89 de son rapport ) contraste avec l’absence de strates de roussard dur dans la structure géologique des buttes. Il faut admettre que les blocs éolisés résultent de la démolition d’assises de grès roussards aujourd’hui disparues, situées au-dessus de la cote +85 . Au sommet du plateau tabulaire du Vieux-Mans - 0° 11’ E , 47° 53’ N, gisent d’énormes dalles de roussard de plus de 3 mètres sur 3 mètres, épaisses de 40 à 50 centimètres . 

Cela confirme l’hypothèse envisagée, c’est à-dire la descente sur place de blocs de roussard provoquée par le soufflage du sable.

Nous nous référons toujours à l’éminent rapport de Guy Mary : l’étude géomorphologique des photographies aériennes montre que le réseau de couloirs entre les buttes, dessine un réseau hydrographique fossile qui se raccorde au thalwegs  ( talweg - ligne des points les plus bas d’une vallée ) actifs du Roule-Crotte au nord, et du Rhonne au sud.



Quand la ou les périodes froides désertiques ont régné dans notre région, la gélifraction a débité les blocs de roussard ; le vent s’est engouffré dans les vallées, les a élargies, aplanies; il a raboté les pentes, évasé les passages déchaussé ces blocs, balayé les sables, si bien que ceux-ci sont descendus sur place. L’abrasif sableux a usé les roussards.

Le vent a rencontré au périglaciaire, dans cette région, quatre conditions qui ont favorisé son action érosive : 

- présence d’un terrain sableux facile à éroder et qui fournissait l’abrasif quartzeux,

- l’existence de cuestas perpendiculaires à son axe de déplacement - Bourray  Bélinois,

- présence de roches capables d’enregistrer la corrosion,

- l’existence de vallées ( Sarthe - Rhonne ) orientées selon son axe de déplacement sud-ouest / nord-nord-est , d’où l’appellation par les Scientifiques et ( non des moindre ) - de «  Carrefour géologique du Bourray »  ou plus simplement :  Carrefour du Bourray.

C’est à ce paysage que L. Dangeard en 1946 a attribué un relief modelé par le vent .

Pour désigner ce relief remodelé par le vent, dans un cadre sableux, sous un climat désertique froid, Guy Mary propose un terme spécifique évocateur :

   vind Kulle - du suédois : vind qui signifie - vent ; kulle , hauteur.

Quelle importance attribuer à ces phénomènes, notamment à la déflation  ? 

Un fait semble apparaître, elle est responsable du dégagement  des buttes. Guy Mary a écrit :
  
« La présence d’un pavage de roussards durs violets contraste avec : l’absence de strates de 
« roussards durs dans la structure géologique des buttes. Il faut admettre que ces blocs éolisés 
« résultent de la démolition  d’assises de grès roussards, aujourd’hui disparues , situées au-dessus de 
« la cote 85 m. Au sommet du plateau tabulaire du Vieux-Mans  ( 0°11’E - 47°53’N ) vers alt. +87, 
« gisent d’énormes dalles de roussards de plus de 3 mètres sur 3 mètres, épaisses de 40 à 50 cm. Cela 
« confirme l’hypothèse envisagée, c’est à-dire la descente sur place de blocs de roussards provoquée 
« par le soufflage du sable. L’étude géomorphlogique de photos aériennes montre que le réseau de 
« couloirs entre les buttes coniques, dessine un réseau hydrographique fossile qui se raccorde au 
« thalwegs actifs des ruisseaux Roule-Crotte au Nord, et  le Rhonne au Sud. La reconstitution des 
« phénomènes conduit à imaginer un plateau supérieur de Mulsanne culminant vers 90 mètres 
« d’altitude, et disséqué par ce réseau hydrographique. Quand la ou les périodes froides désertiques
« ont régné, la gélifraction a débité les blocs de roussards ; le vent s’est engouffré dans les vallées     
« ( les couloirs ), les a élargies, aplanies ; il a raboté les pentes ( des buttes ), évasés les cols, 
« déchaussés les blocs, balayés les sables si bien que ceux-ci sont descendus sur place. L’abrasifs 
« sableux usait les roussards et était emporté puisqu’il n’y a plus de quartz picotés.

« A la fin de la phase froide, les assises tertiaires qui couronnaient la contrée étaient déjà en partie 
« détruites ; aujourd’hui en restent les « buttes témoins ».

Ces vestiges : les buttes-témoins  s’élèvent, rompant la monotonie d’une vaste étendue plane , elles sont séparées par des couloirs à fond plat. s’étendant à la base de la partie septentrionale du plateau de La Fontaine-Saint-Martin :  

Le même processus s’est déroulé sur le rebord du plateau d’argile à silex sur le versant sud des hauteurs de la Cité des Pins.

- Forgé par la Sarthe,
- Modelé par le vent,
- Affouillé par les ruisseaux,



Carrefour géologique du Bourray, 


dont Guécélard en est le centre.


placé par 0° 22’ E , 48° 02’ N, a l’aspect d’un arc largement ouvert au Nord-nord-ouest, délimité par ,

- la Butte conique de la Nue, près d’Arnage - alt. + 56 -  0°11’E , 47°51’N, 

- le Site de Moncé-en-Belin - alt. +58 - 0° 12’ E , 47° 54’ N,

- les Buttes du Vieux-Mans - alt. + 74 et + 82 ( I.G.N.-1719 E-1985 ) - 0°11’ E, 47°53’N, 

- la Butte de Monnoyer  - alt. + 70 - 0°20’E , 47°52’30’’N,  -

- les deux Mamelons jumeaux de la Chouanne - alt. + 69 et + 77 - 0° 10’ 30’’ E, 47° 51’ N , qui portent toutes des grès roussards éolisés. 

Pierre de roussard fortement éolisée sur trois faces, dénommée " dreikanter " .


Palets, galets lustrés de roussard par l'érosion éoliennes, trouvés à Guécélard .

Autres pierres de roussard fortement usées, patinées, lustrées par les vents glaciaires .


- la cuesta du Pôlinois et les Buttes juxtaposées du Roncerais et du Bruon, coupé par la gouttière de la rivière Sarthe du Dôme anticlinal jurassique de Saint-Benoit.

«  la zone centrale de l’affleurement présente une brèche tectonique et la faille bordière du dôme, 
« orientée N.110 , est décelable dans l’angle oriental par une brèche de faille à fragments anguleux 
« de calcaire et silex  : une source salée existe à cet endroit ».

fermé par la rivière Sarthe, sur une longueur  6,750 km, qui se développe en larges méandres, dans la platitude des sables du Cénomanien moyen en aval du Mans. 

Il a été mentionné dans des rapports géologiques que l’Huisne aurait pu creuser l’importante plaine des Hunaudières en coulant au sud des élévations de la Cité des Pins. Topographiquement, toujours selon Guy Mary ( p.90 du rapport ), cela paraît possible puisque la trouée de Roncheray - 0° 20’ E , 48° N  établit la communication entre la vallée du Roule-Crotte et celle de l’Huisne . Or il n’y a pas de terrasses alluviales dans cette région.

La Sarthe inscrit son cours entre trois terrasses d’altitude relative au lit majeur : 6 m- 15 m - 24 m. En aval du Mans, ces terrasses forment pratiquement les seules lignes de relief du paysage modelé dans les sables cénomaniens inférieurs. Dans ces terrains de la campagne au Sud-ouest du Mans, la rivière coule dans une large vallée alluvionnaire, la pente est très faible : 

- entre le Moulin L’évêque au Mans et l’écluse du Moulin de Spay - 0,09 mm
- entre l’écluse du Moulin de Spay et l’écluse du Pendu - Moulin de Morannes  0,02 mm


Plan schématique de la " Butte tabulaire du Vieux Mans " - La reconstitution des phénomènes conduit à imaginer un plateau de Mulsanne culminant vers +90 ( de nos jours il plafonne à +68 ) et disséqué par ce réseau hydrographique.


.La rivière Sarthe décrit de multiples et larges méandres, qui allongent sa voie d’accès à la Loire, 

- le Moulin L’évêque est à 140 km
- l’écluse du Moulin de Spay à 123 km
- le Moulin de Fillé à 119,2 km
- le Moulin de La Beunêche à 115,1 km
- l’écluse du Pendu - Moulin de Morannes à 44,8 km , de la confluence formant la Maine.


Forgé par la Sarthe,
Terrasses de la Sarthe - bas niveau de 6 - 8 mètres,


La rivière qui a donné le nom à notre département qui se développe du Nord vers le Sud jusqu’à Arnage où elle s’infléchit vers le Sud-ouest, dessinant un arc  pour accrocher Le Mans, et capter L’Huisne au passage. Les plateaux de Rouillons à l’Ouest, et de Sargé à l’Est encadrent la vallée jusqu’au confluent avec l’Huisne qui coule du Nord-est vers le Sud-ouest ; ils s’élève à une altitude de 100 mètres, et sont formés du haut vers le bas,

- par des formations du Tertiaire,
- par de l’argile à silex,
- par de la craie marneuse du Turonien,
- par des sables Cénomanien, 

Les plus hautes terrasses révèlent souvent deux cycles climatiques rapportés au Donau et au Günz. Parmi les moyennes terrasses, selon le même auteur, ont définit généralement un cycle   au Mindel ( deux au plus ), et deux cycles au Riss ( quatre au maximum ). La dernière terrasse Rissienne est la mieux représentée dans la plupart des vallées. La Sarthe trace son cours entre trois terrasses dont l’altitude inscrit par rapport au lit majeur : 6 m - 15 m - 24 m. En aval du Mans , ces terrasses définissent pratiquement les seules lignes du relief formant le paysage constitué par les sables cénomaniens inférieurs.

En raison de l’analogie des phénomènes et malgré les difficultés que cela soulève, on a coutume de rapporter les terrasses climatiques de régions périglaciaires aux globalisatrices définies dans les Alpes :

- Biber - Donau - Günz - Mindel - Riss - Würm.

Jean-Jacques Macaire nous apprend, qu’il n’y a pas de terrasse fluviatile  nette au Biber.

Coupe longitudinale du terroir de Guécélard entre le rebords septentrionale du Plateau de la Fontaine-Saint-Martine et  le plateau Tertiaire  de la Cité des Pins ; qui démontre incontestablement le niveau de la " Basse terrasse " sur laquelle se développe le territoire communal .


Pour le Würm, on repère dans la vallée de la Sarthe deux cycles, dont l’un correspond à une terrasse basse et l’autre à des alluvions enfouies sous les dépôts actuels ( exemple caractérisé à Guécélard ). 

H. Poser et J. Tricart en 1950, datent les palier de 6-8 m du Würmien, celui de 12-15 m du Rissien,  celui de 27-30 m du Mindélien. Ils ne parlent pas  de celui de 40 m ; représente-t-il le Günz dans l’esprit de cette succession ? 

Selon Guy Mary p. 93, si la terrasse correspond à une phase climatique périglaciaire froide caractérisée par des crues violentes, le dallage éolien, les fentes en coin, les dunes et le sol éolien datent une phase froide plus sèche tardiglaciaire.

Au cours de la période géologique antérieure - l’ère Tertiaire, les cours d’eau dont la Sarthe et le Rhonne divaguaient  dans la région au Sud - Sud-ouest du Mans , à la surface d’un plateau, à partir du Pliocène supérieur, c’est à-dire environ 3 M.a. avant notre ère, selon Jean-Jacques Macaire. 

En territoire périglaciaire, le régime des cours d’eau, donc leur aptitude à l’érosion ou à la sédimentation ,  a été vigoureusement influencé par les variations de la pluviosité et de la température. 

L’analyse des formes du relief et des sédiments déposés par nos deux cours d’eau contribuent à la connaissance des paléoclimats de notre région au Quaternaire. On peut écrire que les deux rivières se sont enfoncées de plusieurs dizaines, voire par endroits centaines mètres dans les formations géologiques, modelant peu à peu notre paysage.

L’incision dans le rebord oriental du Massif Armoricain, ce que nous dénommons «  les Alpes Mancelles », plus ou moins encaissé selon les terrains traversés, résulte d’un soulèvement généralisé de l’écorce terrestre par rapport au niveau marin moyen. 

Les " Alpes Mancelles ", cette photo illustre très bien le formidable travail d'érosion que les eaux de la Sarthe ont tranché au cours des millénaires glaciaires dan les contreforts orientaux du " Massif Armoricain" .


Ce soulèvement est important dans les régions montagneuses ( actuellement  1,5 mm / an dans les Alpes ),  0,5 mm dans le Bassin Parisien. 

Ces mouvements de l’écorce terrestre, liés à l’exhaussement  des chaînes alpines, ont induit parfois de marquants changements dans la direction des écoulements fluviaux au début de l’ère Quaternaire, comme par exemple l’inflexion vers l’Océan Atlantique de la Loire Orléanaise qui se dirigeait auparavant vers la Manche en traversant le Bassin Parisien.

Lorsqu’on observe la vallée de la Sarthe en aval du Mans, on est immédiatement frappé par la disproportion qui existe entre sa largeur et celle du lit actuel de la rivière ; ceci amène à penser que la rivière présentait, à une époque antérieure, une activité plus forte qu’actuellement. 

Les versants de la vallée sont formés de parties à forte pente façonnées dans la roche, d’autres ouvertes avec un replat presque horizontal où affleurent des sables parsemés de petits cailloux ronds abandonnés par le cours d’eau - ce sont en réalité des alluvions anciennes.

Carte de l'évolution des reptations latérales de la rivière Sarthe au cours des derniers millénaires, conditionnées par la baisse généralisée des Océans ; établie sur les vestiges existants  .


Ce replat distribué comme la marche d’un escalier, est une terrasse fluviale, témoignage incontestable d’une activité cyclique de la rivière Sarthe, étroitement liée aux fluctuations climatiques. 

Ceci  démontre, si besoin est, que pendant certaines périodes notre grande rivière est capable de creuser la roche, à d’autres moments s’exhausser dans son lit majeure et d’y déposer des alluvions ( sédimentation ), donc de remblayer progressivement la dépression qu’elle avait creusée auparavant ( pendant les périodes interglaciaires du Pléistocène ). Il est scientifiquement prouvé ( Jean-Jacques Macaire - Maître de Conférence au Laboratoire de géologie de Tours ). La place précise des épisodes d’érosion et de sédimentation dans le cycle climatique varie pour chaque rivière de l’amont vers l’aval.

L’historique des recherches sur les phénomènes périglaciaires du Quaternaire dans notre région ont été étudiés par A. Bigot en 1932. Puis en 1936, A. Bigot explique la présence de gros blocs de roches primaires dans les basses terrasses de la rive gauche de la Sarthe en aval  du Mans , par le mécanisme des coulées de solifluxion ayant entraîné les blocs à la rivière puis   à la débâcle des radeaux de glace les ayant transporté loin en aval, au-delà du Mans. 

Cela représente un déplacement d’au moins 80 kilomètres par la vallée pour des blocs de roches formant la base du site naturel surélevé de Mondan - Cne de Guécélard , alt. +45 ( la rive en amont est à +36 ). Des documents aux Archives Départementales, nous apprennent qu’au Vème siècle, ce site surplombait directement la rivière Sarthe .


Carte et photo satellite de Google earth, dévoilant les méandres de la ricière Sarthe, sur le rebord limitatif de la commune de Guécélard. 


Les terrasses ne définissent pas seulement les parties distinctes des crues interglaciaires et des phases de creusement, elles correspondent aux limites de la divagation horizontale du cours des eaux réunies de la Sarthe, de l’Huisne et du Rhonne, la plaine alluviale pourrait on dire, la plaine naturelle d’expansion.

Il a été admis que les terrasses basses étaient l’ancien lit de la rivière, il devient évident que l’étalement des  dépôts a été successif, et n’a pas été simultané, le courant creusant les rives concaves, pour alluvionner les rives convexes.  Guy Mary de l’Institut de Géologie, Faculté des Sciences, Université de Caen, a étudié tout spécialement les Terrasses et Phénomènes périglaciaires de la Sarthe, qui ont été consignés dans remarquable rapport :

- Bas niveau de 6-8 m, à la carrière de la Chevalerie 
( 0°11’E - 47°57’30’’N ), dont il explique en détail et précision la formation,

- Niveau de 12-15 m, sur un talus qui domine la terrasse inférieure de 4 m du Mans à Arnage. 

- Niveau de 18-24 m, dont la coupe complète est détaillée à la carrière du Huîtrier ( 0°9’30’’E - 47°57’N ), 

l’historique de ces phénomènes ont également été étudiés par Guillier en 1886, Chaput en 1917, Musset en 1929, L. Dangeard en 1944, H. Poser et J. Tricart en 1950.


Les indices des fluctuations climatiques se retrouvent dans les alluvions et les terrasses.


La taille des éléments transportés et déposés (  bloc rocheux - galets - graviers - sables - limons- argiles ) dépend du débit et de la vitesse de l’eau de la rivière. Ces éléments sont disposés en lits dont le mode d’imbrication ( Stratification - disposition par couches superposées ), reflète l’aspect du  cours d’eau à l’époque : ( chenal unique rectiligne ou à méandres, bras mort - plaine d’inondation, etc….). Ces caractères paléohydrologiques dépendent surtout des fluctuations climatiques mineures. 






Schéma de la formation de la terrsse basse où s'étend l'actuel territoire communal de Guécélard.

* Ainsi par exemple, pour le territoire communal de Guécélard, qui se trouve plaçait dans la plaine d’inondation naturelle de la rivière Sarthe.


Les calcaires du faciès de bordure des écueils dans un talus du  Poslinois / Bouray ; comblent les irrégularités de la surface d’érosion post-varisque. Ces calcaires se sont déposés en milieu agité au voisinage des écueils formés par les paléoreliefs de grès armoricains. Il s’agit d’un exemple type de discordance varisque .


On peut rencontrer dans la vallée « Sarthe-aval » dans des alluvions sablo-argileuses des blocs démesurés de taille décimétrique à métrique, d’origine éloignée, qui n’ont pu être charriés par la rivière seule. Ces blocs ont été transportés lors des débâcles printanières par des radeaux de glace issus des zones froides en amont et venus fondre en aval, déposant leur charge.

À  la fin de la phase glaciaire qui a vu l’édification de la terrasse de 40 m, que l’on peut situer à la glaciation de Günz, l’altitude moyenne de la région était de l’ordre de 85 m, altitude absolue du remblaiement. 

Les assises Tertiaire qui couvraient la contrée était déjà fortement endommagées, de nos jours seules en restent les buttes témoins. Les ruisseaux descendus des nappes phréatiques du Tertiaire ou du Turonien, entaillaient déjà la région. 

Une nouvelle phase périglaciaire a provoqué le remblaiement de 27-30 m, de 350 à 300 000. La Sarthe  contournait comme maintenant, la Butte d’Allonnes par l’Est, et coulait vers le Sud-est. 

Au Würm, le vent venu de l’Ouest-Sud-ouest, souffle les sables des fonds de vallées, dans cette succession d’étendue planes : le Bourray, les plaines des Hunaudières et du Narais, puis la Vallée de l’Huisne ; il sculpte les blocs, abrase les pierres, transforme le paysage en un désert pierreux , plat, d’où émergent des buttes coniques.

Les conditions changent, les crues des rivières cessent, le remblaiement est achevé, mais un  froid plus sec demeure, et notre région devient un désert froid, et sec ; tandis que des fentes en coin naissent, le vent parachève son œuvre en recouvrant le sol, d’une couche de sable. 

De nos jours, calme, tranquille......presque insignifiante, la " Grande dame qui a donné son nom à notre département", coule au pied des derniers contreforts orientaux de l'antique Massif Armoricain .

D’où et comment sont venus ces blocs ? 


Guy Mary en 1964, a écrit : la Sarthe traverse la bordure Est du Massif Armoricain à 50 km au NNW du Mans en une région dite des Alpes Mancelles, elle y entaille successivement du Nord au Sud, les massifs de granulite d’Alençon, le granite de Saint -Céneri-le-Gerei, l’anticlinal précambrien de Saint-Paul-le-Gaultier, le synclinal primaire des Coëvrons.

De nos jours, à Saint-Léonard-des-Bois, cœur des Alpes Mancelle, prendre la direction de Soulgé-le-Ganelon, par la D.112 passé le «  pont de la Folie » le rétrécissement du lit majeur de la Sarthe à la bifurcation résulte de l’abandon d’un méandre par la rivière, dans la dépression des schistes et calcaires du Cambrien inférieur,
- ( de 540 à 500 M.a. - système le plus ancien de l’ère Primaire ). 

Sur la rive droite, le chemin, petite route de la «  vallée de la Misère « , à mi-côte, environ 500 mètres, on remarque la présence de grès Armoricain. 


Blocs de grès Armoricain détachés de la paroi principale par la gélifraction, et tombés dans le lit de la rivière Sarthe, dans sa traversée des Alpes Mancelles .


Bloc de grès Armoricain, de plusieurs centaines de kilos, transporté par " radeau de glace " par la rivière Sarthe, lors de ses crues titanesques, et déposé, puis abandonné sur sa rive gauche à 87 km. en aval de son point de chute.....les Alpes Mancelles .


En revenant sur ses pas, on aperçoit les escarpements de grès Armoricain de la rive gauche et on remarque les éboulis pierreux, très importants témoignages de la gélifraction des quatre épisodes glaciaires du Quaternaire. 

Après le premier vallon la route franchit des laves vertes andésites (  53% de SiO2 ) et des brèches de laves ( complexe supérieur V3 ). A la première bifurcation un autre complexe se compose de laves rhyolithiques hyalopoporphiriques.

Après l’intersection de la D.112 ( route de Saint Léonard-des-Bois ) ) et de la D.270 ( direction Saint Pierre-des-Nids ), une carrière ouverte dévoile les strates de grès Armoricain, se déversant vers le nord, il a été recueillis des Trilobites  ( Ogyginus armoricanus ), des Lingules ( Ectenoglossa lesueur ).

Dortoirs ".....à trimmobites ( surlignés en rouge .

Arthropode de l'Ordovicien moyen Armoricain, dénommé Neseuretus Tristani, plus connu sous l'apellation " trilobite " .


Yves Milon en 1936 ( p.70 à 72 de son rapport ) précise à propos des blocs de roches primaires des basses terrasses et en particulier ceux de la terrasse de La Suze :

« …..des embâcles ont serti dans la glace des blocs de roches entraînés  dans le thalweg de la Sarthe 
« par  des coulées de solifluxion. Les débâcles importantes à la fonte des neiges ont libéré ces 
« radeaux de glace et leur charge qui a pu faire un long voyage sur une rivière plus large et plus 
« puissante que la Sarthe actuelle »  .

Guy Mary en 1964,

« Les blocs de roches primaires et précambriennes sont venus de Alpes Mancelles sur des radeaux  de 
« glace. Leur présence implique un climat avec une saison très roide gelant profondément les rivières 
« pour donner une glace qui puisse emporter des blocs pesant 500 kilogrammes. Sous l’influence de 
« ce climat, les éboulis secs qui couvrent les flancs des versants des Alpes Mancelles  étaient actifs, 
« sans cesse ravitaillés par les produits de la gélifraction. Ils conduisaient les blocs à  la rivière de 
« même que les coulées de solifluxion. Le gel emprisonnait les fragments rocheux  dans les glaces. A 
« la débâcle les radeaux de glace et leur fret filaient vers l’aval. Le trajet Alpes Mancelles l’aval du 
« Mans ne s’effectuait pas obligatoirement en une seule fois pour tous. L’embâcle se répétait les 
« hivers suivants et la progression reprenait au dégel » . 

Y. Milon , conclut sans son rapport à l’origine périglaciaire du remblaiement des basses terrasses de la Sarthe.

Le socle n’est pas directement visible, mais les excavateurs remontent parfois de l’argile verte glauconnieuse, du sable , des graviers et des nodules à carapaces ferrugineuses. 

Ces derniers composent le remblaiement alluvial grossier, d’une façon non uniforme de bas en haut.

L’horizon terminal de la surface du sommet est sableux; sa partie supérieure est podzolisée : 60% des quartz du podzol sont éolidés; la proportion décroît en profondeur. 

Il s’agit d’un alluvionnement sableux remanié par le vent qui a pu apporter une certaine épaisseur de sable.

Les plans sableux, d’une épaisseur variable dans les anciens méandres, sont des alluvions qui proviennent de tous les terrains traversés par la Sarthe.

autres témoignages de ces temps.......où, la rivière Sarthe recouvrait la totalité du terroir communal de Guécélard !

Ces petits cailloux de différentes couleurs, de différentes tailles qui sont en réalité de petits galets, que la Sarthe a déplacé, roulé, usé pendant des centaines de milliers et des centaines de milliers d'années, dans ses eaux tumultueuses, avant de les abandonner ; et que nous retrouvons de nos jours dans nos jardins actuellement .


Modelé par le vent,
Phénomènes éoliens, constatés dans le guécélardais.


Ont été examiné et ont fait l’objet de rapports par A. Cailleux en 1942, L. Dangeard en 1943 et 1946, H. Poser et J. Tricart en 1950, Guy Mary en 1964,

La région est caractérisée par l’existence d’une  plaine allongée, dominée par des buttes tabulaires et coniques séparées par des couloirs à fond plat, et dont les flancs Sud sont pavés de roussard éolisés emballés dans le sable comptant peu de quartz picotés ; l’absence de strates de grès roussards dans la structure des buttes, ce qui rend mystérieuse l’origine des galets sculptés par le vent ; par l’absence de sable c’est-à-dire d’abrasif au-dessus de l’argile à minerai de fer pourtant dallée de grès ferrugineux éolisés, par l’absence de quartz picotés dans les couloirs. 

Les cailloux sculptés, usés par le vent témoignent d’un action corrosive

Il est apparu à plusieurs reprises précédemment que les phénomènes éoliens ont influé dans l’environnement du Bourray. Le fait de pavage éolien aux Buttes du Vieux-Mans, la présence de sables éolisés dans les plaines des Hunaudières ,du Narais, sur le flanc de la cuesta du Bélinois, et le rebord du plateau d’argile à silex de La Fontaine-Saint-Martin. 

Ces phénomènes éoliens se traduisent par des cailloux façonnés par le vent, formant un pavage à 40 cm sous le sol actuel, par des sables éolisés parfois amassés en dunes, par un paysage de déflation et de buttes rappelant les garas.


Les  cailloux  éolisés  d’authentiques  témoins,


Deux groupes de roches ont enregistré l’action du vent : les grès roussards cénomaniens et les grès tertiaires. Plusieurs types de grès roussards sont connus, depuis les grès à grains très fins jusqu’aux grès grossiers - poudinguiformes à cailloux ( dragées ) de quartz soudées par un épais ciment ferrugineux. 

L’action du vent - éolienne sur ces pierres se traduit, quelle que soit sa nature, par l’acquisition de facettes séparées par des arêtes particulières, d’une patine et d’une morphologie.

- Cailloux plats : 
une arête périmétrique cerne une ou les deux grandes faces, cela rend compte de la tendance du vent à abraser les faces latérales, quand le caillou a été retourné.

- Cailloux à une seule arête : 
Ce sont pour la majorité des fragments de roche dont le rapport de la longueur à la largeur dépasse 1,75, tandis que pour les plats le même rapport s’établit aux alentours de 1,35.

- Dreikanters et cailloux à arêtes convergentes : 
aux dreikanters s’apparentes les pyramides et les troncs de pyramides à arêtes ( quatre ) convergentes. Le vent a adouci le modelé sur certains cailloux plats en rabattant les faces latérales, donnant « des gommes usées », les cailloux allongés « des poinçons » ou « des toits ». 

Ceux beaucoup plus épais, plus lourds, pivotant difficilement n’ont qu’une face polie, mais très usée.


- Billes de reg : 

de grès roussard : ce sont de petits cailloux ronds ou ovoïdes de 2 à 3c m de diamètre ; leurs quartz sont usés ; ils possèdent le brillant, des autres roussards éolisés.

* Sur notre territoire communal uniformément plat sur une longueur de peu plus de 8 km. Sur de 5 à 6 de large, par une température glaciale, dans un univers complètement dépourvu de végétation et d’obstacle, le vent violent déplace les cailloux, les roule, les transforme pendant une période de glaciation, c’est-à dire des dizaines de milliers d’années. 


La cuesta du Bélinois,


Elle fait partie avec le plateau de Mulsanne ( 0°15’E - 47°54’30’’N ) d’un ensemble. 

La cuesta du Bélinois ( croquis de la page 35 ), dessine un axe orienté Est-Nord-Est / Ouest-Sud-Ouest, parallèle au plateau de Mulsanne, elle est dominée par des Buttes tabulaires ou coniques. Ces buttes sont séparées par des couloirs très larges à fond plat ;  le plus important de ces couloirs s’abaisse et se raccorde à une vallée active, celle empruntée par la petite rivière : le Rhonne qui se jette dans la Sarthe.

* - pendant toute la période de la glaciation de Riss :  de 300 à 120 000 ans - soit 180.000 années ;
Pendant toute la période de la glaciation de Würm :  de 80 à 10 000 ans - soit 70.000 années.


Le Horst Jurassique du Bélinois, 


Notre proche région est caractérisée par l’émergence Jurassique du Bélinois, dénommée par les uns : boutonnière , par les autres :  horst .

Horst, est le terme utilisé par les géologues, approprié à la particularité du Bélinois. Sa  définition : structure tectonique constituée par des failles normales de même direction. Le Jurassique du Bélinois  ( étage Oxfordien inférieur, de 148 à 146 M.a. ), n’affleure qu’à la faveur de failles,

- la  faille de Brette - orientée sud/nord, et  

 - la faille d’Arnage - nord-ouest/sud-est, s’allongeant sur 14 km , du lieu-dit : la Belle-Etoile au sud de Saint-Biez-en-Belin où elles se rejoignent en V  ;

lui  font percer le Cénomanien de 96 à 91 M.a. , de la plaine des Hunaudiéres et des landes du Bourray.

Retour au Pays du Bourray actuel,
Ce Pays du Bourray, est le résultat de la longue histoire mouvementée dont nous venons de donner l’esquisse, il présente une variété de détails dont on peut dire : rare. Mais l’unité de l’ensemble n’en est pas moins indiscutable.
Cette unité de l’ensemble est faite de l’heureux agencement de ces éléments variés.
Ce site géologique, vestige authentique du périglaciaire, est parfaitement ignoré, il n’en demeure pas moins un élément de notre patrimoine.
L’ère Quaternaire est une création humaine destinée à mettre en valeur l’apparition des premiers hommes. Sur ce point précis, il faut se rappeler que des restes d’Australopithèques découverts en Afrique du Sud, au Kenya, en Tanzanie et en Éthiopie, dont les plus anciens sont datés de -4,5 M.a.



Le   Pays  du  Bois  sent   bon ……..

Il n’y a pas si longtemps, au  détour d’un  vieux chemin, on redécouvre le charme particulier d’une pinède, les hauts  fûts des pins « sagement alignés ». D’emblée un parfum titille les narines et le clair-obscur du sous-bois adoucit la marche. Harmonie de l’ombre bleutée qui nimbe les cimes, filtrant les rayons obliques de la lumière, en un jeu d’ombres chinoises………...  C’est le…….passé !

Guécélard.......un " Pays " où le bois....sent véritablement bon ! .


3° - Un terroir  hanté par des hommes….. longtemps avant qu’un nom ne soit donné à l’endroit !

Si l’Histoire de Guécélard est longue…..on peut affirmer que sa Préhistoire est beaucoup plus longue. 


Les  Aïeux de……nos Ancêtres,

c’est illustres inconnus……parfaitement  ignorés.


Les indices que nous possédons nous incitent à penser, que dans la seconde partie de la dernière des glaciations ( celle de Würm ), une alternance précise s’est manifestée. Étroitement liés aux modifications de l’orbite de la terre autour du soleil, des températures beaucoup plus froides se sont développées, également plus sèches, les précipitations étant tout particulièrement rares.

Dans cet environnement plus froid et plus sec, sans cesse balayé par un bizzard cinglant et chargé de particules abrasives, s’est développé dans la platitude de notre région la formation d’une steppe ( Chénopodiacées, éricacées…etc……), avec ce que l’on pourrait appeler des forêts de pins et de bouleaux dans les endroits abrités. On peut d’ores et déjà distinguer avec un environnement d’une flore et faune froide surtout représentée par le Rennes. Moins fréquemment le Mammouth, le Bison , le Cheval, d’autres  espèces plus sporadiques comme l’antilope Saïga, et le Rhinocéros laineux

Cela s’est passé à Guécélard….mais il y a longtemps !

En 1973, chemin du Jarrier à Guécélard, lors des fouilles indispensables à l’implantation des fondations du sous-sol enterré d’un pavillon : un fragment d’os fossilisé et un gros caillou taillé furent mis à jour par la pelle mécanique, le premier se trouvant à 0,50 m du second. 

Cette trouvaille insolite stoppa le travail de l’engin, et une investigation minutieuse sur 0,60 m de profondeur , et dans un périmètre de 15 mètres sur 12, fut effectuée. Il est à noter, que la couche surfacique avait été remaniée antérieurement par le nivellement d’un talus.

Cette recherche ayant été veine, on peut penser que ces deux pièces ont été apportées, puis abandonnées après utilisation, à cet endroit. Un point à préciser, le sous-sol de Guécélard ne renferme pas de silex roux.

Il est donc possible de penser, qu’il témoigne d’un passage, d’une halte.

Vestiges authentifiés,

- fragment d’os, fossilisé, sa couleur roussâtre atteste d’un long séjour dans le sol, à proximité d’argiles glauconieux.- Il mesure 16 cm de long, le diamètre de la diaphyse ( tige ) est de 6 cm, l’épaisseur de 0,5 cm. L’épiphyse ( la rotule ) a une largeur de 9,5 cm,  elle apparaît fortement rongée.

Cet os présente une cassure nette, qui n’a pas l’aspect d’une fracture, on distingue la moelle parfaitement fossilisée.

L’examen, identifie l’os comme appartenant à la partie haute d‘un antérieur droit ( tibia ),  d’un animal massif, probablement un rhinocéros laineux - Coelodonta antiqus, fidèle compagnon des mammouths - Mammuthus primegenius. Le rhinocéros vivait en famille dans les troupeaux de mammouths, protégeant cet animal de ses deux  principaux prédateurs l’Homme et Tigre des cavernes -  Smilodon.  

Les recherches du professeur Dart, autorité en la matière, démontrent que les fractures des os découverts dans les couches les plus anciennes - fossilisés : semblent bien intentionnelles. L’homme préhistorique utilisait de préférence les os longs des membres des gros animaux, 

- comme massue, les éclats pointus et coupants comme outils,

- la moelle était riche :  en lipides  ( graisses organiques ), 
                                   en protéines ( matières azotées ). 

éléments indispensables à l’être humain pour survivre aux conditions extrêmement rigoureuse du froid glacial, à résister à la précarité de son alimentation, à son équipement vestimentaire.

- le caillou, il s’agit d’un galet de silex blond, étranger à la région   ( selon un examen approfondi  )
volontairement aménagé, pour prise bien assurée. Connu sous l’appellation de « coup de poing », également appelé « rognon », dont le nom exact est « chopper » - diamètre 9 cm.

Un côté de ce galet porte des traces nettes d’enlèvements, de plus il semble avoir beaucoup servi. Le tranchant  a été obtenu par une taille délibérée, plus particulièrement sur une face, sur l’autre,  l’éclat semble avoir été provoqué lors d’une utilisation. 

L’os en question, on remarquera tout particulièrement la cassure, elle est nette, et l’on distingue très bien la moëlle fossilisée.
Le « galet cassé », appelé «  schooper », où l’on voit distinctement les enlèvements pour lui donner un semblant de coupant. Il s’agit de l’un des tout premiers outils en pierre-silex conçu et réalisé par l’homme. Son évolution débouchera sur le «  Biface » .


C’est Hélène Roche en 1980, p. 67, qui les nomme «  galets taillés  », terme général qui s’adapte parfaitement bien à des objets «  simplement partiellement modifiés par quelques gestes élémentaires de taille  » et qui « englobe toutes les sortes de galets taillés, sans préjuger d’une classification  ». Il apparaît donc une certaine unité dans la conception et la réalisation de ces outils malgré l’aspect variable de leur support.                                                                

- Chopper,
Définit par H.L Movius en 1948
Mot anglais signifiant : couperet
Outil de pierre primitif constitué par un galet rendu tranchant par l’enlèvement d’éclats sur une face.

- Chopping-tool
Mot anglais signifiant : pour tailler
Outil de pierre un peu plus évolué que le précédent, constitué également par un galet aménagé, par des enlèvements successifs d’éclats sur les deux faces, pour déterminer un tranchant plus durable.


Ce " caillou "  de silex ventru, épais , grossier, taillé de prélèvements irréguliers, puis donnant des coupants ondulés, est un authentique biface Acheuléen. Abandonné, il démontre que très tôt le territoire communal de Guécélard, s'il n'a pas été habité, il a été tout au moins traversé - 
Il est loisible de penser, que Guécélard est .....depuis très longtemps une ....." terre de passage "

Biface Moustérien à tradition Acheuléen.


Gros plan, sur nos Ancêtres du Paléolithique supérieur,

Lorsque l'on s'intéresse à une Histoire locale, on devient forcément chercheur, donc " fouilleur", et peu à peu on se passionne, beaucoup plus par ce que l'on découvre  : documents, objets, vestiges,..... qu'au contexte proprement dit de la " trouvaille ".

Les hommes du Paléolithique supérieur ne connaissaient ni l’agriculture, ni l’élevage. Il est indispensable d'avoir présent à l'esprit, qu'il subit de plein fouet les dernières  et très violentes rigueurs du climat glaciaire. Les principaux animaux qui vivent de nos jours en notre compagnie, n’avaient pas été encore domestiqués. Les groupes humains vivaient encore presque exclusivement de la chasse des grands mammifères terrestres, de la cueillettes de baies , et des racines comestibles qu‘ils déterraient. 

Il est très vraisemblable que les végétaux ne représentaient qu’une quantité très marginale dans leur régime alimentaire. Les premières traces de noix, noisettes, et glands n’apparaissent qu’au début de l’Holocène, ce qui n’exclut absolument pas qu’ils appréciaient les fruits sauvages depuis longtemps, comme les neffles, les mûres, les fraises et autres fruits sauvages. Ils ont commencé à consommer ( des petits mammifères, des oiseaux et à pécher ) vers la fin du Tardiglaciaire.

Nous limitons à une région, nos observations.

Les populations humaines qui ont hanté pendant des dizaines et des dizaines de milliers d’années, notre région, ont laissé, et ont abandonné un grand nombre de vestiges qui témoignent qu’ils possédaient incontestablement une culture complexe. Qu’elles dominaient nettement le milieu dans lequel elles évoluaient et vivaient. Pour fabriquer les outils qui leurs étaient nécessaires dans le présent, elles utilisaient la pierre, et plus précisément le silex, et l’os. Puis le bois, la corne et peu à peu les fibres végétales comme : les fibres du chanvre sauvage, de l’ortie, de l’écorce du Tilleul ( la teille ), malheureusement aucune trace ne subsiste.

Ils se confectionnèrent des habits avec la peau des animaux tués, et ont même pratiquaient la couture dans la seconde moitié du Paléolithique supérieur, comme le prouve les aiguilles en os et à chas que nous avons trouvé.


Ils organisaient leur habitat


Nous nous sommes toujours persuadés, à tort, que les Aïeux de nos Ancêtres, car c’est bien d’eux qu’il s’agit : les hommes du Paléolithique qui ont hanté notre région, sont bien les Aïeux de nos Ancêtres les Gaulois, qui quelques milliers d’années plus tard parcouraient le même territoire. Donc, nous sommes convaincus, que ces chasseurs de la «  Pierre ancienne », ont systématiquement vécus dans des cavernes, dans les grottes, puisque nous leurs avons concédé l’appellation «  d’hommes des cavernes ».

Les chercheurs du laboratoire du Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye, tout comme ceux du Museum d’Histoire Naturelle de Paris, rue Cuvier, et ceux du C.N.R.S., sont unanimes : les hommes du Paléolithiques n’ont pas choisi systématiquement les grottes, les cavernes pour y habiter. 

L’habitat de plein air devait être le plus nombreux, mais il s’est moins bien conservé, de plus le remembrement et l’urbanisation inconsidérée a irrémédiablement éliminé toutes traces et vestiges.

L’espace habité était conditionné en fonction des activités qui s’y déroulaient, selon l’organisation sociale et les activités du groupe qui y vivait. L’étude, les examens et analyses du sol des divers emplacements découverts dans notre région par d’éminents archéologues, démontrent qu’il peut correspondre à plusieurs situations. Dans certains cas, il peut s’agir tout simplement d’une halte sur un long itinéraire destiné à se procurer de la matière première, halte utilisée alors à l’aller , puis au retour. Ou d’un abri saisonnier lors d’une expédition de chasse. Par contre, nous savons que certains comme celui du «  Plateau du Narais », a été un site de base, quasi permanent lieu privilégié où ils trouvaient à moins d’une journée de marche, toutes ressources indispensables à la vie du groupe. 

Si nous transposons les informations que nous avons acquises, le campement de plein air d’Auvours, était constitué de plusieurs cabanes, dont les pieds d’encrages dans le sol, associés à des trous partiellement enterrés dans le lœss ( sédiment jaunes très fin déposé par le vent ), avec un foyer central ; ont été parfaitement reconnus et authentifiés. Le foyer est le centre de vie, il est utilisé pour la cuisine, pour l’éclairage, pour le chauffage ; mais également, il rend possible la taille du silex, l’assemblage et l’emmanchement des outils, leur réfection au retour de la chasse. 

Du fait du déplacement des troupeaux d’animaux-gibiers,  ces populations étaient soumises a des migrations temporaires et saisonnières. Nous commençons à déchiffrer ces cycles spatio-temporels qui structuraient l’année et l’espace de «  l’aire de chasse ».

Nous ne sommes donc pas sans évoquer une certaine forme de nomadisme, ce qui entrainait inéluctablement en fonction des saisons, et des migrations des troupeaux de Rennes, Chevaux, Cerfs et autres  gibiers, des déplacements, et l’abandon provisoire de l’habitat fixe. 

Ainsi, en bord de la rive gauche, un abri-sous-roche a été découvert, ce qui ne les empêchaient de construire des cabanes, de nos jours et depuis très longtemps disparus.

Une certitude est apparue, le choix de l’itinéraire s’est opéré en fonction de l’éloignement, des difficultés naturelles. L’accessibilité, a sans aucun doute contribué à créer, puis à dessiner un tracé immuable vers le site de Vion du fait des hautes qualités mécaniques de la matière première de ce lieu : le silex. Il s’est avéré que le transport pouvait se faire sous la forme de produits semi-finis, ou finis, comme en témoignent les nombreux vestiges trouvés sur ce parcours. 

Leur densité démographique était extrêmement faible, il ne nous est pas possible d’établir un ordre de grandeur, nos esprits modernes ne peuvent l’imaginer. Il faut avoir présent à l’esprit que ce sont essentiellement des chasseurs, et occasionnellement de cueilleurs ( Ramade 1994 ). Si l’on se base d’une façon générale sur les chasseurs de Caribous du subarctique canadien les densités atteignent à peine 1 homme au km2.

L’image de « l’homme de cavernes », la sombre brute espèces habillait grossièrement de peaux d’animaux, les bras ballants, tenant un gourdin, accablé par une nature hostile et glacée, telle que nous l’a présenté nos manuels scolaires, est non seulement erronée, mais complètement dépassée. 

Nous nous positionnons, sur une certitude acquise, les populations du Paléolithique qui ont hanté notre territoire communal, et celui des communes voisines sur le rive gauche de la rivière Sarthe : taillaient le silex de Vion. Mais également, et il est indispensable de le préciser : du silex gris et roux venus d’ailleurs. 

Ce qui nous conforte sur les déplacements de ces hommes, sur le longues et même de très longues distances : ils n’hésitaient pas pour posséder du silex roux, à se déplacer au Grand Pressigny dans le 37 ; du silex gris dans la région de Trouville, silex gris fumé dans le Bessin, région de Bayeux dans le 14. 

Autres témoignages  : des coquillages formant des pendeloque provenant de des Côtes d’Armor, du Finistère, de Normandie, de Vendée ; de cristal de roche violet d’Auvergne, de la calcite vert, rose et jaune de Savoie, l’ azurite bleue des Pyrénées ; de l’Obsidienne dont-ils faisaient des pointes de sagaies ou de flèches, extraite du Puy de Sancy.

On peut dire et même écrire que dès le Paléolithique supérieur, des itinéraires précisément  tracés , et connus existaient. Que dans notre proche région deux voies étaient parfaitement dessinées et utilisées. Il est patent qu’avec le temps elles furent progressivement aménagées. En fonction de nos trouvailles, nous pouvons actuellement avancer, qu’ils ont plus tard taillés la corne, l’os des animaux chassés et tués, puis le bois. Il est évident que cela a été très progressif, avec une répartition très largement étalée dans l’espace temps.

Si on ne peut dire, et encore moins écrire, que des hominidés ont séjournés en permanence, à Guécélard, on ne peut pas dire et encore moins écrire également,  que des chasseurs-cueilleurs du Paléolithiques, n’ont pas traverser le territoire communal guécélardais, une série de vestiges témoignent de leurs passages, 


Pointes à cran, en silex gris clair, étranger à notre région. Elles étaient destinées à être emmanchées, pour servir d'armes de projection .

Harpons taillés dans de la corne de Rennes, et datés du Magdalénien. 
Celui du bas. 16,4 cm., était destiné à la chasse au gibier à plumes, celui du haut, 10,2 cm. à la pêche.

Guécélard a pu être une aire de chasse très recherchée, et très appréciée,


Pointe de la défense d'un mammouth, et vertébre d'un  auroch, découvert profondément enfouis dans la vase, cause certaine de leur aspect noirâtre et mal fossilisés .

* selon des documents des Archives départementales de la Sarthe, le dernier auroch aurait été tué au Haut Moyen Âge dans la forêt du Mans.


Incisive inférieure d'un rhinocéros laineux " Coelodonta antiqus " .


Pour mémoire,…une rétrospective s’impose !


De - 10 000 à - 4000 env. - Mésolithique

Climat plus doux,
Chasse, pêche, cueillette,
Début de la domestication et de l’agriculture
Poterie, taille du silex, commerce,
Arc, outillage plus élaboré,

de - 4000 à - 2000 env. - Néolithique

de - 3500 à - 2000 env. - Chalcolithique

Habitat sur les plateaux fertiles,
Pierre polie,  tour de potier, briques,
Élevage, production de céréales, 
Travail du cuivre et des métaux précieux,

de - 2100 à 1000 - Age du bronze ancien

Industrie, artisanat, voies commerciales,

À partir de 2000 ans avant Jésus-Christ, les Armoricains développent une véritable industrie concernant les métaux, non seulement le bronze, mais aussi le cuivre et l’or. Le cuivre est présent en Armorique mais il faut souvent le faire venir du Sud-ouest, plus particulièrement des fameuses mines de La Haya en Espagne, d’où une véritable voie du cuivre ( montante ), de l’étain et de l’ambre ( descendante ).

L’étain, qui est intervient indispensablement dans la fabrication  du bronze ( alliage d’étain et de cuivre )  : 

de -1600 à - 1350 - Age du bronze moyen

en -1400 ans avant J-C. ( bronze moyen - industrie  « fonderies » ) ;      

de - 1350 à - 750 - Age du bronze récent

en -1200 ans avant J-C. ( fabrication en série de haches à talons, exportées, développement des voies de communications ) ;

en -1000 ans avant J-C. ( période des haches à douilles monétaires, trop riches en plomb pour pouvoir être utilisées comme outil ) ;

800 …. 750 - Bronze final III b - apparition de la métallurgie du fer,

Tombes masculines à armement et à mobilier,

Fondation de ROME vers 750,

800 …. 750, 600 …. 550 - Hallstatt ancien,

-700 ans avant J-C. ( La civilisation qui s’est développée tout au long de ces siècles apparaît comme la plus originale d’Europe. L’Armorique, la Basse-Normandie, l’estuaire de la Loire sont des régions où l’on travaille les métaux : or, cuivre, plomb, bronze ), une production d’objets réputés ( haches-outils ; épées ; poignards ; bijoux ), un commerce  important s’installe avec des liaisons par terre, et la constitution de dépôts Généralisation de la métallurgie du fer, Hallstatt récent,


Si l'on ne pas dire, et encore moins écrire, que Guécélard a été un lieu d’habitats pendant le Paléolithique, on peut sans aucun risque avancer qu’il a été parcouru dans tous les sens par des hominidés pendant toute cette période.
En certains endroits, les « Pistes du Silex », c’est-à-dire, celles appartenant à un itinéraire spécifique au ravitaillement de la matière première le silex, se confondaient avec les «  Pistes de chasses ».
Guécélard, a été, et est demeuré incontestablement pendant plusieurs millénaires une terre de passages, et ce, depuis la plus haute Antiquité, comme en témoigne les nombreux vestiges découverts.


Fragments de poteries. Ces poteries ont été confectionnées avec le l'argile locale, d'où leur couleur - .

Pointe et Hache polie " Votive ", exclusivement destinée a être déposée auprès d'un défunt dans sa tombe, avec deux pots remplis de nourriture , pour celui-ci permettre d'effectuer son dernier voyage dans les meilleures conditions .


La découverte de ces objets tant à valider, les écrits d'André Bouton, lorsqu'il précise dans son remarquable ouvrage : LE MAINE, Histoire Economique et Sociale « .....très tôt, la Forêt du Mans fut attaquée, vraisemblablement dès le Néolithique.... ».


Le Néolithique à Guécélard, peut à juste titre porter à sourire.......!

Le Néolithique  ( Âge de la Pierre polie ) du grec néo signifiant nouvelle, et de lithos = pierre , intégralement Age de la pierre nouvelle. C’est le préhistorien  Sir John Lubbock - 1er baron d’Avebury, qui en 1865, créa ce terme.

L’Age de la Pierre Polie est marqué systématiquement du polissage de certains outils. Il convient toutefois de souligner que le polissage était déjà connu au Paléolithique supérieur même s’il était très rare. Par ailleurs, des outils polis n’étaient pas les seuls utilisés au Néolithique et le polissage suit toujours une phase de façonnage par la percussion.


Deux lames en pierre polie ( grès Armoricain ), typique du Néolithique.
Celle du bas est datée du Néolithique final, tandis que celle du haut est du Néolithique ancien .



























L'examen minutieux de ces cinq lames en pierre polie, est très instructif si la matière première est sensiblement identique " grès Armoricain  ", de provenances différentes " Alpes Mancelles "  et Coëvrons " ; il dévoile une certaine évolution, un souci de finition de plus en plus poussé, marquant des époques précises dans ce que l'on appelle globalement le Néolithisue .

il n'est donc pas surprenant de découvrir des fragments de poteries..........




Outre la présence du " dolmen du Bruon ", quelques pierres levées tant à Yvré-le-Polin et à Cérens, il y a l'enclos  de " La Forterie " à Parigné-le-Polin, précédemment évoqué plus ou moins validés par des découvertes de vestiges déjà présentés.


























* Croquis et plan réalisés par Roger Verdier.
Page 84, cet Historien de terrain nous dévoile l’existence du « Dolmen du Bruon ». La table mesure 4 sur 3  -  Les supports s’étant affaissés, le plateau a glissé d’une pièce écrasant les deux supports N.E.; Roger Verdier, pense qu’il s’agissait initialement d’un tumulus Néolithique.
Appelé « Pierre Couverte », il est connue sous la dénomination de « Table de Vignole », de nombreuses légendes hantent ces lieux.



























- à Cérans, dans la lande, près de  Bourdigné une «  Pierre levée »   - menhir, dans les années 1950/5 Roger Verdier en a compté jusqu’à 11 menhirs.

Dans la même commune, la « Pierre à Bassin », où soit disant, «  au temps jadis on y célébrait les baptêmes »…….

- À La Fontaine-Saint-Martin, et à Saint-jean-de-la-Motte, le plus curieux ensemble mégalithique de la région.

En un  lieu dénommé la «  Porcherie », Renouard dans ses «  Essais historiques » parle d’un « Peulvan de 19 pierres levées », plus au Sud une vingtaine de 1 à 1,50.….il  est cité l’énorme «  Palet de Gargantua », la «  Table de Vignolle », les «  Trois pierres jumelles », et quelques autres……






























Deux Menhirs, dénommés « la Mère et la Fille », parmi d’autres recensés dans les landes de La Fontaine-Saint-Martin et Saint-Jeande La Motte.


Les mégalithes de notre région, forment vraisemblablement comme l’ont écrit Roger et Louis Verron, en quelque sorte l’arrière garde du Néolithiqure, auquel il se superpose avant de se prolonger, et de former une continuité, un lien avec le bronze.

Vers la fin du IXème millénaire avant J.-C., deux faits, intimement liés, viennent changer radicalement le paysage de ce qui devait devenir le département de la Sarthe, et les conditions de vie de ses habitants : la fin de la dernière période glaciaire – avec un réchauffement durable qui transforma complètement le climat – et l'invention de l'agriculture. Le changement climatique libère des énormes glaciers qui recouvraient le centre et le nord de l'Europe et dont les avancées et les retraits avaient modelé le rude paysage. Modifiant progressivement – mais radicalement – la couverture végétale, il entraîne le déplacement du gibier, essentiellement le renne, qui constituait la ressource principale des groupes de chasseurs de la fin des temps glaciaires. La toundra est peu à peu remplacée par un paysage forestier et les groupes épipaléolithiques suivent la migration des rennes vers le nord ou s'adaptent aux nouvelles conditions ; ils diversifient alors leurs moyens de subsistance en se repliant sur les sites les plus favorables à ce type de chasse, à la cueillette et à la pêche : estuaires fluviaux, rivages de lacs, marécages, littoraux marins.

Un fait certain apparaît dans notre région, le recul des glaces, la fonte et le dégel du sol, ont très certainement imposés aux chasseurs d'Auvours et d'ailleurs à se sédentariser.

La notion de sécuriser son alimentation, entraîna une évolution dans sa composition, et par delà même dans sa production. Sont apparus l'épeautre, l'avoine, l'orge qu'il fallut écraser pour l'incorporer plus facilement. à la composition des repas. La bouillie devint le plat de résistance commun.


Pierre à écraser les céréales en grès Armoricain, dénommée par les Préhistoriens ( pierre dormante avec son broyon ) . Elle présente une surface uniformément plate, de 34,3 cm. de long, pour 21,7 cm. de large, 18,6 cm. de haut, pour un  poids de 37,652 kg. offrait une parfaite stabilité. Le plateau naturellement rugueux, a été volontairement piqueté, et pouvait de ce fait recevoir l'équivalent de un litre 1/2 de céréales sans risque  de perte. Le " meulon ou broyon ", est également en grès, à  l'aspect d'une boule pratiquement parfaite, bien en main, probablement un galet choisi dans le lit de la Sarthe.

* On peut parler de l'ancêtre du moulin à vent, puis du moulin à eau.

Des récipient pour conserver, et sauvegarder les précieuses graines furent nécessaires....


Collection B. Langlais - Merci, Ami Bernard, pour le document et quelques autres.


La production de céréales, introduisit évidemment l'agriculture, la sédentarisation  des familles, qui en se groupant formèrent des clans, de plus en plus élargis. La formation de hameaux au sein des forêts, qui furent déboisées, en agrandissant les clairières livrées à la culture, puis à l'élevage avec la domestication des chèvres, moutons, puis bovins.

De la sédentarisation des hominidés, en découla la colonisation  d'espaces jusqu'alors libres, inoccupés

L'introduction de l'agriculture entraîne leur sédentarisation, la colonisation d'espaces jusqu'alors inhabités et le développement de l'activité humaine. 

Pour mettre en évidence la double origine de ce premier peuplement sédentaire, il faut recourir, en l'absence de témoignages écrits, à un certain nombre de vestiges archéologiques : entre autres choses...... les vestiges en terre cuite – qui apparaissent comme les plus fidèles reflets tant de la vie quotidienne que des croyances collectives. Les formes des poteries ne répondent plus uniquement à des exigences utilitaires ; elles expriment désormais aussi des choix esthétiques. La grande sobriété du décor – réalisé le plus souvent par impression de la coquille du cardium caractéristique du courant maritime – est contrebalancée par des enchaînements de motifs angulaires ou curvilignes, peints ou gravés, d'une ordonnance quelquefois très complexe – la spirale, schéma symbolique de la course du soleil entre les deux solstices, y occupant une place privilégiée. Des représentations d'une Grande Déesse, la Terre nourricière – destinées à assurer la fécondité des champs et des animaux. 



La poterie permet de stocker des réserves et de cuire facilement des aliments liquides

L’apparition de la céramique dont la production s’est rapidement développée. Ce  nouveau produit semble également dérivé de l’apparition de l’agriculture. En effet, cette céramique à des fonctions culinaires :

Ainsi, pour la première fois, ces objets de terre cuite confirment l'existence et précisent les contours des deux grands complexes se trouvant à l'origine du peuplement sédentaire  : les cultures des premiers agriculteurs méditerranéens et atlantiques d'une part – issues de l'acculturation des populations mésolithiques de ces régions –, les différents faciès de la culture des colons danubiens de souche micro-asiatique d'autre part. Les premiers correspondent au fort substrat pré-indo-européen, dont on peut discerner les traces dans l'Occident européen et dont le dernier résidu pourrait être la langue des Basques.

L'appartenance linguistique, même approximative, du second ne peut être raisonnablement déterminée. Autant par son nombre que par son dynamisme, il constitua cependant un apport humain fondamental dans la formation des peuples de l'Europe ancienne.

Les polissoirs sont des roches de grès utilisés au Néolithique pour le polissage des haches. Cette opération relativement longue exige plusieurs heures, voire la journée entière. Elle comporte deux phases : le polissage des phases qui creuse sur la surface du grès de véritables cuvettes, et la polissage du tranchant, qui détermine de longues et profondes rainures.

Le polissage est facilité par l’utilisation de sable et d’eau. Nombre polissoirs sont ainsi
groupés en véritables à proximité d’un cours d’eau.



Site préhistorique vraisemblablement occupé en permanence, pour la production de hache en pierre polie : l'eau du ruisseau, le sable, la gorge de polissage que l'on distingue très bien dans le rocher, tous les éléments sont réunis. Nettement plus loin la roche d'affûtage du tranchant pratiquement intacte, en dépit du temps écoulé .


Également avec les besoins croissant de silex, de pierre volcanique, puis d’ambre, de métaux, de sel…etc, les premiers circuits commerciaux à moyennes et longues distances, équipés de voies d’envergures se mettent en place, ainsi la Sarthe avec la Loire, est-elle intégrée dans un circuit avec portage au Rhone, reliant la Manche à la Méditeranée, les Îles Britanniques au monde Méditerranéen . 

Il ne faut pas oublier,  que la  " voie d'eau " - la rivière Sarthe, d'Allonnes, par Angers, vers l'aval de la Loire et port Corbillo, offrait un débouché vers la Méditerranée orientale et la Phénicie ; qu'entre la baie de Seine, et l'estuaire de la Loire, cette " voie d'eau  " était doublée par une " voie de terre ".


Lorsque le «  Chemin du cuivre », se superpose, à la «  Piste du Silex ». Nous commencerons donc ce chapitre …..par l’Âge du Cuivre….. 


Selon de nombreuses sources le nom de « chalcolithique » a élaboré par des Préhistoriens à partir de racines grecques : « khalkos qui signifie cuivre : lithos pour pierre » . On peut donc dire, et même écrire que le Chalcolithique définit une période dans la Protohistoire  où un outillage initialement, et essentiellement de pierre, peut être complété par des objets en cuivre, ce qui caractérise en Archéologie quelques périodes du Néolithique final. 

Il s’étend en principe, pour l’ Europe Occidentale, et en particulier pour notre région de -2500 à -1800 ans avant notre ère. Certains, utilisent l’appellation « Âge du Cuivre » pour désigner le Chalcolithique, il semblerait que ce terme soit une hérésie, la juxtaposition des cultures du Néolithique, et du Bronze ancien, vers -2300 avant notre ère, sur un même territoire : la France. 

Cuivre traité, identifié comme provenant des mines de La Haya, Pays Basque espagnol, trouvé avec d'autres lors du curage d'un fossé d'un ancien tronçon désaffecté du " Chemmin Mansais " .


Quoi qu’il en soit, l’Âge du cuivre, correspond dans un sens plus restrictif et dans une acceptation culturelle au Chalcolithique. Il marque immodérément une période de transition, intermédiaire entre l’industrie du Néolithique final essentiellement lithique et osseuse et les débuts hasardeux de l’industrie métallurgique, prélude à celle du « Bronze » - ( alliage de cuivre et d’étain ) . En vérité, dans la culture Chalcolithique, les métaux tels que l’argent, le cuivre et l’or sont utilisés dans le cadre restreint d’un artisanat secondaire spécifique : la fabrication d’objets de parures, essentiel de la production étant en pierre, en os ou en corne.

Il est à noter que sur la façade Atlantique, l’industrie dominante demeure celle de l’or, jusqu’à l’apparition de celle du bronze; Entre 1800 et 1600 ans avant notre ère, le mélange du cuivre espagnol, et de l’étain britannique donnent naissance dans ces régions  de Basse-Loire, en Bretagne et en Basse-Normandie à la métallurgie du bronze, caractérisant le tout premier âge des métaux, souche de nombreux bouleversements.


Le Chalcolithique, véritable concepteur d’un réseau de  voies de communications, et ce,  il y a à peu près 4000 ans avant l’établissement des Romains en Gaule. 


Si les communautés du Néolithique de nos régions avaient à leur disposition les matières premières indispensables au quotidien, localement l’argile, le bois, les os, la corne, la pierre, l’approvisionnement en général de la nourriture ne posant aucun problème, en revanche d’autres matériaux et produits devaient toutefois être recherchés ailleurs. 

Certains outils en silex découverts en Sarthe :sont spécifiques à des lieux d’extractions bien précis :  silex roux du Grand Pressigny, silex gris foncé de Trouville, silex de Vion . 

L’analyse de haches en cuivre, puis en bronze permet de décrire les cheminements de la matière première et les éventuels contacts avec d’autres communautés : ainsi pour le silex les sources d’approvisionnement variaient de 20 à plus de 150 km, pour le cuivre les mines de La Haya en Pays Basque espagnol, l’étain de l’ îles Wight outre Manche. Par le biais d’échanges avec des colporteurs qui circulaient avec des caravanes de marchandises, ou par contact direct avec d’autres communautés de  l’estuaire de la Loire, du  Sud Bretagne, ou de la Basse-Normandie, les habitants de ce qui devait devenir le département de la Sarthe ,  pouvaient utiliser des objets métalliques, se parer de bijoux réalisés autre part. 

L’évolution de certains grands groupes culturels du début du Chalcolithique du Centre de l‘Europe, essaiment dans tout l’Ouest Européen, d’où l’apparition dans nos régions de  «  Centres métallurgiques individualisés par une gamme d’objets précis », distincts d’un point de vue typologique, allant de la petite bijouterie aux outils pesants, comme des haches marteaux ou des haches à tranchant en croix.

Les nombreuse découvertes archéologiques dispersées dans le département de la Sarthe, démontrent que les grand blocs culturels du Néolithique ont largement couverts notre région, ce qui prouvent que les hommes, les biens et les idées circulaient, et circulaient même beaucoup non seulement à l’intérieur de notre territoire, mais également et surtout sur de vastes distances.

L’Archéologie, semble éprouver de sérieuses difficultés à percevoir ces courants de circulation, l’esprit obnubilé principalement par les mythiques «  voies romaines », semblant ignorer des tracés antérieurs. 

Tout au plus peut-elle des déduire et les restituer à partir de l’étude des fragiles vestiges Préhistoriques et Protohistoriques, mis au jour par des fouilles. Ces courants d’échanges sont attestés au  travers des divers objets répandus sur de très étendues de notre sol.

 La Sarthe étaient au point de contact des aires respectives de la Normandie, de la  Bretagne et de la Basse-Loire. Il est incontestable, si l’on prend en considération la provenance les trouvailles archéologiques  découvertes en Eure, Orne, Mayenne, Ille-et-Vilaine, Morbihan, Loire-Atlantique, Vendée, Indre-et-Loire, que les habitants de ces contrées avaient des contacts avec des communautés de cultures éloignées de la rive droite du Rhin. Les nombreux objets trouvés témoignent de leur origine, de leurs incessants déplacements. 

Guécélard, point de franchissement de cours d’eau par une voie terrestre très importante,  est tout marqué particulièrement par ces courants d’échanges à grandes distances. Sans aucun doute, les liens tissés avec d’autres villages, avec d’autres peuples, avec d’autres cultures, il en  subissait incontestablement l’influence. Les données actuelles de ces découvertes, dévoilent l’existence de contacts directs et d’échanges commerciaux fonctionnant à différents niveaux et à des distances plus ou moins grandes, incluant évidemment la circulation des idées, ce qui contribue, par le jeux d’influences mutuelles plus ou moins fortes, à la perpétuelle mouvance des cultures humaines.  

On a pu reprocher aux ouvrages d’histoire destinés à un vaste public de ne s’intéresser qu’aux événements de la Gaule romaine - gallo-romaine . Ils serait absurde de méconnaître ces derniers, cet ouvrage n’a pas vocation à les ignorer. L’archéologie façonne elle aussi l’Histoire, elle valide les documents d’archives, transforme la vision et propose à l’esprit de nouveaux champs d’investigation. La  réalisation de ce document, a voulu aborder des domaines variés de l’Histoire qui se perd dans les brumes du passé , pour donner au lecteur des repères lui permettant de se situer au sein de la longue  et fascinante aventure humaine de notre région, et plus particulièrement notre commune. Il repose essentiellement sur des documents authentifiés par des découvertes archéologiques. La montée des échanges commerciaux tout autant que l’amplification de la circulation des informations culturelles en ces temps lointains, nous font percevoir la nécessité de cibler au plus large. 

La Carte Archéologique de la Gaule - La Sarthe - 72 ( Pré-inventaire archéologique publié sous la responsabilité de Michel Provost, sous l’égide du Service Régioanl de l’Archéologie des Pays de Loire ), p. 57, et un document précieux et nous apprend,

« le premier âge du fer et, plus précisément, l’extrême fin de cette période montre une occupation 
« humaine durable et une évolution sur place jusque dans l’époque gallo-romaine. Ce fait est notable 
« pour les gisements découverts sur la commune de Vivoin c’est à-dire la Petite Nèmerie, la Fosse. 
« D’autres sites tels que Vivoin le Chmap Rouge et Neuville-sur-Sarthe, la Balochère ont leur origine 
« à la fin du premier âge du fer.
« Les sites de Vivoin, la Fosse et la Petite N2merie, Neuville-sur-Sarthe, peuvent résumer à eux seuls 
« la nature d’occupation du sol. L’on constatez ainsi la mise en place, au cours du Vème siècle avant 
« J-C. de chemins qui structures le paysage, et d’enclos quadrangulaire…….. »

Croquis de l'enclos quadrangulaire de " La Forterie " .*


Le destin enroule son collier autour de nos existences….


Nos Ancêtres du peuple gaulois : les Aulerques dans leur migration vers l’ouest, dont la datation est fixé au Hallstatt final, vers -550-500 ans avant notre ère, empruntèrent sans nul doute son itinéraire, puisque les Ebuvorices s’installèrent dans la région d’Evreux, les Cenomans dans celle du Mans, et les Andes s‘établirent en Anjou dans la région d‘Angers, c’est à-dire sur cet axe devenu indispensable à la sauvegarde de leurs liens ancestraux, et leurs échanges. Si  le mot chemin est un mot essentiellement gaulois, il ne faut pas oublier que nos Ancêtres ont inventé le char, le chariot, la charrette, à deux et quatre roues, ils étaient d’excellents charrons , et les meilleurs chars romains étaient fabriqués en Gaule. Dans la Gaule pré-romaine, on circulait beaucoup et vite, cela nécessitait évidemment des voies carrossables en excellent état, et suffisamment large pour que l’on puisse se croiser et se doubler ; cela nous avons une fâcheuse tendance à l’oublier, l‘esprit obnubilé par les mythiques voie romaines. Il est vraisemblable que ce chemin se soit superposé au chemin du chalcolithique existant.

Une question discutée à l’infini : y a-t-il  eu des gaulois à Guécélard ?

Certaines « trouvailles » semblent valider une présence assidue.


L’étude du gaulois c’est, essentiellement la pratique de l’étymologie.


Singulière destinée que celle de nos Ancêtres : ici insoumis, là chassés, néanmoins ils ont légué à la postérité,

- Aliziers, attesté en 1199 - Alisi, dérive du gaulois Alisa, qui signifie l’arbre caractéristique de la maison ; a donné le nom d’un homme d’origine gauloise Alisios.

- le Cassereau, nom attesté vers 1080, dans un acte de 1642 - Cassen. Dérive directement du gaulois cassâno. Le mot latin quercus qui désigne le chêne, n’a pas pénétré en Gaule, cet arbre était sacré. En vieux-Français chasne est issu de cassano. Cassereau, peut être traduit en celte cassano-magos soit champs de chênes, autrement dit : une chênaie.

- la Citrie, attesté en 1225 - Citri, dérive du gaulois Cithio qui signifie vivant, par analogie lieu où l’on vit. Selon l’étymologiste W. Kaspers, nom d’un homme gaulois Citus. 

- la Gendière, dont la racine Gen, dérive du gaulois Genos qui signifie lignée, 
famille, avec le suffixe du XIIème siècle - XIIIème -ière défini un bien, domaine, on peut intégralement traduire bien appartenant à la tribu ou  par analogie : domaine  appartenant à la lignée, la famille. Cours de littérature celtique - VI, p. 166-177

- Château-Gaillard, attesté seulement au XVIIème siècle, qui pourrait être plus ancien. Selon M.Th. Morley du C.N.R.S. émane du gaulois : Galia qui signifie fort, dans la topographie est associé à Château.

Selon une rumeur locale, des Vendéens y auraient séjourné en ce lieu le 9 décembre 1793, la nuit de leur entrée au Mans ? Cette propriété a été reconstruite et modifiée par Monsieur Guet, vers les années 1882.

- Longue Lande, attesté en 1170 - Landa,  dérive directement du gaulois Landä qui désigne un terrain découvert non utilisé, précisé dans la topographie par un qualificatif. 

dans notre vocabulaire quotidien, des mots essentiellement gaulois,

« …..alouette, ambassade, ardoise, benne, barque, barrière, bec, borne, bouche, bruyère, cercle, 
« char, charpente, chemin, cheminée, craindre, crème, drap, landes, petit, saumon, savon, tonneau, 
« ….cette liste n’est pas exhaustiveun véritable dictionnaire de la langue gauloise existe » .

dans notre patois local,

« …batinne = grand rateau ; enheudé = entrave pour des animaux ; oeblé = très étonné, qui se 
« frotte les yeux pour s’assurer de…. ; chaîntre = partie non abourée, où l’attelage tourne ;  plesse = « plié, d’où clôture de branchages entrelacés ;  charrière = passage de charrettes ; treuliè = « courir 
« çà et là ; queniau = enfant  ; lien = attache pour animaux ; flanbeyer = nettoyer….etc ».

- le Jarrier, mot apparu dans un acte en 1184, on trouve en 1595 - Jarriay, en 1697 - Jarries. La racine Jarris en vieux-Français, désignait des formations épineuses. Selon Henri d’Arbois de Jubainville, origine pré-Celtique, probablement indo-européenne, désignant une friche où ils ne poussent que des broussailles.

- Seunay, nom attesté vers 1150 - évolution du nom du XIème siècle au XIVème : Senei - Seney - Seunay. 

Cours de littérature Celtique - VI , p. 179 à 181 selon Henri d’Arbois de Jubainville, la racine « Sen » origine pré-Celtique, vraisemblablement indo-européenne, qui a donné la racine celtique : Senos - Sainacus : nom d’un homme d’origine gauloise.


Du VIème siècle av. J.C. au Ier après J.C.
à la lumière des mégalithes,


Bien avant l’arrivée des Romains,  les  Gaulois  eurent  des  relations  commerciales  suivies avec  les Étrusques, puis avec  les Grecs dont ils subirent l’influence sociale et culturelle. 

Rome prit le relais, mais en imposant armées, colons et provinces, réduisant  les autochtones, nos Ancêtres les Gaulois, à ce qu’ils auraient dû être selon elle. C’est cette apparence qui est passée à la postérité, on en a occulté la brutalité de la mise en application. Pourtant ce changement ne constitua pas en soi une rupture, il se borna à donner une tout autre dimension aux relations économiques et aux contacts culturels. Aujourd’hui, la Gaule pré-romaine réapparaît dans sa vérité, la connaissance permet de la considérer avec exactitude sur une longue durée, c’est à-dire sur un large demi-millénaire de commerce, passant par de subtils accords politiques symbolisés par des cérémonies , les échanges avaient dépassé l’ajustement de l’offre et de la demande . Ce qui veut-dire qu’il est nécessaire de rompre le cercle magique, de la romanisation.

Monnaies gauloises en bronze - 1 Vercingetorix - 1er siècle ; 1 Parisii - 2ème siècle .


Peut-être a-t-on un peu trop facilement, décidé qu’avant les Romains il n’y avait rien.

Il ne faut quand même pas oublier, qu’à la fin de l’âge du bronze, c’est à-dire un peu moins d’un millénaire avant la colonisation de la Gaule par les romains, les Grecs commencèrent à accéder à l’occident du monde connu, et découvrirent une civilisation atlantique exceptionnelle, dont l’étain en était manifestement le fondement, mais, concentrant leur attention et leur intérêt sur le fabuleux métal, ils en oublièrent tout le reste. Cela dit, nous comprenons mieux l’acharnement des explorateurs Grecs à disputer aux Phéniciens l’accès de ce monde. Une certaine circonspection s’impose quant aux descriptions de Polybe.

Plus tard , lorsqu’au fil des siècles, ces relations furent répétitives, devinrent plus en plus fréquentes et suivies, utiles et très largement commerciales selon des itinéraires bien établis, ils n’envisagèrent pas de créer des colonies sur cette façade atlantique qui évoquait la couche du Soleil, sa mort. Par la Maine, puis la Sarthe jusqu’au Mans, par un chemin de terre on pouvait rejoindre la  rive gauche de l’embouchure de la Seine - Vieil-Rouen ( point de débarquement du minerai d’étain sur le continent ). 

De nombreuses trouvailles archéologiques jalonnent cet itinéraire, visibles dans les différents musées des villes concernées. 

Dans notre région proche, il est matérialisé par le dépôt monétaire d’Allonnes , point de rupture de charge sur la Sarthe - où le transbordement s’effectuait. L’itinéraire mixte reliait la Manche à la Méditerranée, par portage entre Seine et Sarthe, voie d’eau par la Sarthe, la Maine, la Loire jusqu’à Roanne, portage entre Loire et Saône-Rhône, Marseille.

Les monnaies gauloises d’Allonnes ( Sarthe ) et l’axe commercial Manche-Méditerranée
Actes du 91éme congrès national des Sociétés savantes - I966.

Les voies de communications entre pays de Méditerranée et pays de l’Atlantique au Moyen-Age
de Y. Renouard - Mélanges , L. Halphen - 1951 , p. 587-594

Acte du colloque : Géographie commerciale de la Gaule - Caesarodum, 1977 - n°12 (  2 vol. )
Numéro spécial 

Les péages sont indissociables des activités commerciales en Gaule avant la conquête. Il est fortement probable, selon des Historiens authentiquement reconnus, que les Aulerques Cenomans, vers le Vème siècle avant notre ère, s’établirent de part et d’autre du « Grand chemin », reliant l’estuaire de la Seine, à l’embouchure de la Loire, et sur le cours de la rivière Sarthe, pour avoir la faculté de prélever un «  droit de passage » ;  source appréciable de revenus.

Cette taxation semble apparaître lorsque les marchandises commencèrent à circuler régulièrement par eau et par terre. 

Les populations riveraines qui exigent du marchand transitant sur leur territoire, le paiement d’un droit pour le libre passage, s’engagent en contre partie à lui accorder protection et sécurité sur toute la traversée du dit territoire.

Potins gaulois.


En dépit de l'obscurité et de la rareté des sources, l'archéologie et la toponymie constituent à coup sûr les meilleurs moyens d'approche pour apprécier l' exactitude des rumeurs plus ou moins tenaces, quant aux ou à l'éventuel passage de Romains à Guécélard. Quant aux " trouvailles " de fragments de poteries gallo-romaines; il importe de ne jamais perdre de vue les limites ponctuelles de leur authenticité..


























Dague gauloise du 1er siècle.


Il n'est pas sans intérêt historique, de constater le nombre de noms d'origine germanique  tant sur le territoire communal de Guécélard, qu'aux abords immédiats de celui-ci Ponthibaut, Parigné-le-Polin......celui de Buffe, de Mondan, sont tout particulièrement déterminant - évidemment celui de Guécélard lui--même. Ils n'indiquent pas des colonisations directes, mais révèlent un fait de civilisation à peine moins significatif.

La toponymie détermine la  valeur probatoire attribuée en matière de peuplement de chaque lieu, où l'homme fait l'objet d'un examen historique, s'ajoutant aux sources archéologiques, validé  par une étude linguistique. Chaque cas est à envisager séparément, et seules les règles générales peuvent s'imposer, nuancées par les cas particuliers. Elles se révèlent souvent très différentes selon que l'on cherche à déterminer une aire linguistique ancienne, quelquefois antique, ou plus simplement une aire de civilisation.

On sait maintenant que quelques villages, issus de hameaux n'existaient pas antérieurement à l'époque gallo-romaine . L'archéologie, ne nous informe pas ou très peu sur la période entre le Néolithique et ce qui dénommé " les Invasions des Barbares ", seuls l' étude, et les examens approfondis des " Nécropoles mérovingennes" nous dévoilent, des informations fiables.

C'est vers le IIIèmz siècle / IVème que Guécélard, semble apparaître véritablement daans l'Histoire, celle évidemment avec H majuscule. Si le nom n'est pas implicitement cité, par contre un lieu-dit apparaît dans des documents du " Fond ancien de Belin ".


























Lame de poignard, et boucle de ceinturon mérovingiens.


Le fief, devenu la seigneurie de Buffe,  a été cité dans de nombreux actes, et textes dès le VIIIème siècle sous la dénomination de " Communauté de Buf, puis Buff, et Buffe", avec ou sans ( s terminal ).

:Buffes, un nom rond, un nom qui s’exprime dans un souffle : tout en harmonie. Il aurait pu avoir une origine onomatopéique.

Le Centre National de la Recherche Scientifique, nous apprend que « Buffes » est qualifié de : vieux mot, d’origine obscure - qui n’est ni Indo-européen, ni Celtique, ni Grecque, ni Latin, ni Germanique ; dont la racine cependant est : Buf.

Cette racine Buf - Buff  - cité dans un acte daté du 19 février 1259.  exprime selon des dictionnaires étymologiques : pour les uns, un gonflement des joues, puis le bruit de l’expiration, pour d‘autres, la partie du casque comportant un gonflement protégeant les côtés du visage.

Le Glossaire sur les dialectes Germaniques et Nordiques de Jean Renaud, Bibliothèque Nationale de Paris, et les études de Lucien Musset, nous dévoilent :

Buf - Buff émane directement,
- du vieux Saxons
- du vieux Scandinave - Budh ou Smidfjududf : dh selon la loi dite de Verner, donne f par mutation consonantique - phénomène phonétique historique appelé métaphonie
a donné en vieux Français Beuf.

Ces mêmes sources nous révèlent, que ce mot désigne dans ces deux dialectes :

Un abri, s’apparentant à un baraquement, à un logement construit en bois , souvent en troncs équarris, sur une assise permanente de « briques » en tourbe extraite d’une terre humide et argileuse, appelée « molle », d‘où le nom de « Mollière, désignant un lieu où l‘on extrait la molle ». La couverture était souvent faite de bottes de roseaux ou de genêts serrés, quelquefois la voile du bateau était utilisée. Elle pouvait abriter une vingtaine d’individus, deux Budhs étaient donc nécessaire à l’hivernage d’un équipage complet.

Le C.N.R.S, nous apprend que ce type d’habitation était édifié par les équipages de « drakkar » saxons lorsqu’ils hivernaient en pays étrangers, loin de leurs bases.

L’examen de textes paléographiés du Xème siècle et du XIème, fait ressortir l’évolution de la prononciation et des particularités dialectales :

Beuf - Beuff -Buffve - Befe - Buf -Buff - Buff - Bufe - Buffe ( s )

Beuf - Beuffe - Buffve
Chronique de Saint Denis
Manuscrit latin de Sainte Geneviève, folio 213d

Bufe
Renaud de Montauban

Bufe - Buf -Buff
Bibliothèque Nationale de Paris.
Cartulaire de Ponthieu
Manuscrit 10112 - folio 7 verso : fond latin

Bufa, que l’on trouve cité dans de nombreux  actes aux Archives Départementales de la Sarthe, est devenu Buffes.

Ce mot vestige du passé, est également un  authentique témoin de notre patrimoine, quelque soit son importance, il a une valeur infinie, puisqu’il jalonne inexorablement le temps écoulé, et va nous entraîner dans un passionnant voyage à rebours

Si les origines précises de Buffes restent incertaines, certains points et non des moindres, apparaissent dans des actes de la fin du Xème et du tout début du XIème siècle. Un fragment de parchemin en bas-latin, nous éclaire sur l’existence d’une communauté rurale regroupant une « unité familiale » vivant sous une forme d’autonomie « ….Buf…in ripparia de Sarte…. » sur les bords de la Sarthe.

Une mention,
« …..illisible…nus de Bufain terra ex altera vero parte aque …. ( la terre  de l’autre côté de l’eau )
«…….unam terrea et pasnagium in suis silvis de propiis  porcis…..
«…. Testes ( témoins ) ….R; dus de Susa ; Rotgerius folio Gaut…… ; Fulcodius scriba….. ».

La position du site médiéval de Buffes est  incontestablement liée à sa relation avec l’élément liquide de la grande rivière : il définit un choix d’établissement dit « en rive », à proximité d’un point de franchissement multi-séculaire de la grande rivière.

Le nom…..un vestige d’une surprenante épopée


Est-il utile de sortir du sujet ?

La quête d’une meilleure approche nécessite parfois de cerner très largement ce sujet.

Dom Paul Piolin dans sa remarquable Histoire de l’Eglise du Mans, nous relate comment les Saxons se sont infiltrés dans le dispositif Gallo-romain au IIIème siècle et au IVème, implantant des colonies durables dans la Normandie,  en bord de Loire et de la Maine, dans le  Haut-Maine. Ce fait est attesté par de nombreux documents d’Archives départementales  du Calvados, du Maine et Loire, de la Sarthe. Ces invasions sporadiques préfiguraient celles des  Normen’s - hommes du Nord, de 861 à 882 - …..Normanii,  dans d’autres textes « …piratae Danotum… », plus connus sous le nom de : Vikings = en dialecte scandinave  : vikingar.

Les Saxons surgissent dans l’Histoire vers la fin du IIème siècle ( Ière alerte sous l'empereur romain Marc Aurèle de 161 à 180 de notre ère ), et se découvrent une vocation maritime, qui les conduisent inexorablement à une migration ( Ière apparition historiquement authentifiée 286 ).

- conséquence d’une surpopulation entre l’Elbe et l’Ems,

- exhaussement du niveau marin qui submerge les grasses prairies  de ces éleveurs de bestiaux, hors du commun ( entre le Ier et le IVème siècle de notre ère , le niveau moyen général marin se rehaussa de 2 mètres 40 ),

- l’appât des richesses de  l’empire romain d‘occident. Les crises permanente du IIème siècle de l'armée romaine ouvraient inexorablement aux Saxons des  perspectives inespérées.

* ils avaient atteint un stade très perfectionné dans la construction marine, avec l'assemblage des planches avec des clous de fer.

Nous nous sommes amplement  documenté et  inspiré de la Chronique Anglo-Saxonne - Anglo-Saxon Chronicle de B. Thorpe.

Ils exploraient tous les cours d’eau  à bord de petites embarcations légères, en peaux d’animaux tendues sur une structures en osier, et choisissaient les meilleurs emplacements le long de la vallée d’un grand cours d’eau : là où il y avait une possibilité de créer des herbages, pour s’implanter et dans de nombreux endroits faire souche avec une femme du pays. Éleveurs expérimentés, vêtus de peaux de bêtes, ils se nourrissaient de laitage ( lait -beurre - crème - fromage ), de viande de porc, et de poissons ( frais - séchés - fumés ). Ils connaissaient  et utilisaient l’inertie thermique de la terre, dans la construction de tous leurs bâtiments.

Les Chroniques de Saint-Bertin, signalent qu’au cours  du IVème siècle, après l’installation d’une importante colonie de Saxons dans le Bessin  ( région de Bayeux ), ils s’implantent et colonisent l’Anjou et le Saosnois ( région de Mamers ) - « …le Sonnois, les gens du pays les surnommaient : hommes aux longs couteaux…. ». En 565, Fortunat décrit les Saxons fidèles de l’évêque de Nantes. L’expansion terrestre se fait méthodiquement par une progression  le long  des affluents. Leurs embarcations admirablement profilées, étaient capables de naviguer pratiquement  dans des cours d’eau de profondeur ridicule, selon de récentes études réalisées par le C.N.R.S. sur des épaves retrouvées dans la vase:de l’estuaire : le tirant d’eau était de 0,90 à 0,95 en pleine charge - soit environ 18 tonnes : représentant 35 à 40 hommes avec marchandises et équipements, ou 20 hommes et des robustes petits chevaux scandinaves.

Les cours d’eau n’étaient qu’une voie facile, rapide et silencieuse vers l’accès d’un objectif terrestre ciblé. Outre la ruse, la sûreté du coup d’œil, l’extrême promptitude à réagir, ils possédaient la science infuse de la complexité de la navigation sur une rivière. Excellents cavaliers, ils nourrissaient une véritable passion pour les chevaux, et vénéraient leur monture.

La civilisation saxonne repose exclusivement sur une activité sylvo-pastorale, qui représente l’unité réelle de la base communautaire. Ce groupement de type familial se fonde sur les liens du sang et de l’alliance : ils sont sacrés.

Une communauté rurale au Moyen Age était considérée comme une enclave dans le fief suzerain, située à l’intérieur des bois, pourvue d’une terre. Ses habitants devaient être liés ensemble par les origines, les coutumes, par les droits d’usage : la terre était un patrimoine commun. C’est l’élément principal qu’il faut travailler ensemble, qu’il faut défendre ensemble, ce qui resserre les liens : les membres de la communauté sont solidaires, ils sont compagnons comme à bord d’un navire.

L’installation d’un groupe venu d’ailleurs, régit par des lois naturelles et tacites, jugulant la violence, au centre desquelles se situe : l’honneur et l’exploitation du sol, apparaît en liey qui prit le nom de Buffe.

























Château de Buffe en 1647 .


Un nom…..une tige…..une lignée…..

Aux Archives Nationales, dans des actes de 920 à 1015, sont mentionnés,
- acte d’échange : parmi les témoins - Rainaldus  Bufa
- acte de donation : deux témoins dont : Guarinus Bufa


Rodulphus de Budfa - Rainaldus de Bufa - Guarinus de Bufa - Walterius de  Bufa  ( 1057 ) - Hugo de Bufa ( 1089 ) - Beringerius de Bufa ( fin XIème ) Chrétien de Bufa ( 1109 ) -  Christianus de Bufa ( 1150 ) - Guillelmus de Bufa - Raginaldus de Bufa  ( 1239 ) -  Ragerus de Bufa ( 1289 ) - Huet de Buffe ( 1384 ) - Jauqet de Buffes ( 1407 )....etc.....Hubertus de Bufe ( 1587 ),

Le 31 mars 1399, Jacques 1er de Maridort, écuyer, qui avait épousé en 1370 Marie Becquet, fille de Guillaume Becquet, seigneur de Vaux depuis le 5 ami 1368 ; rendit aveu à Louis II, roi de Jérusalem, comte d’Anjou, baron de Château-du-Loir pour sa châtellenie de Vaux, relevant de la tour Ribandelle du Mans,

« Ses domaines…….500 journaux de landes près de Pont-Tibault ……..les  boys, les landes et les 
« bruyères nommées landes d’Antenaises ( s’étendaient  à gauche du  chemin qualifié de Grant 
« chemin de Pont-Thibault  à Fillé - plan terrier du fonds de La Baussonnière ). Parmi ses 
« vassaux….Jehan d’Averton, seigneur de Belin pour son chasteau et son hébergement fortifié…..; le 
« maître de l’église collégiale de Coëfort pour la métayrie du Petit Vivier ; la communauté rurale de 
« Buffe……; pour toutes « ces chouses, il reconnaît devoir….».

« …..foy lige, plaige gaiges, droict et obéissance, et deux chevaliers  d’oust ( en clair - l’Ost - est le 
« service militaire dû par tous les hommes libres )…suffisant montez et armés à….( à servir 
« pendant quarante jours « tout équipé, à ses frais et dépens ) ».

1404, le 14 janvier, aveu rendu à Jehan d’Averton, seigneur de Belin, par Jehan du Bouchet, seigneur de Buffe pour «…..son habergement et sa terre …….de la seigneurie de Buffe ».



un autre cas marquant dans l'historiographie, existe à Guécélard,


Moondaon, devenu…….Mondan
un nom noble….…..dans l’espace du temps……

Une éternelle histoire d’amour, entre un site naturel, 
et une rivière : la Sarthe
un havre de paix, se découvre………

Nous avons remarqué au cours de nos investigations, les variations orthographiques du nom de « Mondan », quelquefois au sein d’un même texte. En examinant attentivement des actes originaux manuscrits, dont quelques-uns en bas-latin aux Archives départementales de la Sarthe, du Maine-et-Loire, du  Loiret, et les Archives Nationales de Paris, nous avons constaté dans les différentes  citations de ce nom, l’absence de la lettre « t » s’interposant entre le « n et le d ».

Ce petit détail, revêt une importance particulière ; il élimine d’emblée l’éventualité  d’une quelconque hauteur naturelle ou artificielle en ce lieu :  Mondan. Il  n’y a jamais eu, semble-t-il une « motte féodale » en cet endroit, pour preuve les photographies aériennes  ( 1939 -  I.G.N. ). Toutefois l'existence d'un " éperon barré protohistorique ", n'est pas exclure. Malheureusement le bouleversement permanent du terrain, semble interdire définitivement une quelconque " trouvaille " en ce sens.

L’analyse des photographies aériennes de  différentes  époques antérieures à 1970, les plans terriers des fonds anciens des Perrais, de La Forterie, ou de l’abbaye de Saint Mesmin d‘Orléans ( Prieuré Saint Pierre de Parigné ), n’autorise pas d’imaginer la présence  d’un château fort à cet endroit, dans le sens de la vision historique actuelle  que nous pourrions lui donner.

Toutefois, à la lumière des informations de  plusieurs documents, se recoupant,  émanant de  ces mêmes sources, on peut avancer l’existence d’un « robuste castelet en bois » suffisamment vaste pour héberger pendant un certain laps de temps, la population du hameau voisin, et leurs animaux,  dès le haut Moyen Âge.

Selon ces mêmes documents, il apparaît que ce point « fortifié », était inséré dans le système défensif occidental de la Neustrie, dans la  première moitié  du VIIIème siècle, c’est à-dire comme l’a écrit Georges Duby « la France tout court ». Cette position a été vraisemblablement renforcée dans la seconde moitié  du IXème siècle.


Maison forte de Mondan vers le Xème siècle - Dessin réalisé à la plume et à l’encre de Chine par A.G., suivant un descriptif de la B.N.F. de Paris .



Suite aux accords d’Entrammes en 863, entre Charles II dit le Chauve, roi de France, et le duc de Bretagne Salomon III - Salaün, les limites de la frontière orientale de la Bretagne furent repoussées et déterminées par la rive droite des rivières de la Sarthe et de la Maine, Fresnay-sur-Sarthe, Le Mans, La Suze, Malicorne, Sablé-sur-Sarthe, Châteauneuf-sur-Sarthe devenaient ainsi, jusqu’à la fin du siècle, des cités frontières.

Un nom qui n’est pas un fait du hasard

Pierre Miquel a écrit,

« La toponymie bien souvent renseigne sur la nature des premiers temps, devenue une science de 
« réflexions sur les noms de lieux, comme matériau de l’histoire »

Le seul nom de Mondan, permet de s’immerger dans les brumes de l’histoire. Juché , sur la rive surélevée - alt. +45, témoignage authentique si besoin est des dernières périodes interglaciaires, à la confluence de la petite rivière le Rhonne et de la grande rivière la Sarthe, cette appellation à elle seule désigne le site géographique, et définie son étymologie.

L’analyse des noms de Mondan et de Coelhard démontre que ces lieux ont été occupés vers la même époque , par des hommes de la même ethnie.

Le nom est notre mémoire,

Les vestiges ont disparu, l’étymologie subsiste.

Dans le nom de : Mondan, la racine est sans aucun doute « Mond », qui découle directement de « Mund. », émanant de «  Mundo - Munder » qui signifie en vieux-haut-Allemand : «  bouche », par analogie «  embouchure » dans le cas spécifique d’un cours d’eau.

On trouve d’ailleurs dans un acte de l’abbaye bénédictine de Saint Mesmin, du  IXème siècle : Moondon,

« …..homo ligius de  Moondon….. », transcription phonétique, le scribe de l’époque, a écrit précisément, ce qu’il entendait.

L’examen paléologique de ce texte, nous apprend : homme lige de Moodon - prononcé Moundon, désigné en fait un possesseur de fief à Mondan.

Le suffixe « -an », est un suffixe diminutif, pris  dans le sens de « petit » ; il a énormément varié du  XIème siècle au XVème, en fonction de l’évolution de la langue française : du Roman au vieux-Français et de son sous-produit populaire

- nous trouvons : -oun ; -on ; -aon ; -aan ; -an

Mondan, signifie dans sa traduction intégrale : bouche petite, plus précisément, en Français pur : petite embouchure, ce qui  donne par analogie : embouchure de petite rivière.

Le Rhonne n’est-il pas une petite rivière, comparativement à la Sarthe ?

Mondan, désigne comme une étiquette, l’endroit où le Rhonne conflue avec la grande rivière Sarthe.

Cette analyse met en évidence : les lieux de Mondan, du Gué Coelhard,et de Pont Thiebault, la souche de ces noms ayant la même origine, on peut envisager, qu’ils ont été occupés vers la même époque, par des individus de la même ethnie.
«  le nom d’un lieu, est le fossile de ce lieu »

Un nom de lieu topographique….devenu le patronyme d’une lignée,

Au travers de ce qui précède, et comme nous l’avons déjà écrit, et sur lequel nous allons insister, on peut avec une quasi-certitude entrevoir une véritable structure féodale du patrimoine terrien à Guécélard, au lieu-dit de Mondan, à caractère rural, constitué par le lieu de résidence permanent; dont le nom a servi de surnom à tous les occupants qui s’y sont succédés, devenu le patronyme à tous les membre du lignage,

- Rotgerius de ( nous avons Moondaon en 995 et Moundaon en 1064 ),
- Rainaldus de Moundaon, son fils en 1071,
- Godefridus de Moudon en 1076,
- Rainaldus de Moudaon en 1145,
- Roscelin de Moondan en 1180, cité dans ine Annale de Philippe Auguste,
- Elynando de Mondan en 1216,
- Guillelmus de Mondan en 1239,

Nous avons cité dans des actes d’une annexe du Cartulaire de Saint-Mesmin de Micy, un ( Robertus de  Moudaon en 1052 ), un ( Gaudinus de Moundaon témoin dans un acte de a châtellenie de Veau en 1102 ), un (  Dominus Huguetus de Moundon en 1246, et son fils  Ragerus témoins dans un acte de donation au Prieuré du Fessard ). Nous n’avons pas à ce jour, positionné ces seigneurs dans la chronologie des seigneurs de Mondan.

Il semblerait que le nom de cette lignée de seigneurs de Mondan se soit arrêtée vers la fin du XIIIème siècle, faute de descendants males.

Le terme « Dominus » désigne vers le XIIIème et le XIVème siècles un  seigneur d’une certaine importance, il va se transformer dans les textes et en français courant en «  messire » ; de même dans les logis seigneuriaux ou dans leur transformation la pierre va faire son apparition. Ce n’est que vers le XVIème siècle que les «  bardeaux » de châtaigniers vont remplacer le chaume.

Les « Chroniques des Ducs de Normandie » de Benoist de More - t.IV, dans les listes des seigneurs du Haut-Maine ayant accompagné Guillaume le Bâtard ( qui de portait pas encore le surnom de Conquérant ), dans son épopée d’Outre-Manche ; on trouve deux frères du nom de Moondan au débarquement dans la baie de Pervensey le 28 septembre 1066 ( Rainaldus et…..difficilement lisible..Garterius ou Gaudinus…? ). L’un des deux figure parmi les tués à la baaille d’Asting, nous n’avons pas de validation de ce fait, l’autre aurait richement fieffé dans la région de Gacé/Saint-Pierre-sur-Dives….?


























Plan de Mondan en 1812 .




























L’Histoire  de  Guécélard, est l’Histoire de ce  chemin,

Pépin le Bref et sa troupe, à la suite d’une expédition malheureuse contre Hunauld ou Hunoald, duc d’Aquitaine, furent dans l’obligation de se replier et de solliciter la protection des murailles de la cité du Mancelle. Gauziolene, évêque du Mans, et son frère Karivius, virtuellement comte du Maine, sympathisants par intérêt de l’Aquitain, interdirent à Pépin l’accès de la ville du Mans. Affaiblit militairement, Pépin dû se résoudre à installer ses campements en pleine forêt du Mans ( forest dou Man ). Ces faits sont mentionnés dans un acte écrit au Mans , rédigé en juillet de l’an 751.

Nominoë, virtuellement duc des Bretons, à la mort de Louis 1er dit le Pieux, ne reconnaît pas la souveraineté de son fils le roi Charles II dit le Chauve, après s’être emparé d’Angers, remontant la vallée de la Sarthe à la tête de ses cavaliers Bretons en 844, remonte la vallée de la Sarthe et attaque Le Mans. En 850, à nouveau il occupe Angers, remonte par Durtal, La Flèche et s’empare du Mans, il fera de cette cité la plaque tournante de ses opérations. C’est au  moment de reprendre son offensive en direction de Chartres qu’il meurt le 7 mars 861.

De la présence bretonne au IXème siècle, 

- le Carreau, dans un acte de 833 - Caro. Selon le cartulaire de l’abbaye  bénédictine de Redon , un moine du nom de Caroth, se trouvait dans la suite de Erispoë II, fils de Nominoë, et aurait séjourné au Prieuré bénédictin de Saint-Pierre de Parigné.

 Dans une Chronique médiévale de Cottereau - IV, p. 18
« ….quand tu vouldras planter tes vignes, il fauldra les ordonner en carreaux et en chacun cent pies 
« de plantes… »

au Moyen Âge, le " carreau ", semble avoir représenté une unité de grandeur de superficie pour la vigne ?

- la Guérandière, on trouve Guerran en 854, dans un acte est cité  Gueranda. Dérive de la racine bretonne en qui signifie blanc, dans le sens de vide, Nom spécifiquement  breton désigne un champs en friche, le suffixe -ière a été ajouté vers le XIIIème siècle.

- Mortray, racine bretonne moch, en 861 mortref (s),désigne un lieu où vivent des porcs ou des sangliers, définit une exploitation spécialisés dans l’élevage des porcs.

Selon des  documents ecclésiastiques des Archives de l’Indre-et-Loire et de la Sarthe,

« ……un important pèlerinage, en hommage à Saint-Maclou existait au Guesellard depuis le Moyen 
« Age. Chaque année, le lundi de Pâques, les fidèles venus  de plusieurs lieues à la ronde, toujours 
« plus nombreux à venir prier……, et la dévotion à Saint-Maclow s’est perpétuée au Guescelerd 
« jusqu’en 1790.….. »

Suite à la paix d’Angers, en 863 le traité d’Entrammes ( Mayenne ) consacre l’apogée  de la toute puissance bretonne, ainsi qu’en témoigne les Annales royales de Saint Bertin. Salomon obtient du roi de France la cession  d’une partie de l’Anjou et tout le pays « Entre-Deux-Eaux », c’est à dire tout le territoire entre la rivière Mayenne et la rivière Sarthe. La frontière entre la Bretagne et la Francie est matérialisée par les rivières  la Sarthe et la Maine, ces deux cours d’eau déterminent la nouvelle limite orientale de la Bretagne. Fresnay-sur-Sarthe,  Beaumont-sur-Sarthe, Le Mans, Malicorne, Fillé, La Suze, Sablé-sur-Sarthe, Châteauneuf-sur-Sarthe sont devenues des cités frontières. Guécélard est désormais un hameau frontalier.

Entre Angers et Le Mans, le plat pays n’offrait aucun obstacle sérieux aux vagues déferlantes des cavaliers des forces combinées des Normands et des Bretons, de plus la rivière Sarthe présentait une voie de pénétration idéale aux bateaux nordiques à fonds plats, appelés « Knorr », plus connus sous le nom de « Drakkar, en raison des figures de dragons qui ornait la proue ». 

La ruse découlant du déplacement silencieux du bateau, la sûreté du coup d’œil, l’extrême promptitude à réagir, ils possédaient la science infuse de la navigation en rivière. L’Anjou et le Maine, en l’absence  de défense organisée étaient tout particulièrement vulnérables aux attaques des Normands installés dans les îles, et à l’embouchure de la Loire, depuis 843. Les Annales Royales de Saint Bertin font état de Westfaldingi, qui ne peuvent être que des Norvégiens du Wesfold, dont 67 bateaux remontent la Loire, et s’aventurent en exploration dans divers affluents dont la Sarthe, vers 842. Le texte précise qu’ils sont souvent associés avec des Danois

Le Grand Chemin Mansais offrait une excellente voie de pénétration, et le hameau du Gué Coelhard, eu le triste privilège de voir, de subir, ces pillards qui contrôlaient l’Anjou ( ils occupèrent le château d’Angers jusqu’en 873 ). 

De ce point ils faisaient peser sur le Maine une complète insécurité, ils furent interceptés par les comtes Gauzfrid et Hervé à la tête d’un groupe armé de Manceaux sur le chemin d‘Angers ; la troupe de Robert le Fort formée de contingents de  la Touraine et de l’Anjou et celle de Ramnulf II, comte du Poitou après avoir  fait leur jonction engagèrent le combat avec les Normands le 15 septembre 866 à Brissarthe, au nord d’Angers à une lieue de Châteauneuf. 

La bataille fut sanglante , les Normands subirent une cuisante défaite, mais les pertes du côté des Français furent très lourdes. La famille des comtes du Maine paya un lourd tribu : le comte Roricon II, Hervé son fils, qui semble être le cadet, le gendre Ramnulf 1er , comte du Poitou, furent tués lors des affrontements avec les Normands. 

L’année 886 est marquée par une recrudescence des expéditions normandes dans le Maine, remontant de l’Anjou et utilisant le chemin devenu « Voie d’invasions ». Veterum analectorum t. III, p.228-229.

Au IXème siècle, le Polyptyque de l’Abbé Irminon, évoque des charrois de vin d’Anjou pour l’Abbaye de Saint Germain des Près, passant par Le Mans, empruntant cet itinéraire.

Vers le Xème et jusqu’au XIIIème siècles le chemin n’était pas une voie déserte, Georges Duby, nous apprend qu’à partir de 980 , pendant la période dénommée : Optimum climatique, 

« …..une foule indéfinissable circule sur les chemins : vagabonds, filles publiques chassées des villes, 
« trafiquants en tous genres, repris de justice à l’affût d’un bon coup, déserteurs, moines, marchands 
« et colporteurs divers…. ».

Bien que n’étant pas nommément précisé, il n’en demeure pas moins, que le Grand Chemin d’Angers au Mans, transparaît dans les documents relatant l’enchaînement des événements qui vont se succéder pendant près de deux cents ans, du début du Xème siècle, à la première moitié du XIIIème ; avec en arrière plan la guerres dite de «  Cent ans ».

Dés le XIème siècle, le comté du Maine devient la proie des comtes d’Anjou, notre pays va connaître les déprédations des soldatesques angevines et du Maine tour à tour. Puis l’enjeu de deux dynasties puissantes naissantes, expansionnismes et rivales : l’Anjou au sud-Ouest, et le duché de Normandie au Nord, le Maine devient une proie facile par le biais du seigneur de Bellême. 

Hélie de Beaugency, plus connu sous le nom de Hélie de La Flèche, fils de Jean avait épousé Mathilde, fille de Gervais II de Château-du-Loir, de cette union est née Éremburge. Hélie devient Comte du Maine en 1093, héritier légitime par sa mère Paule, fille de Herbert 1er Eveille-Chien, petite -fille de Hugues III. 

Éremburge de La Flèche, ou plus exactement Éremburge du Maine épousa Foulque V dit le Jeune, deuxième fils, de Foulque le Réchin, comte d’Anjou, devenu héritier du comté à la mort prématurée de son frère aîné, en 1106. A la mort d’Hélie le 11 juillet 1110, Éremburge devint comtesse du Maine. 

En 1126, à son décès son mari Foulque V le Jeune devint comte d’Anjou et du Maine. Leur fils Geoffroi V dit le Bel, plus connu sous le nom de Geoffroi Plantagenêt, au départ de son père pour la Palestine devint en 1131, comte d’Anjou, du Maine et de Touraine. 

Josèphe Chartrou dans son ouvrage : l’Anjou de 1109 à 1151, a écrit que c’est à la passion de Geoffroi le Bel, pour la chasse et ses courses effrénées dans les landes de la forêt du Mans, qu’il doit cette appellation. Pseudonyme, surnom devenu synonyme d’épopée.


Le Grand Chemin Mansais devint alors la «  Voie des Plantagenêts »,


Geoffroi Plantagenêt épousa dans la cathédrale du Mans, à la Pentecôte , le 22 mars 1128, Mathilde l’Empeuresse, fille héritière de Henri 1er, roi d’Angleterre, duc de Normandie, petite-fille de Guillaume le Conquérant. C’est le dimanche 2 mars 1133 au Mans que leur fils Henri II est né, duc de Normandie en 1150, comte d’Anjou et du Maine en 1151, roi d’Angleterre en 1154, il mourut en 1189. Sur ses 35 années de règne, Henri II Plantagenêt, prince Français, n’en passa que 13 outre-Manche. Il fit d’Angers « ……où il faisait si bon vivre…. », la seconde capitale du royaume d’Angleterre.

C’est ce chemin que suivirent en 1189, Guillaume, archevêque de Reims, de Bourges et de Canterbury ; Philippe, comte de Flandre et Hugues , comte de Bourgogne, à la tête d’un important groupe d’écuyers, de chevaliers et d’arbalétriers, pour surprendre et intercepter Henri II, en Anjou. 

Le chemin dont nous parlons, fut historiquement inséré de 1126 à 1214, dans l’axe Angers, Le Mans, Bonneville-sur-Touques, Londres, il a été pour l’Histoire la « Voie des Plantagenêts ». Utilisé par les fils de Henri II, Richard 1er dit Cœur de Lion, roi d’Angleterre de 1189 à 1199. Puis par son frère Jean sans Terre qui lui succéda sur le trône Anglais de 1199 à 1216. Le 21 avril 1199, Jean sans Terre et ses compagnons partis de Fontevrault via La Flèche arrivèrent dans la soirée au Mans. 

Ce qui laisse à penser qu’au XIIème siècle, ce Grand Chemin Mansais était en parfait état, que l’on pouvait y circuler rapidement, et qu’il n’existait aucun moyen de franchissement de la Loire à Saumur.

En 1223, Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis, accéda au trône à l’âge de 11ans. Plusieurs seigneurs et non des moindre, sous l’égide de l’oncle paternel du jeune souverain, le comte de Bourgogne formèrent un complot, « une ligue ». L’un des confédérés, Pierre de Dreux dit Mauclerc « Mauvais clerc », duc de Bretagne,  certainement le plus dangereux, avait trahi le royaume de France en 1226, et était soutenu  par Henri III, roi d’Angleterre. 

En janvier 1230, la reine Blanche de Castille, accompagnée de son fils, à la tête d’une petite armée venant de Paris, par Le Mans gagna Angers, se dirigeant vers Nantes où Mauclerc c’était retranché. Charles 1er de France, frère de Louis IX, a été comte d’Anjou et du Maine de 1245 à 1285.

En août et en septembre 1329 par Le Mans,  le roi Philippe VI de Valois se rendit au prieuré de La Fontaine Saint-Martin fondé par  le comte d’Anjou, Foulque V, en bordure de la célèbre forêt de Longaulnay, se développant le long de la rive gauche de la Sarthe, en prolongement de la forêt du Mans.

Jean Froissard dans ses Chroniques royales décrit une chevauchée des Anglais en 1380. La Sarthe  constituant une ligne de défense pour les Français, ceux-ci avec l’aide des petits seigneurs locaux avaient obstrué les lieux de franchissement de la grande rivière. En garnison à Pontvallain, le 16 septembre 1380, une importante troupe de soldats d’outre-Manche, par Moncé-en Belin, essaya de traverser la rivière Sarthe à Arnage, puis à Fillé, suivant la berge jusqu’à Noyen, à la recherche d’un passage, ravagèrent Buffes, incendièrent Mondan, endommagèrent maisons, hameaux, églises dans leur fureur destructrice.

Une autre Chronique  en 1389,  détaille le retour destructeur des Anglais pendant un office religieux regroupant « ….quelques manants des alentours…., c’est la panique aux cris de …. veyssi les engleys….. ». Vers 1410, incapable de se défendre et d’être défendus, les petits paysans Guécélardais  avaient pris l’habitude de vivre au plus profond «….des breuils…. ».

Après l’assassinat manqué du Connétable Olivier de Clisson dans la nuit du 13 au 14 juin 1392, Charles VI, furieux contre le duc de Bretagne, qui ne voulait pas lui livrer Pierre de Craon, l’instigateur du forfait ; organisa une expédition punitive. Il quitta Le Mans, en compagnie de Louis d’Orléans, son frère, des ducs de Berry et de Bourgogne, ses oncles. Le roi conduisant une armée de 4380 hommes, se dirigea vers Angers le 5 août 1392, espérant prendre le repas de midi à Foulletourte ou au prieuré de La Fontaine Saint-Martin. Parmi l’escorte royale on note Guillaume de Sillé, chevalier bachelier, Guillaume de Souligné, Huet de Buffes et Jean de Vernie tous écuyers de la compagnie de Jean de Tucé.   

Selon Froissard, après Guessellard, dans les landes du Bourray, en dessous du village de Parigné, sous un soleil ardent,  et une  chaleur pesante,  dans  la poussière soulevée par les passages des chevaux à la suite d’un incident banal, le roi fut pris d’un accès de folie. Il tua quatre hommes dont Hue , chevalier de Gascogne. On le ramena au Mans sur une litière dans une charrette tirée par deux bœufs. 

Édouard III, roi d’Angleterre, possède toujours en France la province de Guyenne, et rêve de reprendre la possession de la Normandie, de l’Anjou, du Maine et de la  Touraine. En 1337, il essaie de répéter, mais à l’inverse, l’opération du Guillaume le Conquérant trois siècles plus tôt en se proclamant roi de France, et il entreprend aussitôt la conquête de « son royaume »…..

Ainsi débuta le période connue sous le nom de « guerre de Cent ans » qui durera avec les trêves jusqu’en 1453. 

Notre région va alors être, une nouvelle fois, le théâtre d’opérations guerrières, de chevauchées entraînant  la destruction des récoltes, causant la ruine et la désolation. La peur voisine avec la terreur, les gens fuirent, le pays se vida. Pour que la connaissance soit assurée en absence de vestiges, l’enseignement des textes s’avère indispensable, c’est ainsi que nous avons pu constater pour la seconde partie du XIVème siècle, une diminution des terres cultivées, conséquence d’une diminution de la population. Aux dévastations de la guerre, s’ajoutent les famines de 1339 à 1341 et de 1343 à 1346, les inondations catastrophiques du 1374. Misère et dépeuplement de notre terroir, livré aux déprédations de la soldatesque anglaise. 

À l’avènement de Louis III d’Anjou, comte du Maine en 1417, nouveau  retour dévastateur des soudards d’outre-Manche. Entre 1420 et 1428, les événements militaires sont confus, cette situation occasionne une certaine anarchie favorisant  la violence, le pays est mis à sac par des éléments incontrôlés des deux armées.

Charles VI reconnaît alors  le roi d’Angleterre comme héritier si bien que de 1422 à 1435, la France à deux rois : Charles VII, surnommé roi de Bourges, et Henri VI d’Angleterre à Paris. Suite au nouveau découpage politique, à la victoire des Français sur les Anglais à Baugé en 1421, puis à celle de La Gravelle ( Mayenne ), Guécélard se trouve placé une seconde fois dans son histoire à une frontière, la ligne virtuelle de démarcation du royaume de France dit de Bourges, avec la zone d’influence Anglaise.


Transport au XVIème siècle - Estampe de la Bibliothèque Nationale de France à Paris.


Rendez-vous avec l’Histoire de France,


Suite à l’assassinat du roi Henry IV, la convoi funèbre venant de Paris et se dirigeant vers le collège royal de La Flèche, après une étape à La Ferté-Bernard,

« ….passa sur le cousté du Man… ( empruntèrent sans aucun doute la  déviation )……..Le jeudi ils 
« vindrent a Gue cela……( se déplacèrent )….. Monsieur le comte de Negreplisse, Gouverneur, avec 
« une belle troupe de la noblesse, Monsieur le  Lieutenant Général avec les autres officiers de 
« justice….. »

arrivé dans la soirée du jeudi 3 juin 1610, en l’église  du Gué Ceslard, le coffret de plomb doré renfermant le cœur du roi Henri IV, reposant sur un carreau ( coussin  de soie noire ).

« …un grand nombre d’hommes, et de femmes de toute qualité s’en vindrent plus d’une lieue sur le 
« grant chemin, où ils devoient passer, bordant d’un costé et d’autre. Ils versoient plus de larmes, 
« que s’ils eussent perdu leurs plus proches et s’estime heureux de baisers ou touscher  le Carreau ou 
« reposoit ce précieux de post ; que fi quelque’un dentr’eux avoit la faveur de donner 
« un baiser…..c’est Gue-Ceslard qu’on passa la nuit ( és églises desquels estoit mis la nuit )…… ».

Veillé par le Père Armand, provincial des Jésuites et cinq autres pères de la même compagnie, par le duc de Montbazon, Fouquet de La Varenne, et une escorte de cavaliers. Transporté dans le carrosse, celui-là même où le souverain fut assassiné. Le convoi repartit le vendredi 4 juin 1610, pour arriver à La Flèche vers 10 heures.

Plan de La Flèche en 1647 .
Continuation du tracé rectiligne depuis Clermont avec traversée directe de La Flèche, et continuation  du «  Chemin Mansais », jusqu’à Bazouges-sur-Loir. Tout porte à croire que la future voie royale Paris / Nantes via Chartres, Le Mans profitera de cette portion pavée. L’itinéraire de celle-ci se superposera au chemin existant entre Guécélard et Bazouges.


Un rappel des faits, suite aux événements graves de février 1614, la régente, la Reine-mère alla présenter le jeune souverain Louis XIII dans les provinces pour ranimer le loyalisme. Venant de Nantes, sur le retour vers Paris, le monarque, sa mère Marie de Médicis, une brillante escorte dont Charles de Lorraine, duc de Guise, arrivèrent le jeudi 4 septembre 1614 au château de Malicorne, où ils passèrent la nuit . Ils le quittèrent le lendemain, vendredi 5 septembre 1614, et par ce que nous appelons « la petite route de La Suze » ils traversèrent le hameau de Guécélard, pour se rendre au Mans, ils s’arrêtèrent dans les landes du Petit Bourray avant le hameau d’Arnage,
  
« …. dans la forest du Mans afin de voir voller  l’oiseau….. » 
( c’est à-dire  chasser au faucon )

où ils devaient dîner avant d’atteindre Le Mans. Le samedi 6 septembre 1614, Louis XIII faisait une entrée triomphale, le vieux maréchal de Lavardin, son fils le marquis de Lavardin, et 250 nobles de la province vinrent à la rencontre du souverain.

La disgrâce de la reine-mère Marie de Médicis, consécutive à la mort de Concini, maréchal d’Ancre, le lundi 14 avril 1617, eut pour conséquence, la constitution d’une opposition armée pour la reine Marie, contre son propre fils le roi Louis XIII. 

Mise à résidence à Angers, Marie complota, puis avec une petite armée elle quitta Angers, remontant vers Le Mans, s’empara de La Flèche, longeant par Malicorne la bordure gauche de la Sarthe, prit le château de La Suze se trouvant également sur cette même rive . De cette place forte, ses détachements de chevau-légers contrôlèrent ce côté de la rivière jusqu’à Pontlieue, où le pont était gardé par la troupe de Créquy. L’arrivée imminente du roi accompagné de Condé sema la panique, les rebelles abandonnèrent La Suze, puis La Flèche, et se retranchèrent dans Angers. Louis XIII, fit son entrée à La Suze, le 3 août 1620, où il séjourna.

En 1652, le duc de Beaufort, fils du duc de Vendôme quitte Chartres avec 4000 hommes armés, et marche vers l’Anjou. Fin février, ils sont à trois lieues de la cité Mancelle, à Saint Mars-la-Brière, puis du Mans se dirigent vers l‘Anjou, les cavaliers ravagent tout sur leur passage, semant la terreur, Angers capitule le 4 mars 1652.

L’hostellerie, sous la forme d’auberges offrant le gîte, le couvert, l’abri pour les animaux et les domestiques, moyennant une rétribution n’existera qu’à la fin du XVème siècle, après la guerre de Cent ans.

Du XVIème au XVIIIème siècles il y eut plusieurs auberges qui se sont succédées, dont les noms sont cités dans des Chroniques de l’époque, et dans un ordre chronologique….d’abord vers XVI - XVIIème l’Ecu de France - le Point du Jour et  les Trois rois,  puis le Plat d’Etain, enfin au XlXème siècle le Dauphin - le Plat d’Etain - le Point du Jour, et un relais dénommé la Croix Blanche, qui semble avoir cessé son activité vers le XVIIIème siècle.

C’est sous le règne de Louis XIII, que les premières voitures de louage apparurent dans des textes concernant notre hameau,

« …..celle du Mans à La Flèche, était dénommée  La Foudre,  en 1727, un « carrosse  faisait chaque 
« semaine le service Le Mans - La Flèche - Angers. Le rythme des voyages était hebdomadaire, la 
« durée : 4 jours en été, 4 jours et demi en hiver, il en coûtait 21 livres. Le coche fut remplacé en 
« 1737, par une voiture plus confortable - suspendue et couverte. Elle faisait une lieue à l’heure  (
« km ), et l’étape d’une journée couvrait 10 lieues ».

Des Annuaires de la Sarthe, nous informent, qu’une liaison par carrosse existait en 1756, partant d’Angers tous les mercredis, via La Flèche, elle arrivait au Mans le jeudi soir, la même source, nous apprend qu’une diligence assurait ce service en 1775; elle repartait pour Paris le vendredi midi, et parvenait à destination le mardi en été, et le mercredi en hiver. En 1855, Touchard de l’auberge du Lion d’Or, en était le messager.

Découlant de la même source, en 1758, 1759 et 1760 «  le sieur Poirier, messager à Rouen, effectuait un service régulier : départ de Caen, tous les mercredis, par Falaise, Argentan, Sées, Alençon, arrivait au Mans tous les mardis, logé au « Saumont » , et repartait pour La Flèche, Angers, tous les samedis . 

Le relais de poste ( poste aux chevaux ), avec l’ouverture de la grande route au trafic fut installé au Point du Jour, desservi par plusieurs diligences ( la berline du Commerce, la berline de l’Espérance, la voiture de Nanteuil ). Deux seulement survécurent au XIXème siècle, l’une appelée : de La Flèche au Mans, passe tous les jours à 8h ½ le matin, et repasse le soir à 17 heures ; l’ autre dite : de Foulletourte au Mans ne circule que le lundi et le vendredi aux mêmes heures. 

Louis XV, renouvela cette prescription en faveur de Michel Chamillard, comte de La Suze. Vers le mois de mai 1729,

« …..Hault et puissant seigneur Michel, comte de Broc, vicomte de  Foulletourte, des Perrais, de 
« Cérans, de Mondan et autres lieux….. ».

adressa une supplique à « Monseigneur d’Angervilliers…. »,

Extrait d’une Dettes d’un villageois difficile à classer par Anne Fillon, sources : Minute notariale de Me Jean Pillot, à Cérans, en date du 16 décembre 1777, nous apprenons qu’un dénommé  Claude Cohergne demeurant au lieu-dit : la Chenaie -Cne de Parigné-le-Polin en bordure du « Grand Chemin du Mans à la Flèche »,  ….était voiturier depuis que la  nouvelle route royale Paris-Nantes  passe « devant chez lui. 

Reproduction d’un document des Archives Départementales de la Sarthe, représentant la voiture dénommée «  la Foudre de 1727, effectuant le trajet Le Mans - Guécélard - La Flèche - Angers ».


Attestation de réception d'un courrier, par porteur à cheval .


Longtemps dans le passé antérieur au XVIIIème siècle, les troupes royales, au lieu de suivre le chemin direct de Paris à Nantes, passaient par La Suze, laissant Foulletourte et Guécélard sur le côté. Henri IV, par lettres patentes données à Blois le 28 novembre 1588 défendit,

« ….. de loger ou de faire passer ses troupes sur les paroisses de La Suze,  Roizé, Mancigné, et autres 
« dépendans de la seigneurie de La Suze….. ».

pour obtenir qu’on déchargea les habitants de Foulletourte et de Cérans du logement des troupes qui se rendaient du Mans à La Flèche par le Grand chemin d’Angers. Quelques documents dispersés, à la suite de la disparition du registre du mouvement des Troupes avant la Révolution, nous permettent de compenser cette carence, ainsi, nous apprenons qu’il fut utilisé,

- le 20 mars 1760, par le régiment d’Angoulême.
- le 8 octobre 1760, par le régiment de Royal-la-Marine.
- le 12 octobre 1786, par le Corps de Garde du régiment Daufin-Dragons.
- le 22 octobre 1786, la 2ème Brigade des Carabinies.

Nous avons relevé dans une liasse  de 27 pièces, papier « États de frais et loyaux coûts dont requièrent taxe », on trouve  en 1751, Charles Rocher, aubergiste à l’auberge du Plat d’Étain, au passage de Guyescela ( Guécélard ), paroisse de Fillé, contre François Béraud, pour récupération de dettes.

Acte de 1763, de procédure criminelle contre le fermier général des coches, voitures et fourgons d’Angers au Mans, comme responsable d’un accident causé par l’un de ses conducteurs. L’ancienne grande route de Paris à Nantes, via Bellême, Bonnétable, Le Mans       ( c’est à-dire le Grand Chemin Mansais ), était encore privilégiée sur la nouvelle toute royale passant par Chartres,  La Ferté-Bernard.

« Procédure criminelle en 1775, contre Pierre Faverie dit Baptiste,  Jeanne Chalon et Françoise 
« Gaudron, se disant tous marchands, accusés d’avoir filouté plusieurs marchands du Mans, et 
« contre les auteurs de l’enlèvement avec violences de deux prisonnières dans le coche des 
« Messageries d’Angers à Paris , dans les bois après Foulletourte ».


Autorisation  de déplacement d'un courrier en 1794 .


Ordonnance de 1783, du lieutenant particulier de la sénéchaussée du Mans, pour la réparation et l’entretien des chemins de bourg à bourg.

C’est au début du XIXème siècle, après la mise en service de la route royale, devenue la route impériale n°23, de Paris à Nantes par Chartres, Le Mans, Angers, que Guécélard  commença à prendre la physionomie que nous lui connaissons.

Chroniques du XVIIIème siècle, sur la construction de la «  Grande route »( source Anne Fillon ),

« J’ai vû Aligner la Grande Route du Mans a la flèche, a travers les  champs les prés et les Landes. 
« Ce fut le peuple qui fits cette Route a la Corvée les fermiers charroiaient les pierres et les autres les 
« cassaient et tiraient de la terre puis les passaient sur la Route, elle a commencée à la fontaine (
« Saint-Martin ) l’an 1750 …….la route n’a Eté finie ici que dix ans après Son Commancement…. ».

Un ensemble de documents aux Archives départementales de la Sarthe, témoigne de son intérêt « stratégique » pendant la Tourmente Révolutionnaire. Mieux qu’une quelconque interprétation, nous avons pensé de reproduire dans leur intégralité les paragraphes offrant un certain intérêt,

« le 11 juin 1793, délibération du Conseil Général de la Sarthe…….arrêté qu’on établira une 
« estafette à chaque poste du Mans, Guécélard, « Foulletourte et La Flèche pour avoir le plus 
« promptement  sur l’état de notre armée de l’Ouest et sur les mesures à prendre….. ».

Dans l’ouvrage « Kléber en Vendée » , nous avons remarqué,

«  le 9 décembre 1793, la grande armée vendéenne ( d’autre Loire ), forte  de 60000 individus dont 
« 2500 combattants, sous la conduite du général marquis de La Roche-Jaquelin poursuivit par 
« l’armée républicaine du général Westerman, passèrent sur cette route, se dirigeant vers Le Mans »
« ……Le jour suivant, ( 22  frimair - 12 décembre ) je me portai « avec les troupes sous mes ordres 
« jusqu’à la hauteur du village des Perrais où je trouvai une  fort bonne position, défendant le route 
« du Mans. Je m’y établis militairement et  pris mon quartier général au château des Perrais. Les 
« représentants du peuple restèrent à  Foulletourte, et le général Marceau poussa jusqu’au Mans, 
« ayant appris que le  général Westermann et la division Miller y avaient été attaqués par 
« l’ennemi……Marceau, présent à cette action…….il m’envoyait l’ordre d’avancer avec ma 
« division. Je reçois cet ordre, mais j’apprends en même temps que la division Miller, en pleine 
« déroute , se sauvait à toute haleine vers Foulletourte. Je ne crus donc point prudent de filer avec la « mienne à travers ses fuyards, et je préférai les attendre et partir une heure plus tard…. »

à la réception de l’avis de Marceau, Kléber dit à Savary,

« Marceau est jeune, il a fait une sottise, il est bon qu’il la sente ; mais il faut se hâter de le tirer de 
« là, les représentants du peuple Prieur, Turreau et Bourbotte,  ayant appris cet événement, 
« quittèrent au contraire ce même Foulletourte, pour se porter sur les Perrais et, rencontrant le 
« général Miller à l’entrée de Foulletourte, Prieur dans son emportement, accabla non seulement de 
« sottises ce général, mais lui « appliqua encore quelques coups de plat de sabre……Pendant que 
« cette colonne en déroute défilait sur la route, je me restaurai avec mon état-major au château des 
« Perrais…… »

après le village de Guécélard,

« ….je trouvais aux abords du Mans, à droite de la route le 2 ème Bataillon de Paris, le Bataillon de 
« l’Aube, celui de la Dordogne et 300 hommes du « 31ème Régiment ci-devant Aunis, en réserve à la 
« queue de la colonne et défilant par compagnies, pour aller secourir les autres Bataillons déjà 
« engagés dans le combat, le 1er Bataillon de Paris rangé en bataille pour défiler par pelotons…… ».

Dans les archives dispersées concernant Guécélard en 1785 ? On note comme dans le respe du haut-Maine, la présence d’un bureau de charité, et un cahier paroissien. Avec la constitution civile du clergé en 1790, l’église est livrée à l’abandon.

C’est le 12 décembre 1793, à minuit, que Kléber quitta Guécélard, accompagné de ses officiers et de sa garde.



D’autres textes de la même source :

- en avril  1795, deux chefs chouans, Lhermite et Geslin, s’établirent à Foulletourte et travaillèrent à corrompre et à débaucher les troupes républicaines en stationnement sur la grande route peu avant le village de Guécélard.

- An VIII - Rapports et correspondances ( liasses ) du commissaire du Directoire exécutif au commissaire de la Sarthe, sur la situation morale politique et militaire, rappelant la nombreuse correspondance des anées précédentes,

- An IV, 7 messidor : lettre constatant que le pays  ( landes du Bourray ) est plein de chouans et que la compagnie ( royaliste ) du Plessis dit Potiron, y fait beaucoup de ravages.


- An V, 29 messidor : …… sur l’arrestation du courrier de la malle venant du Mans, par quatre hommes armés dans les landes du Bourray….

- An VI, 20 messidor : récit de battues  infructueuses contre les chouans dans les landes du Bourray….. 

- An VI, 13 thermidor : lettre sur la liasse dispersée sur la contestation de la diligence du citoyen Nanteuil dans les landes du Bouré entre Foulletourte et Guécélard….
« 31 juillet 1798 - ( 13 thermidor an VI ), quatre chouans armés  arrêtèrent vers 5 à 6 heures du 
« matin, dans la lande du Bouré, entre Foulletourte et Guécélard, non loin de ce village, la diligence 
« du  citoyen Nanteuil venant du Mans. Ils s’emparèrent d’un fusil, de deux pistolets et une somme de 
« 120 livres, laissant un sac de 1200 livres ( soy disant appartenant à un voyageur ).
« Une seconde diligence, qu’ils apercevaient venir de loin, fut arrêtée et fouillée, ne donna rien ( qui 
« leur plut….), puis ils disparurent dans les bois ».

Un glossaire figure en fin de volume - Document des Archives Nationales de Paris - Coll. Perso. L’examen de plusieurs pièces dispersées semblent attester que la garde nationale et la troupe, cantonnées à Foulletourte, pendant les jours et les mois qui suivirent effectuèrent de vaines recherches, les coupables s’étant volatilisés.

- An VII, 17 floréal : lettre relative à la battue générale qui a eu lieu le 8 et le 9 du même mois,

- An VII, 25 messidor : lettre où le commissaire raconte qu’ayant appris l’enlèvement par Plessis, dit Potiron, de la fille du citoyen Dronne, propriétaire du Grand-Moiré, à Yvré-le-Pôlin ; il a fait prendre, par représailles, et garde en otages le frère et la belle-sœur de Plessis, fermier la Morionnière.


Médaille d'identification du corps sanitaire des armées de la République Française - Grandeur naturelle.


- Le 13 octobre 1799, un groupe de 1500 chouans chasse de Foulletourte, et disperse un détachement de la 40ème demi-brigade, et se porte sur Le Mans après  cet exploit.

- le dernier fait de la guerre des chouans dans le haut-Maine eut lieu sur cette voie non loin de Foulletourte. Sous la conduite du chef Chappedaine, 3000 chouans attaquèrent 400 hommes de la 30ème demi-brigade en route vers Nantes, ils furent contraints d’abandonner leur convoi, et soixante des leurs sur le champ de bataille.


Diplôme de Maître de Poste en 1781 .


comme nous venons  de l'effleurer du XVIème au XIXème siècle, le " voyage en commun ", c'est-à-dire l'utilisation d'un véhicule public, était devenu un élément majeur des soucis de la vie quotidienne  de nos concitoyens.































Assignats de 1792 - 1793.




Les grands axes de communication étaient restés  en l'état de " mauvais chemins ", d'utilisation malaisée, et même scabreuse en certains endroits. Le seul moyen de se déplacer facilement était forcément le cheval, et ......ses deux jambes jusqu'au XVIIème siècle. 




Extrait d'un Arrêt du Parlement, rendu entre les Echevins et Procureur-syndic du Mans , et les messagers ordinaires de la ville du Mans du à Paris, portant règlement pour le messagerie - daté du 30 juin 1640.


Lorsque l'autorité royale décida de doter le royaume de France d'un réseau routier convenable et adapté ; les voiture publiques ont assuré un service relativement régulier entre Paris, et les grandes villes réparties sur l'ensemble du territoire, desservant au passage de petites bourgades comme Guécélard . La locomotion était alors uniquement basée sur la force musculaire des chevaux.

Il devient évident, que lorsque la vapeur, puis l'électricité et enfin le pétrole furent utilisés comme sources nouvelles de traction adaptée à différents moyens de transports, une véritable " révolution " s'opéra. Un bouleversement complet s'ensuivit dans les relations entre les hommes, entre les régions. Se déplacer n'était plus l'apanage  d'une élites, d'une classe sociale. " Voyager " fut non seulement un nouveau terme utilisé dans le langage, mais devint une réalité.

La " vapeur " avec l'utilisation du charbon devient au XIXème siècle, la source d'énergie dominante. Les anciennes et rudimentaires " pompes à feu " du XVIIIème siècle, se sont considérablement perfectionnée. Elles se diffusent dans tous les domaines et bousculent délibérément l'équilibre économique et social . L'invention de la " bielle-manivelle " fait apparaître de véritables monstres des temps modernes, de plus en plus puissants d'en force de traction dénommée : locomotives.

En 1845, la voie ferrée se lance à la " Conquête de l'Ouest ", avec pour principal objectif " Paris - Brest ", avec passage par Alençon ou Le Mans ? Le Mans est privilégié, et voit en 1854, le premier train arrivé en gare.

Greffé, sur le tronc du réseau principal, une véritable toile d'arignée de voies férrées secondaires se tissent sur tout le département entre 1880 et 1910. Le pittoresque " tortillard ", quelquefois dénommé méchamment " tacot ", bien qu'un tout petit peu poussif, pouvant être dangereux, a rendu aux habitants de la campagne sarthoise, et tout particulièrement aux Guécélardaises et aux Guécélardais nos Grands Parents ou Arrières grands parents d'inappréciables services, d'incontestables souvenirs.

Guécélard, seule gare de croisement sur la ligne Le Mans La Flèche, et la ligne Le Mans - Maet, a connu tant au Grand bourg " l'actuel Vieux bourg" et au Peit Guécélard " l'actuel bourg  " : jusqu'à quatre auberges, trois estaminets cafés, dont 1 café-épicerie, et 1 café-cordonnerie, 1 boulangerie, 1 boucherie - café ; 1 quicaillerie - maréchal-ferrant, 1 couturière, marchande de vêtements, le mari menuisier, 2 épicerie, 2 sabotiers, 1 charpentiers-couvreur, i scieur en long-charron, ...

























La fermeture de la ligne, sonna la disparition rapide de l'activité commerciale .


4° - Quand un petit train serpente….dans la campagne de Guécélard…..!

Au temps où un petit train à vapeur flânait dans notre verte campagne…..saluant de son panache nos paysans courbés à la tâche !

Il s’en est fallut de peu, pour que le Chemin de Fer de Paris à Nantes via Le Mans, Angers, avec embranchement à Guécélard, de la ligne de Le Mans à Rennes  via 


Sablé…… soit une effectivement une réalité. Les plans et les études son

t toujours présents dans le dossier qui n’attend ….évidemment que le financement.




Collection privée.

D’une grande idée nationale…..une modeste application départementale ! 


Comme son grand frère, le chemin de fer d’intérêt local à voie étroite, le plus souvent appelé tramway à vapeur, découle de diverses évolutions technologiques  apparues au cours des XVIIIème et XIXème siècles *.

* guidage par rail en bois, est apparue vers 1542, avec des chariots hippomobiles circulant sur des rails en bois. Au début du XVIIIème siècle on remplaça le bois par le fer, pour les guides : rails, comme pour les roues des véhicules se déplaçant. Ce système se développa avec les transports par chemin de fer dans les années 1820 en Angleterre.

En 1812, Oliver Evans, ingénieur-inventeur américain, eut l’idée de placer  des voies parallèles pour faire circuler des trains dans les deux sens.

En 1827, la première ligne est installée en France entre Andrézieux et Saint Etienne.

C’est incontestablement la loi du 12 juillet 1865, référencée : 2ème semestre 1865 - série 11 ; inscrite au Bulletin officiel p. 145 sous le n°1314, en sa qualité de loi organique qui autorisa le développement des chemins de fer d’Intérêt local.

Celle du 10 août 1871, proposée par Messieurs Magnin et Bethmont, promulguée le 29 août 1871, page 93, Bulletin Officiel 61, délègue les attributions aux Conseils généraux

En 1880, une nouvelle réglementation apparaît, épaulée par une loi, elle autorise,

- la construction de lignes de chemin de fer avec des écartements de voies plus étroits de 1 m. à 0,60,

- l’installation de voies sur la plate forme des routes ( l’accotement, le bas côté des routes ) - ces chemins de fer seront appelés : Tramways,

- elle définit le mode de financement par subventions par les collectivités pour la construction, et l’apurement du déficit de ce lignes.

Par décret du 6 mars 1880, Monsieur Falies, ingénieur civil obtint la concession de deux lignes, et en 1882 elles sont ouvertes par la «  Compagnie des tramways de la Sarthe » :

- Montbizon - Les Forges d’Antoigné : 3 km. , fermée en 1969,

- Le Mans - Le Grand Lucé : 31 km. , fermée en 1947.

En ce qui concerne Guécélard, notre bourg aura le très grand avantage d’être une gare de croisement, assurant vers trois directions différentes une correspondance voyageurs et marchandises.

Ligne LE MANS - MAYET  : 49 km.

- Le Mans - Foulletourte : 24 km. , ouverte en 1897 - fermée en 1946.

- Foulletourte - Mansigné : 14 km. , ouverte en 1897 - fermée en 1937.

- Mansigné - Mayet : 11 km. , ouverte en 1897 - fermée en 1932.

Ligne FOULLETOURTE - LA FLECHE : 27 km.

- Foulletourte - La Flèche ville : 26 km. , ouverte en 1914 - fermée en 1932.

- La Flèche ville - La Flèche PO : 1 km. , ouverte en 1921 - fermée en 1932.



Les dispositions législatives intéressantes, les difficultés de navigation sur la Sarthe incomplètement résolues, la lenteur et la limitation des charges transportées par voie terrestre, ont très nettement favorisés l’essor des petites voies du chemin de fer d’intérêt local à voie étroite. 


La Compagnie des Tramways de la Sarthe.


En 1880, la Compagnie des Tramways de la Sarthe est intégrée au Groupe Carel et Fouché, constructeur de matériel roulant ferroviaire, installé au Mans et à Petite Synthe. En 1895, l’ensemble du réseau sarthois est sous le statut des chemins de fer d’intérêt local, mais conserve l’appellation : «  Tramways de la Sarthe ».

 Action de la Compagnie des Tramways de la Sarthe - Archives départementales de la Sarthe.

Une gare centrale dite «  Gare centrale des Halles », conçue et construite en 1888 par le génial ingénieur Louis-Auguste Harel de La Noë.


Le bâtiment principal est surmonté d’un dôme, verrière centrale au-dessus d’un vaste hall de 2.200 m2 lieu de rassemblement des voyageurs, accolé et derrière deux constructions pour abriter les voitures et les locomotives. Le dépôt et les ateliers, sont placés entre cette gare et la rivière par un élargissement du quai , par un encorbellement soutenu par des pilastres très XIXème. Malheureusement cet ensemble remarquable a été démoli 1947, et remplacé pa r un immeuble type Le Corbusier.




Documents des Archives départementales de la Sarthe.


Vers 1900, il était possible de circuler dans tout notre département en chemin de fer. Il ne reste plus en France, en 1920, que 23.000 km. de voies dans le réseau des chemins de fer secondaires. 

En 1946, le plan décide de ne conserver que 6.000 km. ; et en 1973 il ne reste que 4 réseaux de chemins de fer secondaires et 5 lignes à voies de 1 m d’ Intérêt Général..

Mais l’apparition, puis  le développement de l’automobile, du camion, et de l’autocar, commencera d’abord à équilibrer, puis à entamer progressivement de plus en plus sévèrement la suprématie des chemins de fer secondaires et d’intérêt local. 

En 1937, la loi de Coordination partage les répartitions entre le chemin de fer et l’autocar. 


Tramways de la Sarthe

( concédé en 1865 par le Conseil Général de la Sarthe )


Le 30 août 1841, le Préfet de la Sarthe, présente aux membres présents du Conseil Général de la Sarthe, réuni dans la salle des séances de l’Hôtel de la Préfectures, les documents définitifs de la ligne de chemin de fer de Paris à Chartres, et ceux de Chartres au Mans - B.N.F. liasses de 132 documents archives - p.78.

La loi du 11 juin 1842, constitua la Charte des Chemins de Fer Français. La ligne Paris-Rennes fut officiellement  décidée par la loi du 26 juillet 1844. 10 ans après que la ligne de chemin de fer Paris-Brest ait été décrétée, le dimanche 28 mai 1854, à 15 heures 10, le premier train arrivait au Mans, un train d’honneur. Les festivités durèrent trois jours les 28, 29,et 30.

L’Annuaire de la Sarthe ( administration ) - 1855, p.271, nous apprend que la section Nogent-le-Rotrou-Le Mans  des Chemins de Fer de l’Ouest , suivant les espérances conçues l’année précédente a été ouverte et livrée à l’exploitation : le 1er juin dernier, pour les voyageurs, et le 20 du même mois, pour les marchandises. Avec l’inauguration de la Gare du Mans en 1856, le prolongement de cette ligne jusqu’à Angers en 1863, puis à Nantes en 1877.

La ligne de chemin de fer Le Mans - Laval a été ouverte au trafic le 14 août 1855, le service voyageur a commencé. La liaison avec les stations de Saint-Saturnin - Domfront - Conlie - Sillé-le-Guillaume - Rouesse-Vassé est établie. Trois convois desservent chaque jour cette ligne. Elle sera officiellement livrée au public le 1er octobre 1855. La section Laval-Rennes de 74 km sera livré à la circulation vers la finde l’été 1856. Actuellement un viaduc est en cours de construction sur la Mayenne, il aura 27 mètres de hauteur et 178 mètres de longueur - B.N.F. liasses de 314 documents archives - p.20-9.

Le 19 juillet 1858 mise en service de la ligne de chemin de fer Le Mans -Tours, cela nécessite l’agrandissement de la gare du Mans.

Ouverture au trafic voyageurs le 1er août 1860, de la ligne Le Mans Mézidon, avec trous trains par jour en direction de cette localité

La ligne du Mans à Angers commencée l’été 1860, d’une longueur de 95 kilomètres, a employé jusqu’à 2.500 ouvriers - B.N.F. - 344 pièces archives - p.128. Le 25 mard 1863, mise en service de la section Le Mans - Sablé - B.N.F. - 361 pièces archives - p.94

Embarquement des voyageurs à Gare-Halte de Guécélard, à destination de Fillé, Spay, La Croix-Georgette, Le Mans.


Une ligne de chemin de fer d’intérêt local à voie étroite.

Lors de la séance du Conseil Général de la Sarthe, à l’Hôtel de la Préfecture sous la présidence de Monsieur le Prince Marc de Bauveau, et en présence de Monsieur d’Andigné, Préfet de la Sarthe, le 27 août 1863, il est fortement question d’une ligne de chemin de fer d’intérêt local La Flèche - Aubigné, et la possibilité d’une autre Mamers - Saint-Calais - B.N.F. - 361 pièces archives - p.56. 

Sur vieille carte postale, on remarque très la voie ferrée étroite, en bordure de la grande route .


Le août 1865, le projet définitif répondant intégralement au titre II de la loi du 3 mai 1841 est adopté par le Conseil Général de la Sarthe pour la construction de la ligne La Flèche - Aubigné, comprenant la traversée des communes de Sainte-Colombe, Thoré et Luché, sur une longueur de 13,3 km . Dépôt de l’avant-projet de la ligne Mamers-Saint-Calais- B.N.F. - 385 pièces archives - p.103. 

Procès verbal du Conseil Général  de la deuxième session extraordinaire du Conseil Général de la Sarthe daté du 19 juillet 1873, sous la présidence de Monsieur Grollier.

- Monsieur Coutillier soumet à l’assemblée…….. 
trois tracés pour les lignes du « petit chemin de fer » : le tramway de la Sarthe :

-1° : de La Flèche au Mans, par Malicorne et La Suze,
-2° : par Saint-Jean-de-la Motte, Guécélard et Arnage,
-3° : enfin par Pontvallain, Ecommoy, avec prolongement sur Le Grand-Lucé, Bouloire et Saint6-Calais.

La Chambre de Commerce du Mans a réclamé de huit contre neuf le tracé par Arnage.

Le Conseil d’Arrondissement de La Flèche, sans se prononcer sur aucun des tracés proposés, déclare à l’unanimité s’en rapporter pleinement aux décisions prises ou à prendre par le Conseil Général. Le Conseil d’Arrondissement du Mans à l’unanimité adopte le tracé par La Suze. La Commission d’enquête, à la majorité de huit voix contre quatre, s’est prononcée à son  tour, par le tracé par Malicorne à La Suze.

Exposé à la première séance du Conseil Général de la Sarthe, le 24 août 1875, le rapporteur lit, 
« Messieurs,
« La commune de Cérans-Foulletourte, par une délibération en date du 15  mars 1875, a demandé la 
« création d’un tramway devant relier le chef-lieu de la commune à La Suze ou à Arnage, création 
« aurait pour résultat de lui rendre quelques avantages dont-elles jouissait. En  effet, la création 
« d’une ligne d’Angers a tué son commerce local en anéantissant son roulage, jadis si considérable
« l’adoption de la ligne de La Flèche à La Suze, par Malicorne, va encore porter un préjudice grave 
« à son commerce.
« Le Conseil ajoute qu’il préférerait voir la commune reliée à Arnage.
« Conformément à ce désir, Monsieur l’Inspecteur en Chef, à qui Monsieur le Préfet au 15 juin 1875, 
« adressée la délibération de Cérans-Foulletourte, a fait dresser, de Foulletourte à Arnage, une 
« étude dans le même esprit que celle du Grand-Lucé à la Lune de Pontlieue ;
« Ce tramway suit, dans presque toute sa longueur, la route nationale 23,
« les  déclivités n’atteignent pas 0,03 par mètre, excepté au « contournement de la côte de 
« Foulletourte sur une longueur de 200 mètres,
« les indemnités de terrain estimées à 0,60 le mètres carrés, s’élèveront sur 3,850 mètres à la somme 
« de ……………………........................2,310 fr
« les terrassements estimés à 1 fr le mètr.e, à 1,650 coûteront
« ……………………………………….1,650 fr
« soit un  total de………………………….3,960 fr
« soit en chiffres ronds à 4,000 fr, si…..4,000 fr
« le coût de 25,000 fr par kilomètre, étant nécessaires pour établir les rails, 15 kilomètres, 
« coûteront………………………….375,000 fr
« Total général de la dépense………379,000 fr























Fillé, dernière station avant l'arrêt à la gare de Guécélard en direction de La Flèche ou Mayet .


L’industrie se compose de 2 tuileries, 3 poteries, et de 1 scierie mécanique à Foulletourte, 1 poterie à Guécélard, les vins, les cidres et les bois de Parigné-le-Polin, seraient les objets du trafic.

L’Ingénieur en Chef, de même que pour le tramway du Mans au Grand Lucé, croit qu’avant d’entreprendre la construction de tramways sur les routes et les chemins, le département fera bien de s’assurer qu’il aura les Compagnies pour les exploiter.

Dans son Procès verbal du 21 août 1882,  ponctuant sa session ordinaire le Conseil d’Arrondissement, appuyant le projet de l’implantation et de l’exploitation d’une ligne de chemin de fer à vapeur d’intérêt local à voie étroite, met en exergue les communes de La Flèche : 10.000 habitants ; Saint-Germain-du-Val : 990 ; Mareil-sur-Loir : 850 ; Clermont : 1500 ; Saint-Jean-de-la-Motte : 1680 ; La Fontaine-Saint-Martin : 780 ; Ligron ; 840 ;  Cérans Foulletourte : 2380 ; Guécélard : 550.….

« …..en ce qui concerne le côté industriel et commercial de ces localités outre les marchés et les
« foires, leur juste renommée, donne lieu à des transactions commerciales très importantes……
« poteries - vins - alcools - fruits cuits - boisselleries - châtaignes - fil de chanvre - vaisselles - liasses 
« de 895 pièces ( documents, comptes rendus, rapports, procès verbaux ).

199 colliers ( chevaux attelés à un véhicule chargé ), sur la route n°23, 10 voyageurs, les lundi et vendredi  de chaque semaine, prennent, les voitures publiques. 

Le jeudi 22 août 1882, Monsieur A. Dumonteil, Préfet de la Sarthe, dépose une pétition et le procès verbal d’une réunion du Conseil Municipal de Guécélard, à la session ordinaire du Conseil Général de la Sarthe, réuni dans la salle de ses séances à l’Hôtel de la Préfecture, sous la présidence de Monsieur Cordelet, sénateur-maire du Mans, conseiller général du 3ème canton.

Le lundi 5 juin 1893, à 1 heure relevée, le Conseil Général de la Sarthe s’est réuni, à l’Hôtel de la Préfecture dans la salle ordinaire de ses séances, sous la présidence de Monsieur Cavaignac.

Le Président annonce, que conformément à l ‘article 24 de la loi du 10 août 1871, 24 membres du Conseil Général, nombre supérieur aux deux tiers de cette assemblée, lui ont adressé une demande écrite demandant la présente session extraordinaire pour l’examen de la question  des chemins de fer d’intérêt local à voie étroite.

Lecture de la lettre du 2 juin 1893, de Monsieur le Ministre des Travaux publics, Monsieur Viette,  déclarant d’intérêt publique l’établissement d’un nouveau réseau de chemin de fer d’intérêt local dans le département de la Sarthe.

Le décret du 17 mai 1893, approuve la substitution de Monsieur Fallies, par la Société anonyme dite « Tramways de la Sarthe ».

Ce décret ainsi conçu,

« le Président de la République Française,
« sur le rapport du Ministre des Travaux Publics,
« vu les décrets des 6 mars 1880 et 23 juin 1883, et la loi du 20 août 1885, portant d’une part, 
«  déclaration d’utilité publique des chemins de fer d’intérêt local………………
« vu les lettres du Préfet de la Sarthe des  24 septembre 1888 et 16 mars 1893,
« vu la loi du 11 juin 1880, sur les chemins de fer d’intérêt local et les tramways, et notamment les 
« articles 10, 18,19 et 39,

Le Conseil d’Etat décrète,

« article : 1er - la substitution de Monsieur Fallies, par la Société Anonyme  des « Tramways de la Sarthe » pour la concession des lignes du Mans au Grand-Lucé, « à Ballon, à Antoigné, à Saint-Denis d’Orques, telle qu’elle résulte des décrets « des 6 mars 1880 et 23 juin 1883, et la loi du 20 août 1885.
Fait à Paris le 17 avril 1893,
Signé : Carnot
Signé : Viette, Ministre des Travaux publics

La séance est suspendue à 13,35 heures, et reprend à 15,15 heures.

Monsieur le Préfet dépose un rapport relatif aux tramways de la Sarthe,

« …….les divergences d’appréciations s’étant produites, entre Messieurs les Ingénieurs en chef 
« Etienne et Révol, depuis une année dans la Sarthe, un nouvel ingénieur en chef est choisi et désigné 
« : Monsieur  Harel de la Noë. Celui-ci après avoir examiné en détail les études et les rapports de ses 
« deux prédécesseurs, en repris partiellement, les travaux de Monsieur Etienne.
« Monsieur Harel de la Noë, en 1891, en accord avec le Préfet avait chiffré à 20.000 fr. le kilomètre, 
« Monsieur Etienne lui hésitait entre 30.000 et 31.000 fr., quant à Monsieur Revol, il estimait la 
« dépense au minimum à 50.000 fr. du kilomètre.

Le Conseil après examen des travaux du nouvel Ingénieur en chef, lui accorde sa confiance, et approuve son rapport.

Le Journal des Transports n°41 du  9 octobre 1897, informe ses lecteurs, que par l’arrêté du 11 septembre 1897, page 517, le Préfet de la Sarthe, a autorisé l’ouverture à l’exploitation des lignes de chemin de fer d’intérêt local à voie étroite Le Mans - Foulletourte par Guécélard, et la ligne Foulletourte à Mayet, soit une longueur totale de ces deux lignes : 48, 660 kilomètres.


Session ordinaire du 26 août 1876,
( dossiers archives 579 pièces )

Séance présidé par Monsieur Bertron-Auger, doyen d’âge préside la deuxième session ordinaire  - séance d’ouverture du lundi 21 août 1876, en présence de Monsieur G. Servois, Préfet de la Sarthe.

« Messieurs,
« Nous recommandons les travaux aux Maisons d’Ecole de Fillé-« Guécélard et de Guécélard,
« Devis………………………………..4,260 fr
« Avis favorables de l’Inspecteur et du Conseil départemental de « l’Instruction Publique.
« Le commune supporte :
« 0 fr 03 pour sa vicinalité jusqu’en, 1878,
« 0 fr 36 pour balancer son budget,
« Votre commission vous propose de demander à Monsieur le Ministre, une somme de 2,260 fr, pour 
Le Journal des Transports n°41 du  9 octobre 1897, informe ses lecteurs, que par l’arrêté du 11 septembre 1897, page 517, le Préfet de la Sarthe, a autorisé l’ouverture à l’exploitation des lignes de chemin de fer d’intérêt local à voie étroite Le Mans - Foulletourte par Guécélard, et la ligne Foulletourte à Mayet, soit une longueur totale de ces deux lignes : 48, 660 kilomètres.


Session ordinaire du 26 août 1876,
( dossiers archives 579 pièces )

Séance présidé par Monsieur Bertron-Auger, doyen d’âge préside la deuxième session ordinaire  - séance d’ouverture du lundi 21 août 1876, en présence de Monsieur G. Servois, Préfet de la Sarthe.

« Messieurs,
« Nous recommandons les travaux aux Maisons d’Ecole de Fillé-« Guécélard et de Guécélard,
« Devis………………………………..4,260 fr
« Avis favorables de l’Inspecteur et du Conseil départemental de « l’Instruction Publique.
« Le commune supporte :
« 0 fr 03 pour sa vicinalité jusqu’en, 1878,
« 0 fr 36 pour balancer son budget,

« Votre commission vous propose de demander à Monsieur le « Ministre, une somme de 2,260 fr, 
Le Journal des Transports n°41 du  9 octobre 1897, informe ses lecteurs, que par l’arrêté du 11 septembre 1897, page 517, le Préfet de la Sarthe, a autorisé l’ouverture à l’exploitation des lignes de chemin de fer d’intérêt local à voie étroite Le Mans - Foulletourte par Guécélard, et la ligne Foulletourte à Mayet, soit une longueur totale de ces deux lignes : 48, 660 kilomètres.


Session ordinaire du 26 août 1876,
( dossiers archives 579 pièces )

Séance présidé par Monsieur Bertron-Auger, doyen d’âge préside la deuxième session ordinaire  - séance d’ouverture du lundi 21 août 1876, en présence de Monsieur G. Servois, Préfet de la Sarthe.

« Messieurs,
« Nous recommandons les travaux aux Maisons d’Ecole de Fillé-« Guécélard et de Guécélard,
« Devis………………………………..4,260 fr
« Avis favorables de l’Inspecteur et du Conseil départemental de « l’Instruction Publique.
« Le commune supporte :
« 0 fr 03 pour sa vicinalité jusqu’en, 1878,
« 0 fr 36 pour balancer son budget,

« Votre commission vous propose de demander à Monsieur le  Ministre, une somme de 2,260 fr, pour 
« combler le déficit ».



Carte des transports dans la Sarthe .



Le tracé définitif de la ligne à voie étroite du tramway de la Sarthe : Le Mans à Foulletourte est fixé,


La première section de la ligne Le Mans - Foulletourte s’embranche sur la ligne Le Mans - Saint-Denis-d’Orques aux abords du pont du Greffier, au départ de la gare Centrale des Tramways de la Sarthe.

Le tracé traverse la Sarthe sur le pont du Greffier qui a été élargi et consolidé pour recevoir la voie ; il suit l’avenue dite du Pont de Fer, l’avenue Saint-Gilles, passe sous les viaducs des chemins de fer de Paris à Brest, et du Mans à Angers ; il suit la route départementale n°1 du Mans à Sablé, jusqu’au passage à niveau
de la ligne Le Mans à Angers.

Cette parie du tracé a sur le précédent l’avantage d’économiser, en passant sur un pont existant, la construction d’un pont sur la Sarthe ; ce qui naguère avait été déclaré impossible.


Le tracé ne franchit pas la ligne du Mans à Angers, il abandonne la route départementale n°1, longe la ligne de l’Ouest au pied de son talus, passe à travers champs pour contourner le mamelon de Saint-Georges-du-Plain, puis, entre la ligne d’Angers et la rivière Sarthe, «  aux Fondus d’Allonnes », au moyen d’une tranchée à flanc de côteau, dans un terrain sableux il débouche à la bifurcation des chemins vicinaux n°11 de grande communication, et n°8 d’intérêt commun.























Travaux sur la voie du «  P’tit train », le facteur et sa bicyclette pose, ainsi que les voisins en curieux, posent pour la postérité. Nous sommes au tout début des années 1900 .



À cet endroit sera établie la halte de la «  Croix-Georgette ».

À partir de là, sur une longueur de 7,420 km., le tracé suit, - mais non sans déviations, - jusqu ‘à Fillé, le chemin d’intérêt commun n°8, qui sera élargi d’un mètre. Le bourg d’Allonnes est contourné au moyen d’une déviation à travers champ, et le bourg de Spay au moyen d’une déviation sur un chemin rural remanié à cet effet.

La station d’Allonnes est placée à 150 mètres du bourg, et accessible par un chemin existant. La station de Spay est établie à 200 mètres du centre du bourg, à la jonction de deux chemins vicinaux ordinaires n°4 et n°6.

En partant de Spay, la déviation se poursuit sur une distance de 800 mètres, au-delà du bourg, sur un chemin  rural remanié à cet effet, et le tracé rejoint le chemin d’intérêt commun n°8, au lieu-dit «  le Gué », pour le suivre jusqu’aux abords du hameau «  Les Géleries » ; il abandonne cet endroit pour éviter une série de courbes à faibles rayons et aussi le passage étroit du hameau «  Les Géleries ».  C’est ainsi qu’à la suite d’une nouvelle déviation à travers champ il parvient à la station de Fillé, située à 250 mètres du bourg, en bordure du chemin d’intérêt commun n°8.

En quittant cette station, le tracé franchit la rivière Sarthe, en amont du bourg et du barrage sur cette rivière, sur un pont métallique présentant une ouverture de 70 mètres, et rejoint ensuite au lieu-dit «  Les Martrais », le chemin vicinal ordinaire n°5 qu’il emprunte en l’élargissant d’un mètre sur une longueur de 1.650 mètres.

Gare de Fillé, dernier arrêt avant Guécélard, en direction de La Flèche ou Mayet .























Arrivée du train venant du Mans .


Au moyen d’une dérivation en légère courbe, il évite le » Vieux-Bourg de Guécélard », il rejoint la route Le Mans-La Flèche-Angers.

La station de Guécélard est placée au bord de la grande route à 250 mètres à peine du centre du bourg.

De Guécélard jusqu’ à Foulletourte,, sur une longueur de plus de six kilomètres, la ligne à voie étroite suit l’accotement de l’ancienne route Nationale. Dans ce parcours le tracé laisse à gauche la localité de Parigné-le-Polin, qu’il dessert  par une station placée sur le bord de la route d’Angers, mais à 1.000 mètres du centre du bourg.


Le tracé prend fin au point kilométrique 23,600, à 600 mètres environ du bourg de Foulletourte. Le choix de l’emplacement de la gare de Foulletourte est dicté par la volonté de faciliter au maximum les raccordements ultérieurs en direction de Mayet, de Sablé, tout en ne génant pas le prolongement vers La Flèche.

L’implantation d’une ligne de voie ferrée à voie étroite entre Le Mans et Foulletourt  se développe dans une région absolument plate, le maxima des pentes est inférieures à 0,030, et même le plus souvent à 0,020.

Le projet, ainsi étudié, a été soumis à l’enquête prescrite par l’arrêté préfectorale  du 27 juin 1891.

Les Conseils Municipaux des communes : Le Mans, Allonnes, Spay, Fillé, Guécélard, Parigné-le-Polin, Cérans-Foulletourte ont émis un avis favorable à ce projet.

Le 2 septembre 1891, le Conseil Général de la Sarthe, sous la présidence de Monsieur Le Monnier, doyen d’âge, Sénateur-Maire, et Conseiller Général de Château-du-Loir en présence de Monsieur Ch. Lutaud, Préfet de la Sarthe, adopte le projet.

Le15 septembre 1895, examen de l’avenant au Cahier des Charges, pour les les lignes à établir:

- Le Mans à Saint-Cosme-en-Vairais,

- Le Mans à Foulletourte,

- Foulletourte à Mayet,

- Mamers à Saint-Cosme-en-Vairais.

Précédent projet :

suit le boulevard Demorieux jusqu’en face l’Asile des aliénés est franchit la Sarthe sur un pont métallique à établir aux «  Sables d’Or », un peu en amont du confluent de l’Huisne, pour se développer parallèlement à la route de Sablé jusqu’au village de Saint-Georges-Plains, commune du Mans.

Une halte établie à quelques mètres du centre de ce village le desservira dans les meilleures conditions et pourra en même temps desservir les importantes usines et ateliers de Saint-Georges, qui en profiteront, et utiliserons cette possibilité de trafic quotidien.

La ligne à voie étroite suit ensuite le talus de la ligne de chemin de fer Le Mans à Angers, et ne présente aucune difficulté jusqu’au «  Fondus d’Allonnes », qu’elle franchit au moyen d’une tranchée entre cette ligne de chemin de fer et la rivière Sarthe. Le terrain sableux, dont le remblai considérable est employé en ballast, ne grève de ce fait pas le budget.

Une gare est située au pied de la rampe de la «  Croix Georgette », sur le bord du chemin vicinal n°11 desservira conjointement Allonnes et La Croix-Georgette.


Lettre de l'Ingénieur en Chef de la Compagnie des Tramways .



À partir de ce lieu, sur une distance de 3,100 km. Le tracé suit au plus près le chemin vicinal Le Mans à La Suze, dont la largeur est de 12 mètres, se prêtait à recevoir la voie ferrée. Là au point 73 est placé une gare desservant à la fois Étival et Saint-Georges-du-Bois au moyen de chemins vicinaux ; la distance entre celle-ci est chacun des bourgs est inférieure à 3 km. Ladite gare est située dans un quartier du territoire communal d’Allonnes particulièrement peuplé.

Le parcours entre la gare d’Étival-Saint-Georges-du-Bois jusqu’à Spay, dont la gare est implantée au point kilométrique  10,700, le tracé se prolonge en rase campagne dans une plaine qui ne présente aucune ondulation de terrain importante. La gare s’élève à 450 mètres du centre du bourg de Spay, et en bordure du chemin vicinal de Spay à Voivres.


Tarifs appliqués en 1890 .


De Spay à Guécélard la ligne des tramways de la Sarthe se poursuit dans la plaine alluvionnaire de la grande rivière, sans aucune difficulté.

La station de Fillé, dénommée gare est érigée au point kilométrique 14,600, et est distante de 500 mètres au plus du cœur de l’agglomération, à proximité du canal, sur le bord d’un chemin vicinal, aussi rapproché que possible de l’important bourg de Roëzé.

Au point kilométrique 15,100, le canal de dérivation de la Sarthe est franchi grâce à un passage inférieur, et plus loin, au point kilométrique 16,700 la rivière Sarthe est à son tour franchie par un pont métallique à la sortie duquel une halte avait été prévue ( mais non réalisée ), au point kilométrique 17.






















Pont construit pour permmettre le franchissement de la rivière Sarthe par le " Tramway de la Sarthe ", reliant les communes de Fillé à Guécéllard .






















Photo d'époque, contre jour et le " Petit train " avec wagons de voyageurs et de marchandises 
.

La voie décrit un  arc, puis un vaste «  S » franchissant sur des ponts le Rhonne et son bras, avant la gare de Guécélard, situait en bordure de la route Le Mans La Flèche - Angers.

De Guécélard à Foulletourte, la ligne à voie étroite suit sur le bas côté la grande route, sauf pour la dérivation de Parigné-le-Polin. Au point kilométrique 19, est la station de Parigné-le-Polin, à 600 mètres du centre du bourg. Pour arriver à Foulletourte, le tracé s’éloigne de la route Le Mans-Angers, puis parallèlement sur une longueur de 800 mètres, avec une rampe de 0,015.

La gare se trouve à 600 mètres du bourg, sur le borde de la route du Mans. Cette situation lui facilite la desserte dans de très bonnes conditions, les voyageurs, et tous les commerçants - artisans et ateliers de la localité. Le profil présentait des rampes maxima de 0,015, des rayons de courbes de 100 mètres.

Les communes desservies entre Le mans et Foulletourte : Allonnes, Saint-Georges-du-Bois, Étival, Spay, Fiilé, Guécélard, Parigné-le-Polin, Foulletourte. En incluant, la clientèle éventuelle de Roëzé, cela représentait une population agglomérée de huit mille habitants - ( P.V de séances du C.G. de la Sarthe - 11-04/1888 ).


Suite à la loi du 4 mai 1895, déclarant d’utilité publique, la ligne de chemin de fer à voie étroite d’intérêt local : Le Mans à Foulletourte - longueur 23,560 km., et Foulletourte à Mayet - longueur 25,100 km., l’ouverture à l’exploitation a été déclarée  le 13 septembre 1897.























Station de Guécélard, transformée en " Gare " par la suite .

























Arrivée de La-Flèche ( haut ), départ pour Fillé - Le Mans ( bas ) .


Le 9 février 1896, le Conseil Municipal de Saint-Jean-de-la-Motte, demande que la ligne en activité des tramways de la Sarthe, entre Le Mans et Foulletourte, et Foulletourte et Mayet soit prolongée par La Fontaine-Saint-Martin, Saint-Jean-de la-Motte, Mareil-sur-Loir, Clermont-Créans, La Flèche, desservant au passage Courcelles et Ligron.

À sa session ordinaire du 18 avril 1898, sous le plaidoyer Monsieur Carré, Maire de Vaas, Conseiller Général de Mayet, le Conseil Général de la Sarthe examine ce projet.

Recettes brutes, impôts déduits de la ligne Le Mans - Foulletourte  - Mayet

- 1897 : 23.183,70 fr.
- 1898 : 94.557,41 fr.

Dépenses réelles d’exploitation, impôts non déduits de la ligne Le Mans - Foulletourte - Mayet

- 1897 : 32.271,49 fr.

- 1898 : 107.828,51 fr.

Les recettes, impôts compris en 1898, de cette ligne via Guécélard a été de

- en 1ère classe de 4.503,60 fr. soit 4.169 voyageurs

- en 2ème classe de 65.084,65 fr. soit 102.867 voyageurs

- en 3ème classe de 69.58,25 fr. soit 130.495 voyageurs

- Messageries et grande vitesse : 11.572,15 fr.

- Divers : 1.713,62 fr.

- Petite vitesse : 13.741,90

soit 3.653 tonnes 868 transportées pour 107.408 km.
























Vraisemblablement un vendredi au 1er train du matin vers Le Matin .



Lettre circulaire diffusée à tous les conducteur, chef de train et stations.



seul et unique accident enregistré.......le déraillement sur la ligne de Mayet.


Lorsque deux ponts et un aqueduc deviennent nécessaire pour le franchissement de la Sarthe et du Rhonne, pour l’établissement de la ligne des Tramways,



























Le pont de Fillé / Guécélard pour le franchissement de la rivière Sarthe, et l'aqueduc de " Villette "  furent effectivement construits,































Le pont initialement prévu pour le Rhonne, fut remplacé par un " viaduc conçu par le même ingénieur .


TRAMWAYS de la SARTHE  
( concédé en 1865 par le Conseil Général de la Sarthe )

LE MANS - MAYET : 49 km. Écartement 1m.
Section : Le Mans - Foulletourte = 24 km. ; ouverte en 1897 - fermée en 1946
               Foulletourte - Mansigné = 14 km. ; ouverte en 1897 - fermée en 1937
               Mansigné - Mayet = 11 km. ; ouverte en 1897 - fermée en 1932

Section : Foulletourte - La Flèche-ville = 26 km. ; ouverte en 1914 ; fermée en 1932
               La Flèche-ville - La Flèche P.O. = 1 km. ; ouverte en 1921 - fermée en 1932


Le bourg de Guécélard aux temps du Tramway..........





















En conclusion, l'Histoire de Guécélard, comme nous l'avons déjà écrit, est l'Histoire intégral de son Passé connu, et inconnu. Cette remémoration, n'est qu'un survol d'une succession de faits géologiques, qui ont déterminé sa géographie et son hydrographie qui sont particulières. L'homme ne s'étant tout simplement borné qu'à des passages plus ou moins fréquents pendant des millénaires ; bien avant d'y séjourner durablement.

Dans un univers boisé, un lieu-dit familial habité s'implanta, devint un hameau. Pendant des siècles, ce ne fut qu'un très modeste groupement d'habitats. Remarqué au passage par Henri IV, puis Louis III. Ce n'est que plus tard, qu'il s'éleva en paroisse, et tardivement érigé en commune.

En réunissant les matériaux indispensables à la réalisation de cet ouvrage sur l'Histoire de Guécélard, que nous avons souhaité aussi complet que possible ; il s'est avéré qu'au cours de ces deux dernières décennies, nous avons pu évaluer l'immense  et incomparable patrimoine qui nous a été légué. 

Chaque nouveaux documents est une découverte, et aussi paradoxal que cela puisse être,  il subsiste encore bien des informations à découvrir. Le point final apposé, nous laisse un regret , celui de ne pas avoir trouvé, tout ce qu'il y avait à divulguer.

                                                                                                 A.G. - 17 août 2014
                                                                                                              9 septembre 2014


Histoire de Guécélard
1 ouvrage de 710 pages, réparties en 4 volumes  tirés sur velin  satiné 90 gr.


* Nous préparons,
- l'Histoire de Guécélard - Sa féodalité . 
et nous formulons très sincèrement l'espoir de pouvoir réaliser,
 - Guécélard, 1871 - les Prussiens.

* Dans la même collection,
Histoire de Cabourg - 3 volumes,
- Histoire de Guécélard - 4 volumes,
- Histoire des Marais de Meuvaines - 1 volumes
- Histoire de la Sarthe - 9 articles dont
   Les Comtes dans le comté du Maine,
   Un authentique chemin antique,
   Carrefour géologique du Bourray,
   Nos Ancêtres, les Aulerques Cenomans,

* en refonte, pour réédition,
- L'attentat de la rue Saint-Nicaise,
- Le siège de Toulon -Naissance d'un aigle.

- GEOLOGIE DE LA SARTHE - LE MASSIF ARMORICAIN - 1 volume

le 23 août 2015 visible : www.gbcx27.blogspot.com



* Dépôt légal 3ème trimestre 2009
tiré sur 90 grammes, satiné
Toute reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon  sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Code de la propriété intellectuelle ( partie législative )
Première partie : La propriété littéraire et artistique
Livre 1er  - Le droit d’auteur
Titre II - Droits de auteurs
Chapitre 1er - Doits moraux  : articles L.121-1 à L.121-9
Chapitre II - Droits patrimoniaux : articles L.122-1 à L.122-12
Chapitre III - Droits de la protection : articles L.123 à L.123-5

Le document initial  Gué-Seelard , a été tiré le 20 décembre 1999, et a fait l’objet d’un dépôt légal daté du 5 mai 2000, à la Préfecture de la Sarthe.
Le dépôt légal à la Bibliothèque Municipale d’Angers a été enregistré sous le n°  ANG  00-2 - 002365, le 25 mai 2000.
Conformément à la loi n° 92-546 du 20 juin 1992, une déclaration a été faite à la  Bibliothèque Nationale de France à Paris le 9 mai 2000, répertorié le 12 mai 2000 - n° 024686.



Trois vues aériennes remarquables réalisées par le docteur Aizier.
Photos Philippe Aizier - Collection AIzair " Guécélard vu du ciel ".



avant de refermer ce volume,

si faisions un petit voyage à rebours...... un bond dans le passé......

par exemple ..... au samedi 31 juillet 1880, 

- jour mémorable de l'application de la loi XII, B, DL XIIII n° 9860,  

- jour où Guécélard fut érigée en commune distincte,  

de la rive gauche du Rhonne, notre vision serait......






















une passerelle, faite d' arbres équarris juxtaposés, utilisée exclusivement par les piétons, lors des eaux basses, tout au plus moyennes du Rhonne, jouxtant le gué  ( Grand gué ou Vieux-gué ), proprement dit, réservé aux cavaliers, aux groupes ou aux troupeaux d'animaux, et aux véhicules attelés Une taxe ( un droit de pontage ), a existé jusqu'au XVIIIème siècle. L'antique " chemin Mansais " et en arrière plan les chaumières du " Grand bourg du Guécélard ", devenu le " Vieux bourg".



Du même auteur,


- Féodalité à Guécélard,
* seigneurie de Buffe
* seigneurie de Mondan
* seigneurie de Villette
* un chemin médieval nommé Mansais


- Histoire de Guécélard - 1er volume
* son nom a une histoire, et l’Histoire est dans son Nom !
- Histoire de Guécélard - 2ème volume
* Pays des deux rivières
……,

- Histoire de Guécélard - 3ème volume
* Terre de passage, terre de tradition du passage.
- Histoire de Guécélard - 4ème volume
* son Passé commence longtemps avant que son nom n’apparaisse.


- Histoire des Marais de Meuvaines - 1er volume
- Histoire des Marais de Meuvaines - 2ème  volume
* pourquoi, comment et quand ce Passé d’Asnelles, de Meuvaines et de Vers-sur-Mer

- Cabourg……son Passé…..son Histoire
* Histoire de Cabourg - 1er volume
* Histoire de Cabourg - 2ème volume

* Histoire de Cabourg - 3ème volume


- Histoire de la Sarthe
* Les Comtes dans le comté du Maine.

- GEOLOGIE DE LA SARTHE - LE MASSIF ARMORICAIN - 1 volume

le 23 août 2015 visible : www.gbcx27.blogspot.com


En préparation,
- Périglaciaire et préhistoire dans la Sarthe-aval.





                                    Table des matières

- page    2 - G U E C E L A R D

                       L’Histoire d’un pays , est incontestablement la description scrupuleuse  
                       de son passé.

                       Le passé de Guécélard commence avec la formation de son sol. Ce sol 
                       que nous foulons au quotidien, sol qui s’est formé longtemps avant que  
                       le nom n’apparaisse. 

                    GUECELARD : LA FANTASTIQUE ÉPOPÉE DE NOTRE    
                    SOL ….…..
                    C’EST DE LA MER QUE CE SOL EST NÉ. 

1er -  À Guécélard, il est difficile d’aborder la Géographie sans évoquer la Géologie.

- page    3 - Notre sol, de cataclysmes  en………cataclysmes.

                      Le « Terroir Guécélardais ».

- page    4 - Il  y  a  longtemps,  il  y avait  la mer……

                        Pourquoi……comment et quand la mer a recouvert l’actuel  
                        département de la Sarthe, au Crétacé de - 145,5 à -65,5 M.a. à - 5 +/-

- page  13 - Outre l’argile exploitée du Moyen Âge au XIXème siècle 
                    irrégulièrement,  le grès roussard a été extrait..

- page  14 - Le grés « roussard » : une particularité du sable cénomanien, 

- page  18 - Des nodules ferriques ont été également extrait  de l’argile

- page  18 - Des nodules ferriques ont été également extrait  de l’argile. 
                      Glauconie à Guécélard….au XIIème siècle et au XIIIème.

- page  19 - Des nodules ferriques ont été également extrait  de l’argile. 
                      glauconieux à Guécélard….au XIIème siècle et au XIIIème.

2° - Le périglaciaire au sud-Ouest du Mans …..Guécélard : l’épicentre.

- page  22 - Le temps des glaciations, d’une époque appelée : ère Glaciaire.

- page  24 - L’ère Glaciaire.

- page  24 - Le  Pléistocène.

- page  26 - La totalité de la commune de Guécélard se développe dans 
                   le lit majeur de la rivière Sarthe.

- page  28 - Pendant la dernière Interglaciaire : 
                   Riss / Würm de -120 à -80.000 an, on note pour la région guécélardaise,

- page  29 - La dernière Glaciation : Würm de 80 000 à 10 000 ans , on 
                   constate,

- page  31 - Conséquences dans notre région,

- page  32 - Phénomènes visibles de la gélifraction dans notre région…..

- page  35 - Val de Sarthe aval,

- page  37 - La cuesta du Pôslinois,

- page  38 - Vestiges du plateau tertiaire :  les  «  Buttes témoins »,

- page  42 - Carrefour géologique du Bourray, 
                       c’est-à-dire le « Pays de Génelard »,

- page  44 - Forgé par la Sarthe,
                   Terrasses de la Sarthe - bas niveau de 6 - 8  mètres,

- page  49 - Les indices des fluctuations climatiques se retrouvent dans 
                   les alluvions et les terrasses.

- page  51 - D’où et comment sont venus ces blocs ? 

- page  54 - Modelé par le vent,
                   Phénomènes éoliens,

- page  54 - Les  cailloux  éolisés  d’authentiques  témoins,

- page  56 - La cuesta du Bélinois,

- page  58 - Le Horst Jurassique du Bélinois, 

3° - Un terroir  hanté par des hommes….. longtemps avant qu’un nom ne soit donné à l’endroit !

- page  61 - Si l’Histoire de Guécélard est longue…..on peut affirmer que 
                   sa Préhistoire est beaucoup plus longue. 
                   
                    Les  Aïeux de……nos Ancêtres,
                        c’est illustres inconnus……parfaitement  ignorés.

- page  62 - Cela s’est passé à Guécélard….mais il y a longtemps !

- page  65 - Gros plan, sur nos Ancêtres du Paléolithique supérieur,

- page  67 - Ils organisaient leur habitat !

- page  74 - Guécélard a pu être une aire de chasse très recherchée, et très 
                    appréciée,

- page  77 - Pour mémoire,…une rétrospective s’impose !

- page  79 - Lorsque le «  Chemin du cuivre », se superpose, à la 
                   « Piste du Silex ». Nous commencerons donc ce chapitre 
                   …..par l’Âge du Cuivre….. 

- page  81 - Le Chalcolithique, véritable concepteur d’un réseau de  voies 
                   de communications, et ce,  il y a à peu près 4000 ans avant 
                   l’établissement des Romains en Gaule. 

- page  86 - Le destin enroule son collier autour de nos existences….

- page  86 - L’étude du gaulois c’est, essentiellement la pratique de
                    l’étymologie.

- page  88 - Du VIème siècle av. J.C. au Ier après J.C. à la lumière des
                    mégalithes,

- page  92 - Le «  Grand Chemin Mansais, dans son tracé , et tout particulièrement 
                       jalonné par les «  Mégalithes….,

- page  94 - L’Histoire  de  Guécélard, est l’Histoire de ce  chemin,

- page  97 - Le Grand Chemin Mansais devint alors la «  Voie des 
                   Plantagenêts »,

- page 100 - Rendez-vous avec l’Histoire de France,

4° - Quand un petit train serpente….dans la campagne de Guécélard…..!

- page 110 - Au temps où un petit train à vapeur flânait dans notre verte 
                       campagne…..saluant de son panache nos paysans courbés à la tâche !

                       Il s’en est fallut de peu, pour que le Chemin de Fer de Paris à Nantes  
                       via Le Mans, Angers, avec embranchement à Guécélard, de la ligne de 
                       Le Mans à Rennes  via Sablé…… soit une effectivement une réalité. 
                       Les plans et les études sont toujours présents dans le dossier qui 
                       n’attend ….évidemment que le financement.

- page 110 - D’une grande idée nationale…..une modeste application   
                    départementale ! 

- page 113 - La Compagnie des Tramways de la Sarthe.

- page  114 - Tramways de la Sarthe,
                      ( concédé en 1865 par le Conseil Général de la Sarthe )

- page 116 - Une ligne de chemin de fer d’intérêt local à voie étroite,

- page 121 - Le tracé définitif de la ligne à voie étroite du tramway de la 
                    Sarthe : Le Mans à Foulletourte est fixé,

- page  131 - Lettre circulaire diffusée à tous les conducteur, chef de train
                     et stations. 

- page  137 - Table des matières
















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